C'est une question qui se pose régulièrement dans la tête des gens qui passent plus de temps dans leur auto que devant leur ordinateur à commenter des statistiques de l'ANTAI : les radars non signalés placés dans certains endroits ne créent-ils pas d'accidents en provoquant des réactions chez les automobilistes surpris ? Évidemment, il n'y aura jamais de telles statistiques mais dans le cas particulier de 2 radars de feux récemment installés, c'est clair : leur installation a fait augmenter le nombre d'accidents !

Des radars de feux qui doivent sanctionner automatiquement tous ceux qui franchiraient l'intersection alors que la signalisation est au rouge ont été installés il y a 2 ans sur la N6 à Brunoy et sur la N20 à Linas. L'objectif affiché de ce genre de contrôles automatisés n'est pas officiellement de remplir les caisses de l'État mais plutôt de faire baisser le nombre d'accidents et donc celui des victimes de la route. Paradoxalement, dans les 2 cas évoqués précédemment, le Parisien nous rapporte que l'installation des radars a tout simplement fait exploser le nombre d'accidents.

À Brunoy, alors que seulement 4 accidents par an étaient répertoriés avant la pose de la « boîte à images » (on notera ce qu'est une zone fortement accidentogène pour les autorités en charge d'installer ses appareils), on en dénombre désormais 28 en 2011 et déjà plus de 20 en 2012. Même constat à Linas où le Maire a décidé de demander le retrait du radar pour question de sécurité ! Certes, la police justifie la pose de l'appareil par le fait qu'auparavant, de nombreux automobilistes le grillaient (mais seulement 4 accidents/an rappelons-le) et face à cette hausse des sinistres, les autorités n'ont rien trouvé de mieux comme parade que de baisser la vitesse légale de 70 à 50 km/h sur cette nationale ! Parade pour l'instant sans effet, précisons-le.

Mais il semble que personne ne se pose la question de la pertinence de ce feu (et de la limitation de vitesse à 50 km/h sur une Nationale en même temps) ou au moins de son fonctionnement. Pourtant, le Maire de Linas qui a demandé le démontage du radar a une explication : la durée du feu orange (3s au lieu de 5s sur les grands axes) est beaucoup trop courte et que les personnes surprises se retrouvent dorénavant à piler à hauteur du feu, ce qui provoque à chaque fois un carambolage. Et comme le radar n'est pas signalé en amont, les gens surpris freinent également lorsqu'ils l'aperçoivent, causant là aussi des incidents. Dernièrement, les Préfectures concernées ont consenti à poser des panneaux annonçant la présence des radars, les résultats seront observés de près.