Lundi matin, 8h, il pleut. Encore et toujours. Voilà une semaine qui commence bien. C'est donc d'un pas pressé que je me dirige vers la voiture de fonction qui me servira aujourd'hui à aller effectuer mon dur labeur au sein de Caradisiac. Tiens, j'étais pourtant persuadé de l'avoir garée là quand je suis rentré cette nuit vers 1h30 du matin... Une goutte de transpiration fait soudainement ami ami avec la pluie sur mon front juvénile : il faut me rendre à l'évidence, la voiture a disparu.
Gardons notre calme : une Peugeot 1007, toute originale qu'elle soit, n'est pas connue pour être une cible de choix pour les voleurs aux doigts crochus. Seconde théorie : la fourrière. Ce n'était pourtant ni une place handicapé, ni une sortie de parking : je me rappelle bien l'avoir garé avec les roues arrières à cheval sur la limite de stationnement, près d'un passage clouté, mais le porte-à-faux arrière ridicule de la 1007 n'empiétait que très peu (et puis on est à Paris, un coup d'œil circulaire me confirme qu'il y a bien pire). Avant d'aller au commissariat le plus proche pour faire une déclaration de vol, je préfère quand même remonter quatre à quatre chez moi pour éliminer cette seconde piste. Après quelques secondes de visite du site de la préfecture de police de Paris, je tombe sur ce lien permettant de vérifier via l'immatriculation si le véhicule a bien été enlevé. C'est le cas.
C'est donc en métro que je file vers la préfourrière du 17ième arrondissement pour récupérer le bien de mon entreprise bien aimée. La voiture est certes localisée mais, ayant entendu de nombreux témoignages à ce sujet, je me fais quelques soucis pour sa santé et surtout pour celle de sa boîte robotisée en position parking qui rechignerait à être remorqué sur les roues avant. Arrivé sur place, je suis spectateur d'un ballet incessant de dépanneuses se croisant sans cesse, déchargeant rapidement les voitures pour aller en chercher une autre. Au guichet, après avoir présenté les papiers du véhicules (ma carte d'identité n'est pas au nom de la carte grise mais ça ne semble pas les émouvoir...), deux factures me sont présentées : la première concerne les frais d'enlèvement et de gardiennage, soit 126 + 10x1 jour = 136€. La seconde est l'amende de 35€ pour stationnement sur un passage protégé. Le double effet Kisscool. Ayant perdu déjà suffisamment de temps, je ne proteste pas et c'est d'un pas rapide que je me dirige vers la 1007 sur un parking imposant. A 171€ par voiture minimum, la somme totale est coquette.
De l'extérieur, la petite Peugeot paraît intacte, une chance que n'a pas eu un Citroën Berlingo que deux employés tentent en vain de décabosser au poing après qu'une sangle ait visiblement glissé. Contact mis, la boîte est atroce, les rapports passent avec une lenteur désespérante et des à-coups agaçants. Bref, elle est exactement comme avant, tout va bien. Les reprises semblent même meilleures, sûrement à cause du trou énorme laissé dans mon portefeuille.
Même si je ne suis absolument pas convaincu du bien-fondé de cet enlèvement, il faut toutefois comprendre ces fonctionnaires zélés : les stationnements dans la capitale ayant été déclarés gratuits pour le mois d'août, le carnet à papillon et le stylo doivent les démanger fortement.