Dans un communiqué publié ce matin, l'association écologiste Santé Environnement de France, à qui on doit également une récente étude sur l'air que les jeunes enfants respirent dans les poussettes, informe qu'une procédure sera prochainement lancée par l'Europe à l'encontre de la France. Cette dernière ne respecte en effet pas les valeurs limites de particules fines et va devoir payer une amende.


Pour les 2500 médecins qui composent l'association, il est donc temps d'agir et de réfléchir à la façon dont nous dépensons notre argent. Le Dr Pierre Souvet, président de Santé Environnement de France (ASEF), s'étonne que dans une période de crise les pouvoirs publics ne prennent pas plus de dispositions pour améliorer la qualité de l'air alors que les pathologies associées coûtent de plus en plus cher en terme d'assurance maladie mais aussi, comme c'est le cas aujourd'hui, d'amende à régler à l'Union Européenne. « A l’heure où nous parlons de crise, de perte de pouvoirs d’achat, de restrictions budgétaires, nous dépensons pourtant sans compter pour respirer un air pollué ! C’est incompréhensible ! », déclare-t-il.


Pour le Dr Patrice Halimi, Secrétaire général de l'ASEF, la prévention devrait aujourd'hui être au coeur des débats : « Tous les médecins savent depuis longtemps que les microparticules sont à l’origine de nombreuses pathologies et ce qu’il faut faire pour éviter cela ! », affirme-t-il. « Mais, comme d’habitude, on ne nous consulte que pour guérir, jamais pour prévenir. La santé n’est pas prise en compte dans nos politiques publiques et c’est bien dommage. Agir en prévention pourrait nous permettre à la fois de préserver au maximum la santé et le bien-être de tous, tout en faisant des économies financières ! »


L'ASEF rappelle qu'une étude, appelée APHEKOM et dont les résultats ont été publiés en mars dernier par l'Institut de veille sanitaire, a montré que réduire les taux de particules fines dans les grandes villes européennes permettrait d'augmenter l'espérance de vie des populations alors qu'à l'heure actuelle le trafic routier est entre autres jugé responsable de 15% des cas d'asthme chez l'enfant. Une maladie chronique qui réclamait pour être prise en charge entre 0,2 et 0,8 milliard d'euros en 2006.