« C'est plus pratique » : ce nouveau réflexe au volant, pire que le smartphone, inquiète les professionnels
Alors que les politiques de sécurité routière professionnelle mettent en lumière les dangers du smartphone au volant, les dangers liés aux montres connectées sont encore trop souvent passés sous silence. Un mutisme coupable.

La technologie évolue plus vite que le Code de la route et que les règlements intérieurs des entreprises Alors que la lutte contre le téléphone au volant semble enfin avoir infusé dans la culture d’entreprise, les technologies connectées (wearables) sont désormais montrées du doigt.
Se croyant dans les clous réglementaires de nombreux professionnels utilisent désormais une montre connectée pour consulter leurs notifications.Messages, courriels, ou heures de rendez-vous s’annoncent désormais par une simple petite vibration sur le poignet.
Plus dangereux que le téléphone
Si la plupart des sociétés disposent de règles claires concernant l'utilisation du smartphone au volant, la montre permet désormais de rester connecté sans avoir à prendre son téléphone en main ou regarder l’écran de la voiture.
Le danger de ces montres repose avant tout sur un puissant biais de perception. 60 % des usagers estiment que jeter un coup d’œil à leur poignet est moins risqué que saisir son smartphone, souligne la récente étude de Fleet Operations.
Pourtant une étude publiée dans Accident Analysis & Prevention conclut que les montres connectées sont plus distrayantes que les téléphones portables. Chaque notification envoie une vibration sur le poignet pour en avertir le destinataire. Cela entraîne un réflexe neuro-ergonomique quasi incontrôlable, appelée « réflexe haptique ». Le cerveau interprète le signal tactile comme une urgence immédiate, rendant l’effort d’ignorer la notification cognitivement difficile.
Résultat 50 % des détenteurs de montre connectée reconnaissent interagir avec elle en conduisant, qu’il s’agisse de lire un message, rejeter un appel ou changer la musique de sa playlist.
« Une vibration sur le poignet pour indiquer une alerte peut sembler moins intrusive d’un téléphone, mais elle détourne tout autant les yeux et l’attention », souligne Tony Greenidge, responsable de la gestion des risques chez Fleet Operations.
Sensibiliser sur ces nouvelles habitudes
« La distraction au volant ne se résume pas au fait de tenir un téléphone à la main. Les directives des entreprises doivent rester à la page », souligne Tony Greenidge
Il faut casser cette idée reçue selon laquelle regarder son poignet est anodin. Des ateliers de prévention doivent intégrer explicitement les risques liés aux wearables. Les employeurs doivent encourager à désactiver les notifications au volant. Les règles internes, concernant les disctracteurs, ne doivent plus uniquement se concentrer sur les téléphones portables.




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