PV et excès de vitesse : 82 % des conducteurs qui contestent leurs amendes sont des hommes
Une étude conjointe menée en France et aux États-Unis lève le voile sur nos comportements face aux sanctions routières. Si les femmes commettent nettement moins d’infractions que les hommes, elles contestent aussi plus rarement leurs contraventions. Le genre dicterait encore la réaction face à l’autorité.

Les garçons seraient-ils des rebelles et les filles des légitimistes ? C’est en tout le premier constat (simpliste) que l’on est en droit de dresser à la lecture de cette enquête conjointe réalisée par Off the record et Captain radar, deux plateformes de contestation des PV, le premier étant américain et le second français.
68 % des points retirés le sont à des hommes
On le sait, les femmes sont beaucoup plus prudentes que les hommes au volant. Du coup, et puisqu’elles ont moins d’accidents, certaines assurances leur appliquent un scoring financièrement moins lourd. En plus, selon l’ONISR, l’observatoire national interministériel de la Sécurité routière, 68 % des points retirés à l’ensemble des automobilistes le sont à des hommes.
Elles sont donc minoritaires dans les exercices de feux brûlés, de stops oubliés et de vitesses dépassées. Mais leur réaction lorsqu’elles se font prendre en faute et là encore différente de celle des hommes.
Les deux plateformes se sont tout simplement plongées dans leur fichier de clients français et américains pour déterminer le sexe des contestataires à l’amende et les résultats sont sans appel : aux États-Unis, 80 % des procéduriers sont des hommes et ils sont 82 % en France.
Les deux sites Internet sont allés plus loin et ont passé à la moulinette 500 000 échanges de mails et de courriers sans oublier d’analyser des retranscriptions d’appels. Là encore, l’attitude est très différente selon que le protagoniste soit un homme ou une femme. Car ces dernières reconnaissent généralement la faute, s’excusent de l’avoir commise et demandent humblement aux autorités d’effacer la sanction.
Elles s’excusent, ils contestent
Ces messieurs, à l’inverse, contestent carrément le délit, et remettent en cause la vitesse effective et la justesse de l’appareil de mesure qui les a mis en cause.
Deux salles, deux ambiances, ce qui fait dire à Ibrahim Shalabi, avocat en droit routier et cofondateur de Captain Radar que « sans juger les motivations d’origine et d’un point de vue strictement juridique, les conducteurs ont raison de contester ». Une manière de souhaiter que les filles deviennent aussi râleuses que les garçons. Et que, comme celle des hommes, il aimerait plus souvent accaparer leur clientèle.




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