Sous l’élégance, le feu : la Mercedes CLS II 63 AMG stupéfie autant par sa beauté que ses chronos
Habilement renouvelé, le coupé à quatre portes de Mercedes s’équipe dans ses versions AMG d’un exceptionnel V8 biturbo crachant jusqu’à 585 ch de feu. La CLS se décline aussi en un magnifique break de chasse, pour ajouter un peu de praticité sans nuire à l’élégance. Le tout dès 28 000 €.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
La deuxième mouture de la série CLS, le coupé à 4 portes de Mercedes, transpose l’élégance et la finesse de la première dans un langage esthétique plus structuré : une belle réussite. Personnelle, élancée et un rien glamour, elle devient encore plus décalée dans sa surprenante variante Shooting Brake.
Une audace que Mercedes n’ose plus guère, ne comptant plus de CLS dans sa gamme. Surtout, sous le capot de la 63 AMG trône un exceptionnel V8 5,5 l biturbo produisant jusqu’à 585 ch, sans la moindre hybridation, le genre de mécanique tuée sur l’autel de la lutte contre le CO2. Autant de raisons pour mettre de côté une CLS 63 AMG C218, emblématique d’un âge d’or de l’automobile européenne.

Pas facile de renouveler un chef d’œuvre de style. Pure sculpture, la première Mercedes CLS, révélée en 2004, a su se trouver une nombreuse clientèle sensible à beauté (170 000 unités vendues), aussi le constructeur a-t-il décidé de ne pas la dérouter. La formule reste donc la même pour sa remplaçante : on reprend la plate-forme de la Classe E contemporaine et on l’habille façon haute couture.
Cela donne la deuxième génération de CLS, codée C218 et révélée en 2010 au Mondial de Paris. D’un point de vue esthétique, on retrouve les proportions de l’ancien modèle, le toit en arc de cercle, la ceinture de caisse très haute et la calandre horizontale, type des coupés de la marque.

Mais l’équipe de Gorden Wagener a apporté un peu de structure visuelle à une ligne auparavant ronde comme un galet, ce qui en faisait une des spécificités. Le résultat a moins d’impact qu’en 2004, mais l’élégance y gagnerait plutôt. Par ailleurs, le Cx s’améliore légèrement, à 0.26, alors que les projecteurs recourent désormais à des LED.
Techniquement, tout est revu, à commencer par la structure, plus rigide qu’auparavant. On peut toujours faire le choix de la finesse chez Mercedes, les temps ont bien changé depuis. La première CLS avait droit à une sulfureuse version AMG ? La seconde aussi, et elle est révélée début 2011.

Sous le capot, normes CO2 oblige, le V8 M156, un atmo à la sonorité fantastique, est remplacé par un autre V8, doté de deux turbos celui-ci. Codé M157, il ne cube plus que 5,5 l mais produit 525 ch et surtout 700 Nm, dès 1 700 tr/min. Avec le pack Performance AMG, on peut même porter ces valeurs à 557 ch et 800 Nm respectivement : impressionnant mais d’une utilité douteuse sachant que tout passera par le seul train arrière, qui sera vite submergé… Ce bloc s’attèle à une boîte auto à 7 rapports Speedshift MCT, à embrayage multidisques et non à convertisseur de couple.

La suspension est pour sa part adaptée, en s’affermissant, alors qu’à l’arrière, un système pneumatique est retenu. Les voies s’élargissent, l’assiette s’abaisse, les freins grandissent (disques ventilés et perforés de 360 mm de diamètre à l’avant). Pas de trop pour arrêter une masse de près de 1 870 kg lancée à 250 km/h (voire 300 km/h avec le pack Performance), et capable de franchir les 100 km/h en 4,3 s au minimum ! Cela dit, ces chiffres ne sont guère plus impressionnants que ceux de l’ancien modèle.

Le progrès (théorique) concerne la consommation moyenne : elle est annoncée à 9,9 l/100 km, contre 14,5 l/100 km à la précédente CLS 63. Sauf que ces besoins sont calculés selon la trompeuse norme NEDC… En France, le coupé à 4 portes en tenue de sport coûte quelque 132 200 €, soit 165 350 € selon l’Insee. Plus 1 600 € d’écotaxe (2 000 € actuels) à cause de ses 231 g/km de CO2 : ça fait rêver, non ?

D’autant plus que l’équipement est très riche : projecteurs à LED hautes performances, cuir, GPS, toit ouvrant, clim trizone, sono, sièges sport à réglages électriques massants et ventilés, suspension pilotée, radars de stationnement, caméra de recul… Manque toutefois le différentiel à glissement limité (+ 3 100 €), alors que les fans de circuit pourront s’offrir des freins carbone-céramique (+ 11 500 €). Evidemment, la 63 restera marginale en France, ce qui n’empêchera pas l’importateur d’en proposer les évolutions.

D’abord la savoureuse variante Shooting Brake en 2012, un break à la ligne très élancée qui laissera toutefois la clientèle de marbre. Puis la variante S en 2013, forte de 585 ch et surtout dotée d’une transmission intégrale 4Matic. Celle-ci est aussi proposée sur les autres CLS AMG, avant que la gamme ne subisse un restylage en 2014 (sachant que les AMG ont été écoulées à 6 700 unités). Léger, celui-ci concerne surtout les boucliers et les projecteurs, améliorés. La Mercedes C218 est retirée en 2018 et remplacée par une autre CLS infiniment moins séduisante…

Combien ça coûte ?
En 525 ch, la CLS 63 AMG se déniche dès 28 000 €, avec environ 200 000 km au compteur. A 30 000 €, on passe sous les 150 000 km, mais il faut compter 38 000 € pour un exemplaire de moins de 100 000 km. Et sous les 50 000 km ? Ce seront 44 000 €. A noter que les 557 ch ne sont pas tellement plus chères. Et les S (585 ch) ? Ajoutez 3 000 € environ. Les Shooting Brake, malgré leur rareté, n’engendrent aucun surcoût.
Ces montants pourront nettement varier selon la configuration, les options, l’historique et la provenance : les exemplaires importés d’Allemagne sont souvent un peu moins équipés que les français.

