La MiTo équipée du Diesel 1.3 litres de 90 chevaux n’était pas très recommandable. L’est-elle vraiment devenue avec le nouveau JTDm Multijet 2 porté à 95 chevaux ?

Essai - Alfa Romeo MiTo 1.3 JTDM 95 ch : une Alfa comme on s’en passerait ?

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Alfa Romeo Mito

90 g/km - Bonus : 0 €

Début de commercialisation du modèle :
Alfa Romeo Mito

Juin 2008

La nouvelle gamme MITO proposée depuis juin 2010 devient plus complète, mieux équipée et un peu plus compétitive en base (à partir de 14 800 € au lieu de 15 200 €), et les deux versions Diesel gagnent en efficience.
Essai - Alfa Romeo MiTo 1.3 JTDM 95 ch : une Alfa comme on s’en passerait ?
 
Essai - Alfa Romeo MiTo 1.3 JTDM 95 ch : une Alfa comme on s’en passerait ?
Après avoir dévoilé de nouveaux moteurs essence (MultiAir 105 et 135 ch) au dernier semestre 2009, les versions Quadrifolgio Verde 170 ch et  Diesel 1.3 JTDM de 95 ch en mars 2010, Alfa a encore diminué sur cette dernière les émissions de CO2 de 112 à 104 g/km grâce à l’ajout en série d’un spoiler arrière. La version 1.6 JTDM 120 ch baisse quant à elle son niveau d’émission de 122 à 114 g/km, principalement grâce à l’adoption du système Start/Stop. Disponible à la commande à partir de juillet, elle bénéficie désormais elle aussi du bonus écologique de 500 €  (au lieu de 100 €).
 
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Lancée à l’automne 2008 avec en Diesel le bon 1.6 de 120 ch, la MiTo s’équipa du moteur 1.3 JTDM de 90 ch au printemps suivant. Cette version d’accès gazolée était certes plus abordable, mais d’à peine 1 000 €. Un écart de prix bien trop faible (qui le restait encore avec 400 € de bonus de mieux pour le 1.3 litre) en regard des prestations en nette baisse du petit moteur. Et naturellement, il manquait aussi cruellement de souplesse à bas régimes et de discrétion face aux autres Diesels de puissance comparable des autres constructeurs.
Muni de la technologie Multijet 2 et du système Start & Stop de série en mars 2010, le moteur 1.3 JTDM passé de 90 à 95 ch devient fréquentable. Avec ce Multijet 2 (seconde génération de propulseurs JTDM, la première date de 2003) doté d’un nouveau turbocompresseur à géométrie variable, la puissance gagne 5 chevaux. Il est aussi équipé de nouveaux injecteurs Common Rail qui permettent jusqu’à 8 injections par cycle contre 5 précédemment. L’agrément de conduite en profite : performances (-0,3/0,4 seconde sur le 0 à 100 km atteint maintenant en 11,9 secondes à notre chrono) et souplesse progressent, le couple de 180 Nm (200 Nm en mode Dynamic) devient disponible dès 1500 tr/mn au lieu de 2000 tr/mn, et le silence de fonctionnement s’améliore.

Agrément moteur en hausse, conso en baisse
 Avec 175 km/h au maxi (180 km/h annoncé) ou  le 1000 m DA franchi en un peu moins de 34 secondes, les performances restent logiquement inférieures à la MiTo 1.4 MPi 105 ch Multiair (2 l de plus au 100 km, mais 1 800 € de moins au tarif), et curieusement à poids égal, un fifrelin inférieure à sa plus proche rivale, la Citroen DS3 1.6 HDi 90 (92 chevaux, mais 230 Nm, 30 de mieux que la MiTo). Un peu moins creux que le 90 chevaux à très bas régimes et répondant bien à partir de 1700 tours, le 1.3 litre  offre dorénavant des reprises dans la moyenne de la catégorie, en 4 comme en 5e .  A noter que si la boîte manuelle à 5 rapports est correctement étagée, elle se montre quelconque pour la rapidité de passage ou la précision du levier. Si le moteur se montre plus discret au ralenti ou à vitesse constante, il est toujours bruyant en accélération (surtout au dessus de  2500 tours).

 Malgré la cylindrée réduite et les économies aux feux rouges que permettent le système Start/Stop (pas trop discret au redémarrage), la petite Alfa n’offre pas une économie à l’usage extraordinaire (4,3 l/100 en cycle mixte et émissions de CO2 limitées à 112 g/km au printemps puis 104 g/km à l’été 2010, contre 114 sur la version 90 ch). Notre voiture d’essai nous a gratifié d’une consommation moyenne de 6,0 l/100 (1/3 ville, 1/3 route, 1/3 autoroute), comparable à la DS3 1.6 HDi 90. L’Alfa prend uniquement l’avantage en circulation urbaine qui dépassera rarement 6,5 litres. Conso identique sur autoroute à allure légale.  Sur route, on peut descendre sous 5 l/100 en suivant par exemple les indications de changements de rapport du système GSIGear Shift Indicator affichées au tableau de bord, comme on peut grimper à plus de 8 litres sur petite route sinueuse en exploitant toute la cavalerie.  
 
 
Compromis confort/tenue de route douteux.
 
Essai - Alfa Romeo MiTo 1.3 JTDM 95 ch : une Alfa comme on s’en passerait ?
Le compromis confort/comportement  proposé par l’Alfa MiTo 1.3 JTDM 95 ch est décevant, comme sur la plupart des autres versions qui réutilisent des trains roulants de la Fiat Grande Punto sans profonds changements. Seule la Quadrifoglio Verde équipée de l’option Châssis Dynamique (contrôle électronique actif et continu des amortisseurs) sauve en partie les meubles. Le système DNA de série sur toute la gamme MiTo permet de modifier la cartographie moteur et la réponse à l’accélérateur en fonction du mode choisi (Dynamic, Normal, All Weather) grâce au sélecteur placé à la base de la console centrale. Cela afin de s’adapter en théorie aux souhaits du conducteur ou aux conditions du parcours, mais en pratique le système tient un peu du gadget :  s’il modifie les sensations au volant,  il ne change pas l’efficacité ou la sécurité du comportement, et à peine le confort… Le manque de rigueur du comportement, la motricité passable, la direction à  l’assistance peu naturelle et l’amortissement inconfortable reste de mise. La sécheresse des suspensions (ressorts et amortisseurs) tentent de faire croire à une voiture sportive, ce qui n’est vraiment pas le cas. Heureusement, Alfa a oublié ces faux semblants horripilants pour la Giulietta qui a sans doute couté beaucoup plus cher que la MiTo en développement et en mise au point…