Avant que la Championnat du monde de Formule 1 ne prenne sa dimension tentaculaire, les 24 Heures du Mans constituaient un rendez-vous souvent incontournable pour les grands pilotes. Espoirs en quiète de passeport pour la F1 ou champions confirmés, ils mettaient un point d'honneur à orner leur carte de visite de cette expérience souvent unique.

Depuis la création du Championnat du monde en 1950, les pilotes de Formule 1 vus sur la piste du Mans se comptent par dizaines. Il y eut des champions du monde déjà titrés ou en devenir et beaucoup d'autres qui réussirent à triompher aux 24 Heures sans connaître le succès en Grand Prix. Tous feront l'objet de prochains dossiers où leurs histoires seront développées avec le soin qu'elles méritent. En attendant, voici l'histoire de tous ces vainqueurs de Grands Prix qui ont au moins une fois pris le départ des 24 heures. Des grands noms de la Formule 1, d'autres déjà un peu oubliés, des participations marquées par plus ou moins de réussite et parfois même très discrètes. Voici leurs histoires.

Jean ALESI (France)

201 GP disputés de 1989 à 2001 (Tyrrell, Ferrari, Benetton, Sauber, Prost, Jordan) ; 1 victoire, 4e des Championnats du monde 1996 et 97. Participation au Mans : 1989 (Porsche 962), abandon.

Une trajectoire classique (F3, F 3000) avant des débuts fracassants en F1 où sur une modeste Tyrrell, il se paie le luxe de contenir son "altesse" Ayrton Senna dans les rues de Detroit. Son unique victoire au GP du Canada 1995 apparaît bien dérisoire, mais une simple analyse des statistiques (16 secondes places, 15 troisièmes places, 10 départs en première ligne) rend justice à son immense talent. Ce "pur" pilote de vitesse n'a été logiquement que peu attiré par les courses d'endurance. Il ne fit qu'une apparition au Mans en 1989 sur une Porsche 962 du Team Schuppan et abandonna rapidement après un début d'incendie.

René ARNOUX (France)

149 GP disputés de 1978 à 1989 (Martini, Surtees, Renault, Ferrari, Ligier)

7 victoires, 3e du Championnat du monde 1983

Participations au Mans : 1977 (Renault Alpine), 1994 (Dodge Viper), 1995 (Ferrari 333 SP)

Formé à l'école de la monoplace (F.Renault/F2), le Grenoblois alors en pleine

ascension vers la F1 ne fit qu'une brève apparition au Mans en 1977 : la Renault Alpine A 442 prendra feu dans le premier tour ! Cinq ans après avoir mis un terme à sa carrière en F1, Arnoux revient au Mans en 1994. Au volant d'une Dodge Viper (la première apparition de l'Américaine au Mans), il termine 12e en compagnie de Justin Bell. Il sera moins heureux l'année suivante sur une Ferrari 333 SP, inaugurant la liste des abandons après 32 minutes de course.

Giancarlo BAGHETTI (Italie)

21 GP disputés de 1961 à 67 (Ferrari, ATS, BRM, Brabham, Lotus)

1 victoire

Participations au Mans : 1961/62/64/65/67 (Ferrari), 1968 (Alfa Romeo 33-2)

Il est entré dans l'histoire de la F1 le 2 juillet 1961 en remportant sa première victoire dès sa première sortie dans un Grand Prix de Championnat du monde. Un exploit qui n'a jamais été réédité à ce jour ! Le reste de sa carrière fut moins limpide. Après le désastre de l'ATS F1 de 1963, Baghetti prend du recul et ne pilote plus qu'au coup par coup, honorant de grands rendez-vous comme le GP d'Italie et les 24 Heures du Mans, où il ne parviendra jamais à terminer. C'est d'ailleurs au Mans en septembre 1968, qu'il mettra un terme à sa carrière active en circuits.

