Donner un sens à ses actes, chercher à être utile, c’est admettre que l’être humain est par nature inutile. Libre à lui de se rendre utile ensuite mais à l’origine, rien ne le prédispose à ça. Et comme, en plus, le seul acte qui lui soit vraiment nécessaire (celui de sa reproduction) est inconditionnellement lié à la notion de plaisir, je vous avoue n’avoir éprouvé aucun scrupule à l’idée de passer 3 jours à me divertir inutilement dans une Lamborghini Gallardo LP570-4 Spyder Performante afin de rallier Sant’Agata Bolognese au circuit du Castellet distant d’à peu près 700 km. Non, aucune culpabilité.

Les Virées Caradisiac - Lamborghini Gallardo LP570-4 Spyder Performante. Eloge de l'inutilité

Taux d'émission de CO2 :

319 g/km

Début de commercialisation du modèle :

Novembre 2010

Notre postulat de départ évoqué en introduction cherche en fait à répondre à une question existentielle : à quoi sert-il d’acheter une auto inutile ?


Lamborghini tombait à point nommé pour nous aider à répondre. Si le sens commun admet qu’une Dacia Logan MCV dCi est utile, il y a fort à parier qu’il sera plus difficile de trouver quelqu’un pour nous expliquer l’impérieuse nécessité de rouler dans une auto possédant un gros moteur V10 atmosphérique extrêmement polluant (327 gr CO2/km) et gourmand (14l/100 kms en cycle mixte, nettement plus en cycle ‘pied au fond’), distillant une puissance inavouable (570 ch à 8000 tr/mn) dans un fracas sonore à faire exploser le standard de la police municipale à chaque passage en ville, dotée de seulement 2 places, d’un prix approchant les 220.000 euros, et, qui plus est, capable de vous envoyer en prison après moins de 10s de route !


Une Gallardo LP570-4 Spyder Performante, c’est ça et c’est même encore pire. En effet, on peut considérer ce Spyder Performante comme la déclinaison cabriolet d’une Superleggera et donc se gratter le menton en découvrant que pour permettre aux 2 occupants de rouler la tête à l’air, il a fallu étayer la caisse désormais étêtée du coupé de 120 kg de renforts divers avant de l’alléger de 65 kg en la bardant de carbone un peu partout pour lui donner l’air sportif. Bref, sur la piste, ça n’est pas non plus l’arme ultime (la Superleggera est là pour ça) même si avec 1485 kg à sec, elle est loin d’être un pachyderme. Sur papier, l’inutilité de l’engin est évidente, il l’affiche d’autant plus que dans sa livrée orange parsemée de stickers belliqueux, on le remarque de loin. Et pourtant.






Photos : Eros Maggi & Patrick Garcia