« Ne changez rien, contentez-vous de l’améliorer », dixit la clientèle du Range Rover. Comment un tel pachyderme en total décalage avec son époque et sa législation peut-il engendrer une telle ferveur ? Le Range n’est pas un simple 4x4, c’est un véhicule hors du commun.

Essai - Land Rover Range Rover 4 : god save the Range

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Land Rover Range Rover

164 g/km - Malus : 2 200 €

Début de commercialisation du modèle :
Land Rover Range Rover 4

Septembre 2012

Né dans les années 70, le Range Rover a su séduire et fidéliser une clientèle grâce à son extrême polyvalence. Alors, lorsque l’on demande à ces derniers ce qu’ils attendent de cette quatrième génération, ils répondent : « ne changez rien, contentez-vous de l’améliorer ». Comment un tel pachyderme en total décalage avec son époque et sa législation peut-il engendrer une telle ferveur ? Le Range n’est pas un simple 4x4, c’est un véhicule hors du commun qui allie le confort d’une Rolls, le luxe d’une Bentley et les aptitudes d’un Defender.
Essai - Land Rover Range Rover 4 : god save the Range
Alors, la mission des ingénieurs britanniques pour cette quatrième génération fut de remettre au goût du jour une icône sans bouleverser les gènes de ses aînées. Poussée par son récent patron Ratan Tata, la firme de Gaydon a totalement repensé son vaisseau amiral. Sans vraiment toucher au gabarit (4,99 m), c’est davantage sur la masse que les experts anglais ont concentré leurs efforts. La Range est le seul SUV au monde doté d'une structure monocoque tout en aluminium. Le métal précieux a permis d’alléger en moyenne le 4x4 d’environ 200 kg par rapport à la précédente génération, à motorisation équivalente. Land Rover communique sur un gain de 420 kg, en comparant le nouveau TDV6 à l’ancien TDV8… Quoi qu’il en soit, ce gain reste conséquent et permet au Range d’améliorer ses niveaux de consommation et d’émissions d’en moyenne 8 % selon le constructeur. Voilà qui colle davantage à notre époque.
Efficient et plus léger que ses pseudo-concurrents Mercedes GL 350 CDI (2 505 kg), Audi Q7 V6 3.0 TDI (2 270 kg) et BMW X5 30d (2 185 kg), le vaisseau britannique a pris le pari de faire évoluer son look si particulier tout en douceur et l’assume pleinement. « A l’instar du modèle d’origine, la version actuelle du Range Rover se reconnaît immédiatement à sa silhouette à la fois simple et emblématique », explique Gerry McGovern, directeur du design de Land Rover. Faire évoluer sans dénaturer cette icône, le centre de style y est parvenu en revisitant quelques points stratégiques comme les angles toujours prononcés, les optiques cette fois effilées, le capot grenelé et l’aspect « flottant » du toit. La recette est sobre, efficace et ne déboussolera pas la clientèle si fidèle, par rapport à la troisième génération.
Depuis que Land Rover est passée entre les mains de l’Indien Ratan Tata Motors, la marque est redevenue plus britannique que jamais. Exit l’époque Ford si néfaste à la qualité, place au luxe dans sa définition la plus pure. Car c’est aussi la marque de fabrique du Range. Gravir l’Everest OK, mais dans le confort le plus total. Du cuir à profusion, des essences de bois différentes, de l’aluminium brossé, du carbone, etc. Au total 17 ambiances, 7 essences de bois et 37 coloris possibles. Le Range fait le plein de matériaux nobles et prend un malin plaisir à les sublimer par un assemblage de très haute volée. Le tableau de bord et les poignées de maintien sont par exemple totalement recouverts de cuir surpiqué. Cette ambiance de cottage anglais, cossu et douillet, peut très vite dégénérer en rave party londonienne si vous optez pour la sono Meridian de 1700 Watts composée de 29 HP, testée et approuvée par nos soins. Cette suite royale, ou plutôt cet habitacle gagne légèrement en espace avec l’augmentation de l’empattement (+40 mm). C’est mieux au niveau des genoux et des épaules, mais certains concurrents font mieux comme le Mercedes GL. Qu’importe, il vous suffira simplement d’abaisser électriquement le dossier de la banquette arrière en cuir chauffant et massant pendant que vous regarderez le dernier épisode du Mentalist ou Louis La Brocante si vous êtes francophile.
Essai - Land Rover Range Rover 4 : god save the Range
D’un point de vue ergonomie, le nombre de boutons de commande a été divisé par deux pour offrir une conduite plus détendue. Et ça on aime ! Le combiné multimédia tactile est affligeant de facilité, alors l’instrumentation (compteurs, compte-tours, etc.) s’affiche numériquement. Difficile de lui trouver des points faibles à ce Range qui justifie, ici, pleinement les tarifs pratiqués. Ah si, peut être son volume de coffre, de 550 litres sous tablette (909 litres sans tablette et seconde rangée avancée au maximum).


Essai - Land Rover Range Rover 4 : god save the Range
Essai - Land Rover Range Rover 4 : god save the Range