Jean-Pierre BELTOISE (France)

86 GP disputés de 1966 à 1974 (Matra, BRM)

1 victoire, 5e du Championnat du monde 1969

Participations au Mans : 1963/64 (René Bonnet), 1966/67/69/70/71/72/73/74 (Matra), 1975 (Ligier), 1976 (Inaltera), 1977/78 (Rondeau)

C'est au Mans en 1963 que Jean-Pierre décroche son premier succès en enlevant l'Indice sur une René Bonnet et pourtant, il ne cachera jamais son aversion pour les 24 Heures. Une course qu'il trouve longue, ennuyeuse et dangereuse qu'il disputera encore une douzaine de fois par contrat (Matra) ou par amitié (Rondeau). C'est en 1969 qu'il obtiendra son meilleur résultat (4e sur une Matra 650 avec Piers Courage) tandis qu'il parviendra à terminer 8e en 1976 et enlever le classement GTP en compagnie de Henri Pescarolo.

Jo BONNIER (Suède)

102 GP disputés de 1957 à 1971 (Maserati, BRM, Porsche, Cooper, Brabham, McLaren, Honda, Lotus)

1 victoire, 8e du Championnat du monde 1959

Participations au Mans : 1957/58 (Maserati), 1959/60/61/63 (Porsche), 1964/65/70 (Ferrari), 1966 (Chaparral), 1969/72 (Lola)

Avec son allure et ses manières d'aristocrate, il fut l'archétype du gentleman-driver pendant près de deux décennies. Après avoir donné à BRM son premier succès en Grand Prix, il préféra l'indépendance en F1 tout en continuant une fructueuse carrière en Sport, ponctuée notamment de deux victoires à la Targa Florio. Au Mans, son meilleur résultat reste une 2e place en 1964 avec Graham Hill et une victoire dans l'épreuve des 4 heures en mars 1972. Trois mois plus tard, il était victime d'un accident mortel sur cette même piste au volant de sa Lola T 280.

Thierry BOUTSEN (Belgique)

163 GP disputés de 1983 à 1993 (Arrows, Benetton, Williams, Ligier, Jordan)

3 victoires, 4e du Championnat du monde 1988

Participations au Mans : 1981 (WM Peugeot), 1983 (Rondeau), 1986/94/95/96/97 (Porsche), 1993 (Peugeot), 1998/99 (Toyota)

Issu de la classique filière monoplace (F.Ford, F3, F2), il débute en F1 en 1983. Il devra patienter six ans pour connaître le succès avec Williams Renault, avant de connaître une rapide descente aux enfers. Lassé par la F1, il se consacre au Tourisme avant de retrouver Le Mans : 3e en 1994 avec la 962 Dauer, 6e l'année suivante avec un spider Kremer, il entre dans l'équipe officielle en 1996. Cette année là, en compagnie de Wollek sur la 911 GT1, le succès entrevu se transforme en une 2e place au goût amer. Pas plus heureux l'année suivante, il rejoint l'équipe Toyota en 1998, où il participe activement au développement de la GT One. Un accident violent en 1999 qui le touche aux vertèbres l'amène à mettre un terme à sa carrière.

Tony BROOKS (Grande-Bretagne)

38 GP disputés de 1956 à 1961 (BRM, Vanwall, Ferrari, Cooper)

6 victoires, 2e du Championnat du monde 1959

Participations au Mans : 1955/56/57/58 (Aston Martin) abandons

Une carrière relativement brève mais très riche pour ce Britannique discret qui lia son destin aux constructeurs anglais, hormis un bref passage chez Ferrari. Fidèle à Aston Martin en Sport, il s'imposa notamment aux 1000 km du Nürburgring 1957 et au Tourist Trophy 1958 mais ne fut jamais en mesure de terminer une fois les 24 Heures du Mans en quatre participations.

