Le Shooting Brake, s'il se distingue par une plastique originale, n'en a pas profité pour revisiter le châssis du coupé. Il est, ainsi que les trains roulants, intégralement calqué sur ce dernier, suspension arrière pneumatique mise à part.


Essai vidéo - Mercedes CLS Shooting Brake : déménageur de luxe

Nous avons donc affaire à un véhicule dont le comportement est très typé GT, avec un agrément de conduite typé confort plutôt que sport. Pourtant, bien que souples en grandes courbes et plus encore en virages serrés, les suspensions se révèlent trépidantes à basse vitesse et sur mauvais revêtement. La faute peut-être aux jantes de 19 pouces de notre modèle d'essai (17 pouces en série). Mais c'est une presque surprise chez Mercedes qui nous a habitués (trop peut-être) à un confort plus ouaté. D'autant qu'on se retrouve avec un véhicule pas au top du confort à allure tranquille mais peu rigoureux lorsque le rythme s'accélère.

Entendons-nous bien, la CLS, break ou pas, tient remarquablement bien la route et reste sécurisante en toutes circonstances, mais la précision de conduite n'est pas celle d'une BMW Série 5 ou d'une A6. La faute aussi à la direction paramétrique (elle braque différemment selon la vitesse ou la position du volant) qui est peu communicative.


Le freinage est efficace. Heureusement car il a avec le 350 CDI plus de 1 900 kg à stopper, et cela se sent. L'endurance est d'ailleurs mise à mal rapidement en conduite dynamique.


Dernier grief, la consommation. Si Mercedes annonce 6 litres en moyenne avec ce V6 diesel, il est illusoire d'essayer de les atteindre. Une conduite "cool" se solde par un 8,5 litres/100 km tandis qu'un pied droit plus lourd est sanctionné par un bon 10,5 l/100 km. Ces mauvais scores sont en grande partie dus à la BVA 7G-Tronic, imposée dans tous les cas de figure, qui ne permet d'exploiter au mieux le bloc et qui se montre assez peu réactive. Elle est en contrepartie d'une douceur angevine.


Un V6 diesel travailleur et discret


Cessons là les remontrances pour terminer par ce qu'il y a de plus positif.

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À commencer par les performances, qui sont redoutables. Avec une v-max de 250 km/h et le 0 à 100 km/h abattu en 6,6 secondes, le Shooting Brake n'amuse pas la galerie. Ses 620 Nm de couple, disponibles dès 1 600 tours/min, sont les garants de reprises canons. Plein de bonne volonté, ce diesel donne l'impression d'en avoir toujours en réserve sous la pédale, et le mode Sport de la boîte apporte un surcroît de dynamisme, en conservant souvent un rapport de moins qu'à l'habitude. Le mode manuel avec les palettes au volant est anecdotique, il ne servira que pour s'amuser un peu ou récupérer du frein moteur, mais il n'est pas plus réactif que le mode Sport.


Cette bonne santé mécanique s'exprime de plus de façon agréable. Les accélérations s'accompagnent d'un feulement qui laisserait presque hésiter sur le type de carburant utilisé, tandis qu'au ralenti ou à vitesse de croisière, l'insonorisation parfaite ne laisse filtrer que quelques menus bruits de roulement, que l'excellente sono (même de base) permet de couvrir aisément.

En ville, la souplesse est son point fort, et le système Stop&Start de série sur tous les modèles fonctionne avec la plus grande discrétion, aussi bien à l'arrêt qu'au redémarrage du moteur. Ni bruit ni vibrations, et des départs aux feux rouges rapides et vigoureux font complètement oublier le système. Le gabarit, lui, ne se fait pas oublier. Les 4,96 m de long et 1,88 m de large assortis d'un diamètre de braquage en rapport avec la taille (11,3 m) rendent prudents dans la circulation et font apprécier la caméra de recul et le système de parking automatique. Il faut dire que la visibilité arrière pâtit de surfaces vitrées étroites et d'une custode large.


Pour résumer, si la précision de conduite n'est pas chirurgicale, et le confort moyen sur petite route, le Shooting Brake révèle son potentiel sur le grand ruban, où il excelle. C'est à n'en pas douter pour cet usage qu'il a été optimisé.