Test du vélo Lidl Crivit Belt Drive Y.3 : crise de teutonnie
Le vélo Lidl le plus urbain de la gamme est passé à la rédac. L’approche est très intéressante, mais les avis à son égard divergent. Pourtant, il est conçu avec la tête ce vélo. Et même conçu pour les gens qui n’aiment pas les vélos compliqués, mais qui veulent pédaler, même en étant assistés.

Jusqu’à il y a quelques années, le géant teuton de la grande distribution Lidl était le symbole du label Deluxe et des outils Parkside aux couleurs de Bosch. Puis est arrivé Crivit. C’est la marque de vélo. Car oui, Lidl fait des vélos. Parce que les Allemands adorent le vélo en plus des saucisses, de la bière et des gros SUV.
Plus fort, Crivit qui n’était qu’une tentative à la sortie du COVID est devenu une gamme à part entière. Il y a un vélo urbain électrique à 1 399 euros, un VTT électrique à 1 999 euros et notre vélo urbain à 1 699 euros. Pourquoi est-il plus cher que l’autre urbain ? Parce qu’il utilise une transmission monovitesse par courroie et n’implique ainsi, aucun passage de vitesse. Il est facile à utiliser et « c’est ça que c’est bon ! ».

Un design logique et pragmatique
Il y a quelque chose de presque artistique dans cette approche pragmatique. Le cadre est ouvert ou fermé, selon le modèle choisi. Le moteur Mivice M80 de 40 Nm de couple est logé dans le moyeu de la roue arrière malgré ce que le gros bloc au niveau du pédalier laisse suggérer (il doit cacher le contrôleur et le BMS de la batterie).

Capteurs de cadence et de couple sont au programme. Crivit a équipé le Belt Drive Y.3 de freins à disque (de 160 mm de diamètre) hydrauliques Shimano MT200.
L’éclairage offre deux positions : croisement et feu de route. Dans cette dernière position, le phare envoie 180 lux (contre 120 en feu de croisement).

La transmission se fait par une courroie en carbone Gates (la plus commune). On y gagne beaucoup par rapport à une chaîne : c’est propre (merci le pantalon) et il n’y a pas d’entretien pendant 10 000 km (il faudra alors la changer, et encore).
Les pneus sont des Schwalbe Big Ben de 27,5 pouces en 2 pouces de large.

Le guidon en forme de M (comme un emblème) possède en son centre un support SP Connect.

Qui dit vélo de ville dit garde-boue (en alu s’il vous plaît) et porte-bagages. C’est inclus de série. Ici, c’est du Atranvelo et ça supporte 27 kg.

Le vélo pèse 23 kg environ d’après la fiche et 22,87 kg (20,4 kg du vélo et 2,47 kg de la batterie) d’après nos mesures. Sa charge maximum est de 117 kg.
La hauteur de selle s’ajuste pour des personnes mesurant entre 160 et 190 cm. Dans les faits, c’est vrai, puisque j’ai fait essayer le vélo à ma femme (1,57 m) et c’était OK. Idem pour mon voisin gigantesque de 1,88 m. Et là encore, pas de souci, mais un guidon qui était trop bas par rapport à la selle (pour une géométrie de ce type).

La béquille est fournie et n’engendre pas de conflit avec les pédales.
La batterie se loge derrière la selle, à la verticale. Elle peut se retirer et doit d’ailleurs se retirer pour être rechargée. Il s’agit d’un LG de 355 Wh de capacité. Elle a permis de réaliser une moyenne de 58 km en une seule charge.

Le bon point ici, c’est que Lidl a utilisé un maximum de composants de fournisseurs extérieurs. Donc des composants faciles à remplacer le cas échéant. Il y a également un site dédié aux pièces de rechange. Ensuite, soit vous mettez les mains dans le cambouis, soit vous trouver un atelier.
La finition est très correcte. Les câbles ne sont pas totalement intégrés. Les soudures sont cependant lissées et confèrent une esthétique agréable à l’œil. Il ne fait pas vélo au rabais malgré un aspect classique.
Utilisation et ergonomie : simple et complexe à la fois
Ce Crivit Belt Drive Y.3 (je l’écris plusieurs fois pour finir par m’en souvenir) ne dispose pas d’écran. Sur le cadre, le bouton d’allumage se dote d’un anneau lumineux divisé en 5. Il affiche différentes couleurs correspondant au niveau d’assistance choisie. Les morceaux, eux, représentent l’autonomie restante. Chaque part symbolise donc… 20 % (bravo pour les matheux) d’autonomie.

Pas de shifter pour passer les vitesses non plus, puisque le vélo est monovitesse (comme précisé plus haut). Le guidon arbore trois boutons : le « + » pour augmenter l’assistance. Le « - » pour la diminuer (mais vous ne l’utiliserez probablement jamais).

