Tandis que le groupe VW inaugurait sa première boîte à double embrayage sur la Golf R32 en 2003 (oui 2003, 7 ans déjà...), Renault a attendu 2010 pour nous présenter sa version de la boîte automatique à double embrayage, baptisée EDC pour "Efficient Dual Clutch". Pour le moment, elle ne sera disponible que sur les 6 variantes de carrosserie de la plateforme Mégane. En marge de l'essai de la Mégane 3 CC, visible ici, nous avons pu faire un galop d'essai sur une version 5 portes GT Line (une finition sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir...) de la compacte au losange équipée de cette nouvelle transmission. Impressions...

Essai - Renault sort enfin sa boîte à double embrayage EDC. Efficace ?

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Renault Megane

90 g/km - Bonus : 0 €

Début de commercialisation du modèle :
Renault Megane 3 Coupe Cabriolet

Octobre 2008

Un peu avares en informations, les ingénieurs de chez Renault ne se sont pas étendus autant que nous le voudrions sur leur nouvelle boîte de vitesse. Nous avons pu en savoir l'essentiel en tout cas.
  • 6 vitesses
  • Double embrayage à sec
  • Actionneurs électriques
  • Mode impulsionnel au levier mais pas de palettes au volant prévues
  • Couple maximum supporté : 300 Nm
  • Surcoût par rapport à la boîte manuelle : 1 200 €.
Au lancement, cette boîte sera uniquement accouplée au diesel 1.5 dCi 110 chevaux, qui représente pour Renault son coeur de gamme. A la question de savoir si elle équiperait d'autres modèles et d'autres moteurs, la réponse fut floue. Pour le moment c'est donc seulement "famille Mégane 3" et dCi 110. Par déduction, on peut penser que le couple admissible par la boîte pourrait la faire se retrouver accouplée à un 1.9 dCi 130, qui justement développe 300 Nm de couple, et à quelques moteurs essence du type 1.4 Tce 130. Mais ce ne sont que pures suppositions...

Que vaut-elle volant en main ?

Malheureusement, nous n'avons pu parcourir qu'une boucle d'environ 25 km avec la voiture. Nous aurions aimé plus, mais ce fut suffisant toutefois pour en retirer quelques enseignements.
Essai - Renault sort enfin sa boîte à double embrayage EDC. Efficace ?
Impossible pour commencer de ne pas la comparer instinctivement à une boîte DSG de chez VW, qui reste une référence. Sur ce point, l'EDC de Renault souffre de la comparaison. Si à rythme tranquille elle reste ultra-douce et suffisamment réactive (bien plus qu'une boîte manuelle en tout cas), hausser le rythme la met rapidement en position d'infériorité. Elle est sensiblement moins rapide que la boîte VW, et surtout, souffre d'un temps de réaction au moment du kick-down qui est important, et qui rappelle presque une boîte auto traditionnelle à convertisseur.
Concrètement, cela signifie qu'un enfoncement brusque de la pédale pour doubler par exemple, ne sera suivi d'effet qu'environ une demie seconde à une seconde plus tard. Ce n'est pas rédhibitoire mais étonnant pour une technologie censée justement éliminer ce défaut. La EDC fait dans son fonctionnement plus penser à une boîte Powershift de chez Ford, qui elle aussi est moins réactive en conduite dynamique que la DSG.
De même, à la décélération, l'EDC rétrograde très tard, lorsque la DSG le fait un peu plus tôt et maintient le véhicule à un régime de couple plus favorable. Dernier point, pas de mode Sport pour pallier à cela, que nous considérons comme un défaut, peut-être à tort, vu que la grande majorité des conducteurs roulent aujourd'hui de façon très tranquille.

Essai - Renault sort enfin sa boîte à double embrayage EDC. Efficace ?
Au niveau performances, on perd en moyenne 1 seconde sur l'exercice du 0 à 100 km/h et 0,6 secondes sur le 1 000 m DA.

Pour ne pas rester sur un constat négatif, parlons consommation. Et là, bonne nouvelle puisque l'EDC donne des chiffres de consommation strictements identiques à la boîte manuelle, ce qui lui permet de bénéficier du label Eco2 sur tous les modèles sur lesquels elle est montée.
Sur les versions berline 5 portes, coupé et Estate, Renault annonce une consommation mixte de 4,4 l aux 100 km, et 114 g de CO2/km, soit les mêmes valeurs qu'en boîte mécanique, et l'égibilité à un bonus écologique de 500 €. Sur les CC, Scénic court et Scénic long, on atteint les 5 l aux 100 km et 130 g de CO2/km (zone neutre).
Petit bonus, le fait d'adopter cette transmission fait d'office bénficier d'une aide au démarrage en côte.

Bilan
Pour résumer, l'EDC est une excellente boîte à rythme de sénateur, et en ville à rythme normal. Par contre, elle montre ses faiblesses en conduite dynamique et sportive. Est-ce un gros défaut ? Sachant que le dCi 110 auquel elle est aujourd'hui exclusivement accouplée n'est pas le chantre du sport auto, disons que s'en est un, mineur. Mais la DSG reste une référence, surtout depuis l'apparition de la DSG7.
Le surcoût de 1 200 € est donc envisageable, si vous voulez vous libérer de la contrainte de la pédale d'embrayage. Mais si vous voulez un comportement sportif, ce n'est pas chez Renault qu'il faudra aller piocher.