François CEVERT (France)

47 GP disputés de 1970 à 1973 (March, Tyrrell)

1 victoire, 3e du Championnat du monde 1971

Participations au Mans : 1970/72/73 (Matra)

Il fut le premier à enlever un Grand Prix 13 ans après Maurice Trintignant. Beau, riche célèbre et surdoué, sa notoriété déborda rapidement du seul cadre automobile et sa disparition brutale fut aussi choquante que douloureuse. Dauphin désigné de Jackie Stewart en Formule 1, il fut aussi l'un des piliers de l'équipe Matra en Sport, dès 1970 où il triompha aux 1000 km de Paris en compagnie de Jack Brabham. En trois participations au Mans, il ne parvint à terminer qu'en 1972 : 2e avec Ganley sur une 670.

Peter COLLINS

32 GP disputés de 1952 à 1958 (HWM, Vanwall, Maserati, Ferrari)

3 victoires, 3e du Championnat du monde 1956

Participations au Mans : 1952/53/54/55/56 (Aston Martin), 1957/58 (Ferrari)

Comme Moss et son ami Mike Hawthorn, il a fait ses premières armes au volant des petites Cooper 500. Fidèle aux marques anglaises en F1, il attend longtemps le succès, mais intégré à l'équipe Aston Martin dès 1952, il se taille un joli palmarès en Sport, dont deux secondes places au Mans en 1955 et 56. Chez Ferrari, il est en course pour le titre mondial F1 en 1956, triomphe à Buenos Aires et à Sebring en 1957, mais ne termine pas au Mans. Quinze jours après sa victoire au GP d'Angleterre, il est victime d'un accident mortel sur le Nürburgring.

David COULTHARD (Grande-Bretagne)

141 GP disputés de 1994 à 2002 (Williams, McLaren)

12 victoires, 2e du Championnat du monde 2001

Participation au Mans : 1993 (Jaguar XJ 220C) :

15e Star montante du sport-automobile britannique, principal animateur du championnat de F 3000, l'Ecossais est déjà aux portes de la F1 en 1993, lorsqu'il apparaît au Mans sur une Jaguar alignée par Tom Walkinshaw. Partageant le volant avec John Nielsen et David Brabham, Coulthard aura le bonheur de terminer à 15e place et d'enlever sa catégorie. Il n'est revenu ensuite dans la Sarthe qu'en simple spectateur, contrat exclusivité F1 oblige...

Patrick DEPAILLER (France)

95 GP disputés de 1972 à 1980 (Tyrrell, Ligier, Alfa Romeo)

2 victoires, 4e du Championnat du monde 1976

Participations au Mans : 1967/68/69 (Alpine Renault), 1970/73 (Matra), 1971 (Ligier), 1977/78 (Renault-Alpine) aucun classement

Après une jolie carrière sur deux roues, il entre chez Alpine en 1967. F3 au programme et débuts au Mans avec un certain Gérard Larrousse. Si ce dernier connaîtra le succès aux 24 heures, Patrick ne parviendra jamais à rallier l'arrivée en 8 participations ! Un manque de réussite qui ne doit pas occulter ses prestations en 1977/78, où il se montra le plus rapide en piste au volant des Renault turbo. Vainqueur à Monaco en F1 en 1978, sa carrière risque de se briser après un grave accident de deltaplane l'année suivante. De retour au prix d'une douloureuse rééducation, il trouve la mort lors des essais du GP d'Allemagne 1980.

Heinz-Harald FRENTZEN (Allemagne)

144 disputés de 1994 à 2002 (Sauber, Williams, Jordan, Arrows)

3 victoires, 2e du Championnat du monde 1997

Participation au Mans : 1992 (Lola)

L'un des rares pilotes de F1 en activité ayant participé aux 24 Heures du Mans.

Après avoir fait ses classes en F3 et F3000, l'Allemand connaît des moments difficiles à la fin de la saison 1991. Sa participation aux 24 Heures sur une modeste Lola sanctionnée par une tout aussi modeste 13 place marquait d'ailleurs son retour après six mois d'inactivité. Hormis quelques sorties au Japon sur une Nissan R91C en 1993, il s'est ensuite exclusivement consacré à la F1.

