Denis Adams se demandait récemment si les équipementiers avaient touché le fond. Apprendre que Heuliez a été placé sous protection par le tribunal de Commerce de Bressuire ne fait qu'abonder dans cette direction défaitiste. Cette décision du tribunal de Commerce signifie que le groupe est assuré de pouvoir continuer à produire sans risquer d'action de la part de concurrents ou de créanciers.
Ce n'est pas encore un dépôt de bilan, ni même un redressement judiciaire mais une procédure de sauvegarde demandée par Heuliez, lui-même.
Cette demande fait apparemment suite à deux déceptions notables (avec des constructeurs hexagonaux), dont une très récente, pour remplacer sur les chaînes de production l'Opel Tigra Twin Top qui doit disparaître en 2009. Les syndicats mettent en avant le "manque de solidarité" des constructeurs français qui ont préféré tous deux travailler avec des équipementiers étrangers pour leurs futurs modèles. Ce n'était pas faute de les courtiser (Dacia Edelweiss, Peugeot Macarena...)
Heuliez est donc en position difficile et doit trouver rapidement un contrat. La recherche de partenaires et la production se poursuivra avec la certitude de ne pas risquer de procédures lancées par des créanciers inquiets.
Heuliez a déjà subi des réductions de voilures drastiques ces dernières années suite à l'insuccès de la petite Opel dont la remplaçante devient désormais l'enjeu principal de la survie du groupe français.
Une équipementier français dont la survie passe par un constructeur américain, c'est désolant, non ?