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Retour de la vignette auto : la taxe qui pourrait coûter jusqu’à 910 euros par an

Dans Economie / Politique / Budget

Michel Holtz

Face à la chute des recettes sur les carburants provoquée par l’essor de la voiture électrique qui va s’amplifier un think tank envisage une « redevance » automobile. Calculée selon le poids, la motorisation mais aussi les revenus et le lieu de résidence, cette nouvelle taxe pourrait coûter jusqu’à 910 euros chaque année à partir de 2035.

Retour de la vignette auto : la taxe qui pourrait coûter jusqu’à 910 euros par an
Supprimée en 2001, la vignette pourrait bien fleurir à nouveaux les pare-brises. Photo : MaxPPP.

Ce qui est vertueux pour la planète ne l’est pas toujours pour les finances publiques. Ainsi, lorsque les automobilistes Français se convertissent massivement à la voiture électrique, ils provoquent un manque à gagner puisque les taxes sur le carburant peinent à rentrer. Et quand, de surcroît, ceux qui roulent au sans-plomb ou au gazole font leur plein avec plus de parcimonie, crise iranienne oblige, rien ne va plus. D’autant que les caisses de l’État sont plus que vides.

Une vignette ? Une redevance plutôt

Alors il faut réfléchir et trouver des solutions. C’est justement le rôle des think tanks comme l’Institut Mobilités en Transition (IMT) rattaché à l’IDDRI. L’organisme a fait ressurgir une vieille lune qui, de temps en temps, fait son retour dans les rapports remis au gouvernement, comme celui déposé à Bercy par le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) en juin dernier.

La vignette, qui a finalement trouvé porte close au printemps auprès du ministère de l’économie, revient donc par la fenêtre cet automne. Évidemment, elle a changé de nom pour s’appeler redevance, histoire de n’effrayer personne même si pas grand monde n’est dupe.

Pour l’IMT : le calcul est simple. La fiscalité routière, tous domaines confondus, représente aujourd’hui 67,5 milliards d’euros. Or, en 2035, électrification aidant, l’accise, la taxe sur les carburants, et la TVA vont fondre comme neige au soleil. Résultat : une baisse des recettes que le think tank estime à 22 milliards d’euros.

Taxer les recharges pour compenser ce manque à gagner ? Jouable, en partie du moins. Taxer les recharges à domicile sur des bornes pilotables qui différencie la charge d’une auto avec le grille-pain est techniquement possible, mais il faut rajouter une seconde taxe sur les bornes publiques.
En lieu et place de cette usine à gaz, l’IMT en propose une autre : une vignette (pardon, une redevance) différenciée non pas selon la carte grise de l’auto, ce qui serait trop simple, mais selon des critères autrement complexes.

Le barème de calcul de cette taxe prendrait évidemment en compte la motorisation de l’auto ponctionnée, mais aussi sa masse, sa consommation, ainsi que son origine de fabrication et un indice de réparabilité à définir.

Entre 70 et 910 euros

C’est un peu court ? Alors l’IMT a ajouté quelques critères supplémentaires comme les revenus du ménage, le coin de France ou il réside et même le nombre de voitures stationnées dans son garage.

Du coup, le prix de la vignette ferait le grand écart et l’organisme a calculé qu’il en coûterait 70 euros par an pour une petite électrique à la campagne et 910 euros pour une thermique de grosse cylindrée appartenant à un ménage de centre-ville propriétaire de plusieurs autos.

En moyenne, cette ponction serait de 140 euros par an en 2030 et augmenter chaque année pour atteindre 260 euros en 2035, l’année ou l’électrification deviendra massive. Pour autant, l’idée de cette nouvelle vignette ne risque pas d’être validée dans les prochains mois. Aucun candidat à la présidentielle ne prendra le risque de l’inscrire à son programme. Et s’il est en accord avec une telle mesure, il attendra d’être à l’Élysée pour l’appliquer.

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