Richie GINTHER (USA)

52 GP disputés de 1960 à 1966 (Ferrari, BRM, Honda, Cooper)

1 victoire, 2e du Championnat du monde 1963

Participations : 1957/60/61/66 (Ferrari), 1962 (Aston Martin), 1963 (Rover BRM), 1964 (Ford GT 40) aucun classement.

Avant de connaître la célébrité en ouvrant le palmarès de Honda en F1 lors du GP du Mexique F1, le petit pilote américain était surtout réputé pour son incroyable sensibilité mécanique. Metteur au point hors-pair et aussi à l'aise en F1 qu'en Sport, il marquera de son empreinte ses passages chez Ferrari, BRM, Shelby, Ford et Eagle, mais son palmarès sera plus fourni d'accessits que de médailles d'or.

Innes IRELAND (Grande-Bretagne)

50 GP disputés de 1959 à 1966 (Lotus, Cooper, BRP, BRM)

1 victoire, 4e du Championnat du monde 1960

Participations au Mans : 1958 (Lotus), 1959 (Jaguar), 1962/64 (Ferrari GTO), 1963 (Aston Martin), 1965/66 (Ford GT 40)

Un personnage haut en couleurs comme le sport automobiles des années 50/60 savait en générer, mais aussi un pilote un peu fantasque qui reste dans l'histoire pour avoir donner au Team Lotus sa première victoire en Grand Prix au Etats-Unis en 1961. En endurance, s'il pilota quelques unes des plus belles machines de son temps, celles-ci ne portèrent que très rarement les couleurs officielles. Cela se traduisit par de nombreux podiums, où le pilote Ecossais figura rarement sur la première marche. Au Mans, son seul classement reste une 6e place en 1964.

Eddie IRVINE (Grande-Bretagne)

148 GP disputés de 1993 à 2002 (Jordan, Ferrari, Jaguar)

4 victoires, 2e du Championnat du monde 1999

Participations au Mans : 1992/93/94 (Toyota)

Pilote bouillant et parfois contesté en Grand Prix, l'Irlandais du Nord a connu une difficile ascension vers la F1. Après un beau parcours en F3 et F 3000, il multiplie les sorties de route en 1990 et doit alors tenter l'aventure au Japon. Le championnat local de F 3000 le remettra en selle tout comme son intégration à l'équipe Toyota Groupe C. A ce titre, il participera à trois reprises aux 24 Heures, terminant à chaque fois l'épreuve (9e en 1992, 4e en 1993, et 2e en 1994).

Jean-Pierre JABOUILLE (France)

49 GP disputés de 1975 à 1981 (Tyrrell, Renault, Ligier)

2 victoires, 8e du Championnat du monde 1980

Participations au Mans : 1968/69 (Alpine Renault), 1970/72/73/74 (Matra), 1976/77/78 (Renault Alpine), 1989 (Sauber), 1991/92/93 (Peugeot)

Pilote et metteur au point de talent, Jean-Pierre fut toujours une recrue précieuse pour les grandes équipes. Après avoir connu les prototypes Alpine à moteur Gordini 3 litres, il marqua son passage dans la grande équipe Matra par deux 3e places en 1973 et 74, avant de devenir le principal artisan du développement du moteur turbo chez Renault tant en F1 qu'en Sport. Victime d'un lourd accident au GP du Canada 1980, il devient ensuite le fer de lance de l'équipe Peugeot en Tourisme. Quand le programme Peugeot 905 Groupe C est lancé et Jabouille est encore là pour livrer son immense expérience. 3e des 24 Heures 1992 et 93, il met alors un terme à sa carrière de pilote pour prendre la direction de Peugeot Sports en F1.

Jacques LAFFITE (France)

176 GP disputés de 1974 à 1986 (Williams, Ligier)

6 victoires, 4e des Championnats du monde 1979/80/81

Participations au Mans : 1972/73/74 (Ligier), 1977 Alpine Renault, 1978 (Mirage), 1990 (Porsche 962), 1993 (Venturi), 1994 (Porsche 911 RS), 1996 (McLaren GT)

C'est au Mans que va se tisser la longue complicité entre Jacques et Guy Ligier.