Quelle version choisir ?
Pour un usage courant, vu la puissance de feu disponible, la 525 ch suffit plus qu’amplement. Mais on pourra se laisser tenter par les trains roulants affûtés de la 557 ch, pas forcément plus chère. Le différentiel à glissement limité sera une option à valoriser.

Les versions collector
Toutes. Mais pour une collection, comme toujours, c’est la rareté qui compte. Une 585 ch restylée, dotée d’un maximum d’options voire d’une couleur originale (pas le noir, qui écrase la ligne), sera plus prisée.

Que surveiller ?
Plus encore que sur les autres Mercedes, l’entretien joue ici un rôle primordial pour obtenir une grande fiabilité. Les moteurs M157 fabriqués jusqu’en 2013 ont souffert de tendeurs de chaîne défectueux, car leur lubrification n’était pas optimale à la mise en route à froid. Résultat, des chaînes qui s’allongent et un moteur dysfonctionnel (claquement au démarrage, ratés, témoins allumés). Normalement, tout a été pris en charge en réseau mais mieux vaut s’en assurer car c’est une opération onéreuse (4 000 € environ).
On relève aussi quelques soucis de capteurs et de fuites d’huile sur les couvre-culasses. La boîte est très solide si elle est vidangée à temps (60 000 km), mais la suspension arrière pneumatique connaît parfois des fuites. Là encore, la réfection coûte cher. Pour le reste, l’auto vieillit fort bien, connaissant peu de soucis électroniques, mais vérifiez bien l’état des freins et des pneus, car ces consommables sont onéreux.

Sur la route
On peut être fan de la première CLS et se laisser séduire par la ligne de la seconde. C’est mon cas ! A l’intérieur, cette dernière n’a plus l’originalité de sa devancière même si la présentation en met plein les yeux. Du reste, on se trouve très bien installé si on n’est pas claustrophobe. Evidemment, le V8 M157 biturbo n’a pas la sonorité de l’ancien M156 atmo. N’empêche qu’il chante très plaisamment le bougre, toujours dans des tonalités hard-rock.

Surtout, ce qu’il pousse ! Passé 2 000 tr/min, il envoie du très lourd, ce qui oblige à se modérer sur l’accélérateur pour ne pas saturer le train arrière. Et il passe les 7 000 tr/min dans une bande-son fantastique. Ce moteur fou s’exprime via une boîte auto très rapide, et pas lisse dans son fonctionnement, ce qui ajoute aux sensations de conduite. Seulement, en mode manuel, elle refuse des rétrogradages mécaniquement possibles, ce qui agace. Mieux vaut donc la laisser faire, en choisissant le programme Sport voire Sport+.

Le châssis supporte très bien cette cavalerie monstrueuse, grâce à sa grande adhérence, son équilibre et l’excellent guidage des trains. Cela dit, la direction, quoique précise et consistante, manque franchement de ressenti. Quoi qu’il en soit, la CLS63 passe les virages à des vitesses impressionnantes et sait resserrer la trajectoire au lever de pied, voire glisser des quatre roues. Ensuite, à la réaccélération, si on dose comme il faut l’accélérateur, on peut se livrer à de généreux survirages, ESP – partiellement – débranché. On peut aussi rouler tranquillement : le moteur se fait alors oublier et on profite du grand confort général. Et la consommation baisse. Reste que pour tomber sous 13 l/100 km en moyenne, je ne sais absolument pas comment on fait…
L’alternative youngtimer
Mercedes CLK 55 AMG (1999 – 2002)

Vous cherchez un coupé AMG au parfum youngtimer ? Il faudra alors vous contenter de deux portes en optant pour le CLK 55 AMG. Rare, car produit durant moins de trois ans (3 381 unités seulement), il bénéficie d’un V8 aussi gros que celui de la CLS C218, un 5,5 l, mais sans suralimentation. Conséquence, il se contente, si l’on peut dire, de 347 ch, ce qui n’empêche pas 250 km/h au maxi ni un 0 à 100 km/h exécuté en 5,4 s. On peut s’en satisfaire, non ?
Doté obligatoirement d’une boîte auto à 5 rapports, le CLK 55 AMG se veut plus facile et confortable qu’une BMW M3 E36, sans rien concéder côté chrono. Et son équipement est riche. Surtout, le moteur est bien plus fiable que celui de la CLS. Dès 15 000 €.
Mercedes-Benz CLS 63 AMG C218 (2011), la fiche technique
- Moteur : 8 cylindres en V, 5 461 cm3
- Alimentation : injection directe, deux turbos
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, double triangulation, barre antiroulis (AV) ; essieu multibras, ressorts pneumatiques, barre antiroulis (AR).
- Transmission : boîte 7 automatique, propulsion
- Puissance : 525 ch à 5 250 tr/min
- Couple : 700 Nm à 1 700 tr/min
- Poids : 1 870 kg
- Vitesse maxi : 250 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 4,4 secondes (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Mercedes-Benz CLS AMG C218, rendez-vous sur le site de La Centrale.














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