Et si connaître les premiers secours était indispensable à l'obtention du permis de conduire ? C'est en tout cas la proposition faite ce mardi par un sénateur, qui « pourrait sauver entre 300 et 400 vies par an. »

Si la mortalité baisse sur les routes françaises, pas question de relâcher ses efforts pour autant. Afin de renforcer la sécurité routière, il ne s'agit pas cette fois de radar - et autres pièges pour taxer encore plus l'automobiliste (et le contribuable), mais d'une proposition de loi fort intéressante. En plus de connaître son code de la route et de savoir conduire un véhicule, un troisième paramètre serait indispensable pour obtenir son permis de conduire : avoir suivi une formation aux gestes élémentaires des premiers secours.

Examinée en première lecture hier au Sénat, l'idée vient du sénateur-maire de Grasse (06) Jean-Pierre Leleux : la mesure permettrait « aux premiers témoins de l'accident d'intervenir », et ainsi de « sauver entre 300 et 400 vies chaque année », car « les secours arrivent parfois une dizaine de minutes après un accident, un temps qui peut s'avérer fatal ».


Une attestation à fournir pour obtenir son permis de conduire

Il ne s'agirait pas d'une épreuve supplémentaire à l'examen du permis de conduire, mais d'une attestation prouvant le suivi d'une formation aux « cinq gestes qui sauvent », dispensée par des associations ou des moniteurs agréés. D'après le sénateur des Alpes-Maritimes, « quatre heures de cours suffisent, pour un coût moyen de 25 euros ». Si Jean-Pierre Leleux reconnaît un petit « surcoût » au prix parfois abusifs de la formation au permis de conduire, cela resterait « marginal en comparaison de toutes les vies qui peuvent être sauvées ».


Saluons une proposition de loi intelligente, qui pour une fois s'inscrit dans une vraie démarche humaine et sécuritaire. Si la formation obligatoire aux premiers secours est encore en France au stade d'idée, il faut savoir que la mesure est déjà obligatoire dans certains pays européens comme l'Allemagne, le Danemark, la République Tchèque et la Suisse.