Alors pilote en Formule Renault dans l'équipe BP, il rejoint logiquement en 1972 la petite équipe Ligier qui arbore les même couleurs. Les JS2 Maserati ne tiendront pas la distance et c'est un Laffite auréolé de ses premiers succès en F1 qui revient avec l'équipe Renault. Une 10e place avec la Mirage et puis une longue éclipse avec un programme F1 exclusif. Après son grave accident à Brands Hatch en 1986, Jacques "pratique le tourisme" avec succès avant de revenir au Mans en 1990 (14e). Après deux autres apparitions sans succès, il finira 11e en 1996.

Stirling MOSS (Grande-Bretagne)

66 GP disputés de 1951 à 1961 (HWM, ERA, Connaught, Cooper, Maserati, Vanwall, BRM, Lotus)

16 victoires, 2e des Championnats du monde 1955/56/57/58

Participations au Mans : 1951/52/53/54 (Jaguar), 1955 (Mercedes), 1956/58/59 (Aston Martin), 1957 (Maserati), 1961 (Ferrari 250 GT)

Un palmarès impressionnant et un manque de réussite tout aussi impressionnant qui lui vaudront le titre de "Champion sans couronne" en Formule 1. Comptant également parmi les meilleurs spécialistes des épreuves de Sport, il fit les beaux jours de Jaguar (Reims 1952/53), de Mercedes (Mille Miles, Targa, Tourist Trophy 1955), de Maserati (Buenos Aires, Nürburgring, Venezuela 1956) puis d'Aston Martin (Nürburgring, Tourist Trophy 1958/59)... Au Mans, comme pour le titre mondial, la réussite ne fut pas au rendez-vous. En dix participations, l'animateur numéro 1 de l'épreuve dut se contenter de deux secondes places en 1953 et 56.

LUIGI MUSSO (Italie)

24 GP disputés de 1953 à 1958 (Maserati, Ferrari)

1 victoire, 3e du Championnat du monde 1957

Participations au Mans : 1955 (Maserati), 1957 (Ferrari)

Grand spécialiste des épreuves routières au volant de Maserati, Musso rejoint l'équipe officielle en 1953. Un peu de F1, mais toujours beaucoup d'épreuves Sport au programme, dont les 24 Heures 1955, où avec une 300 S, il s bat longtemps pour la 2e place. Recruté par Ferrari en 1956, il s'affirme comme l'un des plus rapides dans une Scuderia qui aligne pourtant Hawthorn, Collins, Castelotti ou de Portago. En concurrence directe avec Hawthorn en 1958, victime de la pression habituelle chez Ferrari, il est victime d'un premier accident à Spa, avant de se tuer à Reims, lors du GP de l'ACF.

Alessandro NANNINI (Italie)

77 GP disputés de 1986 à 1990 (Minardi, Benetton)

1 victoire, 6e du Championnat du monde 1989

Participations au Mans : 1983/84/85 (Lancia LC 2)

En compagnie de toute une jeune génération de pilotes italiens, Nannini est recruté par l'équipe Lancia en 1982. Très rapide, il sait aussi se montrer un équipier fiable pour Wollek avec lequel il termine 8e en 1984 et 6e l'année suivante. Débutant en F1 chez Minardi, il s'affirme ensuite au volant des Benetton, où il ne fait guère de complexes aux côtés de Nelson Piquet. Victime d'un accident d'hélicoptère en 1990 où il perd l'usage d'un bras, il suscitera l'admiration de tous en reprenant le volant deux ans plus tard et multipliant les succès avec une Alfa 155.