Pour activer le mode « boost », il faut rester appuyé sur le « + ». Les LED deviennent alors rouges. Ce mode dure environ 30 secondes et sollicite la puissance en crête du moteur.

Pour l’éclairage, il y a un bouton dédié. Il faut rester appuyé dessus pour l’allumer. Ensuite, un appui bref permet d’alterner entre feux de croisement et feux de route. Ces derniers envoient 180 lux, ce qui les rend vraiment utiles sur la route en pleine nuit.

Partie cycle : roulez jeunesse
Jusque-là, c’est presque un sans-faute. Mais dans le monde réel de la vraie vie, les choses ne sont jamais simples.

Commençons par la taille : le vélo permet un réglage de la selle, certes, mais pas de la potence. Le guidon est alors plus bas. Je fais 1,80 m et très honnêtement, ça passe. Mais une personne de 1,90 m sera certainement trop penchée en avant. Dans la mesure où il n’est distribué qu’en taille unique, il est surtout fait pour les personnes de 1,57 m à 1,80 m grand max d’après mes tests sur différents cobayes, moi compris.

L’enjambement est agréable sur cette version à cadre ouvert. Idéal pour préserver les pantalons et éviter les levés de jambes en jupe. La version à cadre haut est plus élégante et au même prix, donc c’est à vous de voir si vous préférez faire un lancer de gambette pour monter sur votre vélo ou non. Perso, je préfère un cadre haut pour le style, quitte à me faire les abducteurs.

Côté confort, la selle est correcte avec un dessin ajouré. Mon postérieur commençait à se manifester après 1h30 de vélo. Donc à voir selon votre morphologie. Mais il y a plus confortable.
La géométrie reste agréable. Dans la veine des vélos hollandais. Le dos ne souffre pas (tant que votre taille est adaptée). Les jambes peuvent pousser. La position permet d’apprécier le pédalage. Les sensations sont bonnes, notamment le capteur de couple qui fait parfaitement son travail (sauf en mode Boost, logique) et le maintien du guidon est au top.

Le freinage n’est pas des plus mordants. J’étais surpris, car les Shimano MT200 font normalement le job. Il est toutefois progressif (oui tout doit être progressif dans le vélo). Mais il faut bien presser les manettes de freins en cas de freinage appuyé. Peut-être un calibrage particulier pour éviter les accidents en cas de freinage d’urgence.

Les pneus sont bons. Les Schwalbe Big Ben sont un classique offrant un bon mix entre résistance, adhérence sur sec et adhérence sur le mouillé. Malgré leur taille haute et la bonne largeur, ils ne peuvent faire de miracle pour le confort : entre la fourche rigide et l’absence de suspension (y compris sur la tige de selle), vous ressentirez chaque pavé des petites rues pittoresques.

Dans un usage urbain, les garde-boue seront salvateurs (mais tirent un poil court pour bien protéger) et le porte-bagage (à la norme AVS) vous motivera à utiliser des sacoches (et même un siège enfant le cas échéant). Petit regret de ne pas avoir de feu de stop malgré l’indication sur la fiche technique.
Motorisation : piano piano enfin, klavier klavier
L’assistance devra être toujours mise à fond. Le moteur manque de patate dans les montées et ce, même avec le mode boost activé. Ce dernier se désactive assez rapidement d’ailleurs et peut vous laisser en plan dans un petit dénivelé. Il restera l’assistance classique qui sollicitera vos jambes pour l’aider. Rien de grave, c’est un vélo après tout. Mais celui-ci n’a pas cette philosophie sportive ce qui rend la chose quelque peu paradoxale.

De manière générale, il faut le cravacher un peu (beaucoup même) dès que ça monte un peu. Ou accepter de rouler à moins de 25 km/h.
On est clairement sur un moteur « pépouze ». Il assiste correctement sur le plat, bien qu’il sollicite plus vos jambes que la majorité des vélos concurrents (on aime ou non, perso je préfère).
Bon point : le confort de pédalage est bon. Surtout au démarrage, quand on part à l’arrêt, situation la plus délicate. Le contrôleur, qui doit gérer l’effort à fournir pour passer de l’état immobile à l’état mobile, fait parfaitement le job puisqu’il permet de garder une progression fluide. Le démarrage est doux, précis. Bien joué !
En désactivant l’assistance, le vélo reste utilisable. Le poids est raisonnable et permet de rouler sans avoir la sensation de tracter un âne mort. Disons que l’âne oui, mais vivant. De quoi évoluer autour des 15 km/h.
Autonomie : une petite batterie pour de longues sorties
Avec ses modestes 355 Wh (en 36 V), la petite batterie LG réussit à parcourir 58 km sur un parcours mixte en sollicitant souvent le mode Boost. J’avoue être agréablement surpris.

