Il faut être constructeur pour vendre une automobile et avionneur pour construire des avions. Lorsqu'un avionneur s'occupe de véhicules à quatre roues, on appelle ça une Saab ! En passant de l'air à la route, la marque suédoise s'est forgée depuis belle lurette une identité bien à elle. Nordique à part entière, la 9.5 aurait-elle dans le cœur le soleil qu'elle n'a pas dehors ?

Sur le marché de l'occasion

Les amateurs de grandes berlines fuiraient-ils la personnalité extrême des Saab? Méconnues du grand public et peu nombreuses à arpenter nos routes, les 9.5 peinent en effet à faire valoir leurs droits sur notre territoire. Certes, il faut reconnaître que les tarifs de la gamme ne les placent pas à la portée de toutes les bourses. S'affichant entre 200 000 francs et 300 000 francs, la 9.5 s'adresse implicitement à une certaine “élite” financière, une clientèle souvent peu sensible à l'exotisme et apparemment convaincue que seule la tradition a du bon. De plus, démunie de motorisation Diesel, la gamme 9.5 ne peut véritablement déployer ses ailes dans le segment des grandes routières. Le marché de l'occasion sera donc à l'image du parc roulant : sélectif et restreint. Tentez toujours de profiter de la prochaine modification technique du moteur 2.3 T (gain de 15 ch supplémentaires) pour faire chuter les prix des versions précédentes…

Présentation

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Avec une calandre de Saab 900 et un profil de 9000 des années 80, la 9.5 ne renie pas le genre et perpétue l'exclusivité d'image. Reconnaissable au premier coup d'œil, la voiture arbore un aspect flatteur et cossu. L'agencement intérieur de l'auto est tout aussi fidèle à l'esprit de la marque. La planche de bord, massive et remarquablement bien finie, s'oriente naturellement vers le conducteur. À l'image d'un cockpit d'avion, une multitude de commandes sont à la disposition du pilote.

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Le design très particulier des aérateurs quadrillés renforce l'aspect high-tech de l'ensemble. Une atmosphère confinée en apparence, qui préserve néanmoins le confort des passagers. L'aisance à bord est toutefois nettement supérieure à ce que l'on pouvait trouver sur les anciennes générations de Saab. Ne vous méprenez pas sur sa carrosserie, en dépit de l'importance de sa lunette arrière, la 9.5 n'est pas une berline à hayon ; son coffre à ouverture classique dispose cependant d'un très important volume, qui le place dans la catégorie des 500 dm3.

Conduite

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Ne cherchez pas le démarreur au tableau de bord, le contacteur est placé sur la console centrale, à côté du levier de vitesses. Un conseil d'ami à l'attention des nouveaux arrivants chez Saab : sachez qu'il vous faudra impérativement enclencher la marche arrière pour parvenir à ôter la clef de contact du Neiman, une caractéristique originale, propre aux voitures de la marque.

Derrière une certaine férocité mécanique, la 9.5 est peu encline à soutenir le rythme d'une conduite trop sportive. Ses suspensions garantissent avant tout une grande souplesse d'amortissement afin d'offrir un maximum de confort aux voyageurs. Le système de freinage aura également tôt fait d'être confronté au poids respectable de l'auto : une endurance très moyenne, aux coups de freins répétés à vive allure. Pour pleinement apprécier cette 9.5, il est donc souhaitable de ne pas la brusquer plus que de raison. Mais évitons les considérations hâtives ou inconsidérées, car, précise en direction et rigoureuse en virage, la voiture se montre très sécurisante en utilisation normale et ne souffre d'aucune critique en termes de comportement routier.

Une mondaine pleine de charmes, qui ne tardera pas à vous faire découvrir ses talents au fil des kilomètres parcourus.

Sécurité/Performances

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Noblesse oblige, la 9.5 refuse donc obstinément de s'alimenter en gasoil et ne compte que sur des blocs essence. L'accès de gamme, un 2.0 Turbo basse pression, possède une remarquable onctuosité de fonctionnement.

Réagissant à la moindre sollicitation de l'accélérateur, ce 4 cylindres de 150 ch suffit amplement à dynamiser la voiture. Cette disponibilité mécanique se double de surcroît d'excellentes valeurs de reprise.

Plus puissante encore, la version 2.3 Turbo (170 ch) profite de l'augmentation de sa cylindrée et de son couple pour arguer d'une souplesse encore supérieure. En fonction de l'offre disponible en seconde main, arrêtez votre choix sur l'une ou l'autre sans aucune arrière-pensée. Inversement, le très (trop) sportif 2.3 T Aéro (220 ch) préfère avancer une certaine violence à l'accélération, au risque de détériorer l'efficacité de son train avant – sans véritable intérêt pour qui ne recherche pas les performances extrêmes.

En dépit du notable surcoût à l'achat, la 9.5 3.0 V6 (200 ch) est, elle, à conseiller pour le standing de sa mécanique.

La douceur de fonctionnement de sa boîte automatique (hélas ! à quatre rapports seulement) s'accorde parfaitement à la philosophie routière de la 9.5. Avec cette version haut de gamme, prévoyez cependant une nette élévation de la consommation moyenne.

Fiabilité

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Les 9.5 sont apparues fin 1997. Ce modèle très récent ne semble pas avoir souffert de déficiences mécaniques majeures. Une opération de réglage du système d'embrayage fut réalisée en concession sur les premiers modèles. Certains propriétaires ont également signalé des dysfonctionnements électroniques sans conséquence (informations erronées de l'ordinateur de bord). À l'image des anciennes Saab 900, la qualité des matériaux utilisés sur la 9.5 laisse présager de son excellente tenue dans le temps.

Conclusion

Saab 9.5 : un avion sans ailes

Surprenante, décalée, minoritaire, la Saab 9.5 permet tout simplement de rouler différent. Son habitacle, à l'esthétique sans pareille, la distingue étrangement du lot. Conduire une Saab, c'est appartenir à un clan d'initiés. Quelle que soit sa motorisation, la 9.5 procure un bel agrément de conduite et des performances de haut niveau. Une berline routière à la fois élégante, sécurisante et particulièrement confortable.

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