Carlos PACE (Brésil)

72 GP disputés de 1972 à 1977 (March, Surtees, Brabham)

1 victoire, 6e du Championnat du monde 1975

Participation au Mans : 1973 (Ferrari 312 PB) : 2e

Un taux de réussite presque parfait : une seule apparition au Mans et une 2e place ! Avec Merzario, il devait jouer les lièvres pour essouffler les Matra, mais le film de la course ne tint pas compte du scénario. Pilote très rapide, plus à l'aise en monoplace qu'en Sport, le Brésilien n'en possédait pas moins une belle expérience en endurance avec notamment plusieurs titres dans son pays au volant de Porsche 910 et Alfa 33-2. Il disparut en 1977 dans un accident d'avion.

Riccardo PATRESE (Italie)

256 GP disputés de 1977 à 1993 (Arrows, Brabham, Alfa Romeo, Williams, Benetton

6 victoires, 2e du Championnat du monde 1992

Participations au Mans : 1981/82 (Lancia), 1997 (Nissan), aucun classement.

Avant de connaître le succès avec Williams Renault et de devenir le recordman de participations en GP, Riccardo allait de déceptions en frustrations avec les Arrows F1. L'arrivée de Lancia dans le Championnat du monde des marques lui apporta bien plus qu'une simple consolation. Pilier de l'équipe de 1979 à 1984, il fut le principal artisan de la conquête des couronnes mondiales du constructeur, mais ne fut guère heureux au Mans. "Semi-retraité", il participa ensuite à la mise au point de la Nissan R 390 et revint au Mans quinze ans après, mais sans plus de réussite.

Ronnie PETERSON (Suède)

123 GP disputés de 1970 à 1978 (March, Lotus, Tyrrell)

10 victoires, 2e des Championnats du monde 1971 et 78

Participation au Mans : 1970 (Ferrari 512 S) abandon

Star de la saison F3 1969, il est dans la ligne de mire de toutes les grandes équipes : F1 et F2 avec March et une invitation de Ferrari au Mans. Débutant en compagnie de Derek Bell, un autre néophyte, il sombrera rapidement sous le déluge, moteur cassé. Même s'il ne reviendra plus au Mans, le Suédois effectuera une jolie carrière en Sport, s'imposant notamment à Watkins Glen en 1971 (Alfa Romeo 33-3) et à Buenos Aires et au Nürburgring, l'année suivante (Ferrari 312 PB).

Clay REGAZZONI (Suisse)

132 GP disputés de 1970 à 1980 (Ferrari, BRM, Ensign, Shadow, Williams)

5 victoires, 2e du Championnat du monde 1974

Participation au Mans : 1970 (Ferrari 512 S) abandon

L'engagement de Clay au Mans en 1970 marque à la fois ses débuts aux 24 Heures mais aussi ses débuts en Sport-prototypes. Il sera éliminé dans une collision avec l'autre Ferrari de Jacky Ickx. Un peu trop "bouillant", le Suisse n'affichera jamais une passion particulière pour les épreuves d'endurance, mais réussira tout de même à s'imposer aux 1000 km de Monza 1972 et aux 9 heures de Kyalami 1971 et 72 sur une Ferrari 312 PB.

Carlos REUTEMANN (Argentine)

146 GP disputés de 1972 à 1982 (Brabham, Ferrari, Lotus, Williams)

12 victoires, 2e du Championnat du monde 1981

Participation au Mans : 1973 (Ferrari 312 PB) abandon

Appelé par la Scuderia Ferrari en 1973, l'Argentin qui n'est encore qu'à l'aube de sa carrière en F1, remplace Ronnie Peterson aux côtés de Tim Schenken. L'équipage terminera 2e à Monza et Vallelunga mais sera contraint à l'abandon au Mans. Hormis, quelques sorties avec Alfa Romeo, la saison suivante, Reutemann se consacrera ensuite exclusivement à la F1.

Peter REVSON (USA)

30 GP disputés de 1964 à 1974 (Lotus, Tyrrell, McLaren, Shadow)

2 victoires, 5e des Championnats du monde 1972/73

Participations : 1965 (Alpine), 1966 (Ford GT 40) abandons.