La recharge se fait sur la batterie. Cette dernière se retire grâce à la clé fournie. Le vélo ne dispose pas de fiche de recharge directe. Son accès n’est pas compliqué, avec une clé en façade. L’insertion se fait en un clip.

Dommage de ne pas avoir de moyen d’afficher l’autonomie restante en km ou en pourcentage. Les LEDs sont mignonnes, mais pas précises. Et difficilement lisibles en plein soleil.

La charge est annoncée en 3h30 et c’est bien le cas. Un temps d’attente plutôt court, lié à la petite capacité de la batterie plutôt qu’à l’intensité du chargeur.
Concurrence : à qui se frotte-t-il ?
À 1 699 euros, le Crivit Belt Drive Y.3 se positionne sur un segment chargé. Son rival le plus évident est le Tenways CGO800 à 1 899 euros. Il fait tout pareil (moteur identique à la roue arrière, courroie) mais dispose d’une fourche suspendue et de couleurs plus joyeuses (comme un joli bleu ou un rose métallique qui tend vers le violet pâle).
Bref, à ce tarif, le Crivit n’a pas vraiment de concurrent direct tout équipé à courroie. C’est probablement là sa meilleure carte.
Verdict : un bon rapport qualité-prix

Lidl livre ici un bon vélo au rapport qualité-prix intéressant, mais pas incroyable non plus. Il n’est pas prévu pour les zones vallonnées et même sur du faux plat, fera monter votre palpitant (un vélo bon pour votre cardio en somme).
Mais en dehors de ce cas, et sous réserve de mesurer maximum 1,80 m, ce Crivit Belt Drive Y.3 est un chouette compagnon du quotidien. Il fait un job décent. Je ne peux me prononcer sur la durabilité dans le temps.
Pour qui ?
Il y a deux usages possibles qui cadrent avec le Crivit Belt Drive Y.3 : le vélotaf sans gros dénivelé et la promenade (sans gros dénivelé). Ce qui, en soi, regroupe une grosse part d’utilisateurs.
Points positifs
- Transmission courroie Gates Carbon (propre, 10 000 km sans entretien)
- Composants standards faciles à remplacer
- Capteur de couple efficace et démarrage progressif
- Éclairage à deux positions dont feux de route
- Garde-boue alu + porte-bagages supportant 27 kg de série
- Finition correcte, soudures lissées, esthétique soignée
- Autonomie honnête pour une batterie de seulement 355 Wh
- Utilisable assistance coupée sans effort déraisonnable
- Recharge complète en 3 h 30
- Rapport qualité-prix cohérent à 1 699 €
Points négatifs
- Taille unique réellement adaptée jusqu’à 1,80 m seulement
- Pas de réglage de potence
- Moteur Mivice M80 sous-dimensionné en montée, même en boost
- Mode boost limité à ~30 s et qui peut couper en plein dénivelé
- Pas d’écran : autonomie affichée par paliers de 20 %, peu lisible en plein soleil
- Freinage Shimano MT200 manquant de mordant
- Fourche rigide, aucune suspension
- Pas de feu stop
Fiche technique
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Prix |
1 699 € |
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Coloris |
All Black, Desert Beige, Berry Blush |
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Cadre |
Aluminium, ouvert (version Y.3) |
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Taille unique |
Cyclistes de 1,60 m à 1,90 m (réelle conseillée : 1,57 m à 1,80 m) |
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Poids |
23 kg annoncés/22,87 kg mesurés (dont 2,47 kg de batterie) |
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Charge utile max |
117 kg |
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Moteur |
Mivice M080, moyeu arrière, 250 W, 40 Nm |
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Capteurs |
Couple + cadence |
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Assistance |
3 niveaux (ECO, TOUR, RACE) + Boost ~30 s |
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Vitesse max assistée |
25 km/h |
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Batterie |
LG 355 Wh, 36 V, amovible (clé), recharge hors vélo |
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Autonomie mesurée |
58 km (parcours mixte) |
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Temps de charge |
3 h 30 |
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Transmission |
Monovitesse, courroie carbone Gates |
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Freinage |
Shimano MT200 hydraulique, disques 160 mm AV/AR |
|
Pneus |
Schwalbe Big Ben 27,5″ × 2,0″ |
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Éclairage AV |
Sate-lite C18, 120 lux (croisement) /180 lux (route) |
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Éclairage AR |
Büchel Nano COB avec fonction feu stop |
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Étanchéité |
IPX5 |
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Équipement de série |
Garde-boue alu, porte-bagages AtranVelo (27 kg), béquille, support SP Connect, sonnette, emplacement Smart-Tracker |
Chiffres clés *
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Non communiquée
* A titre d'exemple pour la version .
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