Voitures électriques : un pacte à 240 000 bornes pour brancher la France d'ici 2030
Le Président de la République aligne tous les opérateurs sur le besoin d'étoffer le réseau de recharge en France d'ici quatre ans. Electra, Engie, Lidl, ou encore E.Leclerc vont ainsi installer des bornes supplémentaires. Un coup d'accélérateur géant qui esquive pourtant un peu la facture.

Les files d'attentes aux bornes de recharge ne feront (peut-être) bientôt plus peur à personne. Pour accélérer le grand basculement vers la voiture électrique, le Président de la République a réuni ce mardi ses troupes privées, son équipe de France de l’électrification en quelque sorte. Et au programme, un engagement de haute volée : atteindre l'intégration de 240 000 bornes supplémentaires, dont 60 000 points de charge rapide et ultrarapide sur les routes françaises, d'ici à 2030. Ce sont les opérateurs eux-mêmes qui ont se sont engagés à cet effort collectif, a annoncé Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Élysée sur l'électrification des usages.
Emmanuel Macron a insisté sur ce nombre de bornes annoncées qui viendront compléter les plus de 195 000 point de charge déjà en service et ouverts au public. Cette nouvelle armée de prises doit permettre de briser le plafond de verre et propulser la France vers son objectif ultime : 400 000 points de charge d'ici la fin de la décennie, soit dans quatre ans. De quoi ravitailler les batteries sans difficultés et rassurer les sceptiques du long cours.

Au cours de son discours, le Président a ainsi salué "Electra qui investira 300 millions d'euros d'ici à 2030" pour installer 1 000 points supplémentaires par an d’ici 2030, et "Engie également", mais aussi "les grandes et moyennes surfaces, notamment le groupe E.Leclerc, qui se sont engagées au déploiement de 10 000 bornes à horizon 2030. La grande distribution montre qu'elle a un rôle d'entrainement à avoir dans les territoires comme sur les prix".
Lidl , leader de la grande distribution d'électrons
Par ailleurs, Lidl veut aussi frapper un grand coup en proposant par exemple de mettre 65 millions d’euros sur la table pour 2026. Son arme secrète ? Des tarifs ultra-agressifs et un réseau géant de 5 500 bornes déjà déployées dans 1 000 supermarchés. Il s'agit du maillage le plus important du pays, conçu pour brancher les Français partout, des grandes villes aux campagnes. De quoi totalement rebattre les cartes du marché.
Mais ce que l'on ne dit pas concrètement, c'est que faire le plein rapidement aux bornes les plus puissantes coûte toujours entre 0,59 et 0,79 euros le kilowattheure et ce sujet reste sous silence. Aucune baisse de tarif ni harmonisation des prix n'a été annoncée. Pour couronner le tout, payer reste une galère car il faut toujours jongler entre des dizaines d'applications et de cartes différentes (même si le paiement par carte bleue se généralise rapidement). On comprend que cela en décourage plus d'un. Autre point aussi dont on ne parle pas, les bornes en panne. Selon l'Avere-France, le réseau fonctionne correctement à environ 90%, cependant, les fournisseurs n'ont pas jugé bon de s'engager sur un possible évolution de l'entretien des structures...
Toutefois, cette offensive sur le réseau électrique s'imbrique dans un plan industriel économique plus vaste, taillé pour doper les ventes de voitures électriques en France. Le Président a ainsi profité de cette grand-messe de l'énergie pour rappeler "le manque de transparence des prix pour la recharge", ce qui permet à la fédération Charge France d'avoir initié un nouveau projet. Elle veut mettre un calculateur à disposition pour calculer les gains économiques -ou non- lors du passage d'une voiture thermique à un modèle électrique selon l'usage. Une promesse intéressante, mais reste maintenant à dérouler les câbles.



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