Héritier d'une grande firme de cosmétique, il se lance sans gros soucis en F1 en 1963. Lucide, il décide alors de faire un apprentissage sérieux et multiplier les expériences. Après une belle victoire à Monaco en F3, il rejoint l'équipe Alpine au Mans en 1965, puis dispute l'année suivante le Championnat du monde sport avec une Ford GT 40, avant de devenir l'un des meilleurs spécialistes de la Canam. De retour en F1, il affiche une belle maturité en 1972/73 mais il est victime d'un accident mortel lors d'une séance d'essais privés en mars 1974.

JO SIFFERT (Suisse)

96 GP disputés de 1962 à 1971 (Lotus, Brabham, Cooper, March, BRM)

2 victoires, 4e du Championnat du monde 1971

Participations au Mans : 1965 (Maserati), 1966/67/68/69/70/71 (Porsche)

L'un des plus riches palmarès en endurance avec des victoires dans toutes les plus grandes épreuves du championnat... sauf Le Mans. Il y réalisa pourtant deux performances exceptionnelles en 1966 et 67, lorsqu'il termina dans le sillage immédiat des "gros" prototypes avec de modestes Porsche 2 litres. Plus tard, quand Porsche s'était donné les moyens de triompher, Siffert dut se contenter d'animer les premières heures de course avant de renoncer à chaque fois. Une carrière somptueuse brutalement interrompue par un accident en F1 en octobre 1971.

Patrick TAMBAY (France)

114 GP disputés de 1977 à 1986 (Ensign, Surtees, McLaren, Theodore, Ligier, Ferrari, Renault, Lola)

2 victoires, 4e du Championnat du monde 1983

Participations au Mans : 1976/77 (Alpine Renault), 1981 (Rondeau), 1989 (Jaguar

Ce "bon élève" de la filière Elf trouva logiquement sa place dans l'aventure

Renault Turbo au Mans, sauf en 1978 où une blessure l'empêcha (peut-être !) de figurer sur la voiture victorieuse. Contraint ensuite à l'abandon sur la plus rapide des Rondeau en 1981, il retrouva Le Mans en 1989 avec l'équipe Jaguar où il termina 4e avec Jan Lammers.

Piero TARUFFI (Italie)

18 GP disputés de 1950 à 1956 (Alfa Romeo, Ferrari, Mercedes, Maserati, Vanwall)

1 victoire, 3e du Championnat du monde 1952

Participation au Mans : 1953 (Lancia D 20), abandon

Une seule apparition au Mans pour l'Italien qui possède pourtant l'un des plus beaux palmarès en endurance : Carrera Panamerica 1951, Targa Florio 1954, Tour de Sicile 1953/54/56, 1000 km du Nürburgring 1956 et Mille Miles 57.

Wolfgang Von TRIPS (Allemagne)

27 GP disputés de 1957 à 1961 (Ferrari, Porsche, Cooper)

2 victoires, 2e du Championnat du monde 1961

Participations au Mans : 1956/59 (Porsche), 1958/60/61 (Ferrari)

Une carrière mixte (monoplace/sport) de Porsche à Ferrari ponctuée de nombreux succès (Targa 1961 notamment), mais plutôt discrète au Mans : 4 abandons et une 5e place en 1956. Il trouva la mort lors du GP d'Italie 1961, alors qu'il était en tête du Championnat du monde.

John WATSON (Grande-Bretagne)

152 GP disputés de 1973 à 1985 (Brabham, Surtees, Lotus, Penske, McLaren)

5 victoires, 2e du Championnat du monde 1982

Participations au Mans : 1973 (Mirage), 1984/87/88 (Jaguar), 1985/90 (Porsche 962), 1989 (Toyota)

Après quelques sorties avec l'équipe Mirage-Gulf, il revient à l'endurance après son retrait de la F1. Pilote officiel Porsche, Jaguar et Toyota, il ne fut guère heureux au Mans : 6 abandons et une 11e place en 1990.

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