BAUHAUS : le temple de l’audace
Le jeudi, c’est le jour où les routes (de nuit) de l’automobile et de la culture se croisent.

Entre l’été 1925 et octobre 1926, le Bauhaus s’est doté d’un nouveau bâtiment à Dessau. Le Bauhaus a élu domicile dans cette ville du Land de Saxe-Anhalt, dans le nord de l’Allemagne, après avoir quitté Weimar où le mouvement était né. La célébration de ce centenaire est l’occasion de plusieurs événements.
Quand il fonde le Bauhaus, à Weimar, en avril 1919, Walter Gropius ne fait appel qu’à des peintres pour venir y enseigner. Cette décision est argumentée. Gropius est convaincu, comme Wassily Kandinsky, que « la peinture est l’art qui depuis des décennies marche en tête de tous les mouvements artistiques et [qu’elle] a fécondé les autres arts, en particulier l’architecture ».

Les peintres ne sont pas censés dispenser des cours de peinture, mais prodiguer un enseignement de la forme, directement lié à l’apprentissage dans les ateliers. Gropius appelle d’ailleurs « maîtres de forme » ces responsables artistiques, par opposition aux « maîtres artisans », les directeurs techniques qui dirigent les travaux pratiques dans les ateliers.
Le Bauhaus a pour devise « artisanat et art, une nouvelle unité » et pour objectif de supprimer la distinction entre les arts majeurs et les arts appliqués : les deux écoles sont réunies au sein d’une seule et unique académie.

En 1927, le programme pédagogique subit d’importants remaniements : Paul Klee et Wassily Kandinsky obtiennent l’autorisation de donner un enseignement de peinture autonome à l’intérieur de l’école, ce qui remet en question la synthèse des arts, élément majeur du programme fondateur de l’école.
Affaibli autant par les attaques venues de l’extérieur que par les dissensions internes, Walter Gropius quitte la direction de l’école le 1er avril 1928. Après un court intermède assuré par Hannes Meyer, Ludwig Mies van der Rohe prend la direction du Bauhaus en octobre 1930, mais la fermeture définitive est prononcée en juillet 1933. Car le Bauhaus est dans le collimateur du nazisme.

Bien que l’automobile ne soit jamais apparue parmi les centres d’intérêt du Bauhaus, Walter Gropius ne rechigna pas à porter son regard sur l’évolution de la carrosserie. Il imagina des solutions originales pour la marque Adler dont le patron, Heinrich Kleyer, était un de ses amis. Exposées pour la première fois au Salon de Paris 1930, les voitures de Gropius s’inspiraient, par leur géométrie, leur fonctionnalisme et leur dépouillement, des propositions de Gabriel Voisin.



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