1 – Plus d'un PV toutes les 3 secondes !

Eh oui, c'est aussi ça le contrôle automatisé ! Avec plus de 12,5 millions de PV en 2014, cela veut dire que les radars automatiques ont dressé 24 contraventions à chaque minute. Autrement dit, plus d'une toutes les trois secondes.

Pour ce qui est du plus gros "miffeur" 2014, entendez le plus productif (avec plus de 106 000 PV estimés en une année), installé à Maine-de-Boixe, en Charente (16) sur la Nationale 10, c'est plus de 12 PV à l'heure qu'il a comptabilisés à lui tout seul sur l'ensemble de 2014, soit un PV toutes les cinq minutes, 24 heures sur 24 !

 

2 – Limitation de vitesse abaissée, jackpot assuré !

Radars 2015 - De la cabine jackpot aux millions de points perdus, 10 infos insolites

La recette a en tout cas grandement fonctionné pour le champion n°1, le radar charentais de Maine-de-Boixe, dont la vitesse limite a été abaissée de 90 à 70 km/h, en raison de travaux à sa hauteur durant une grosse partie de l'année 2014. Sans aucun doute, cet abaissement a fortement boosté ses compteurs. Installé depuis 2011, l'appareil n'avait en effet jamais connu pareil succès. A ce point-là, c'en est même déconcertant. En 2013, c'est bien simple, c'est 10 fois moins de flashs qu'il avait comptabilisés (16 083 clichés contre 169 895 en 2014). Pis, en 2012, c'était même 13 fois moins avec "seulement" 12 748 déclenchements sur l'année.

Est-ce alors une coïncidence ou la recette marche-t-elle à tous les coups ? Pour le déterminer, nous avons pris un échantillon d'une vingtaine de radars fixes ayant eu une évolution – à la baisse – de leur vitesse limite l'an dernier . Verdict : + 55 % de flashs par rapport à 2013 ! Il y a certes des ratés, mais dans l'ensemble le bilan montre bien un regain d'activité…

A noter que la cabine de Maine-de-Boixe est aussi la preuve que le réglage des radars fixes peut évoluer temporairement, dans le cadre ainsi de travaux quand la limite de vitesse sur la zone concernée est abaissée. Théoriquement, il en va d'ailleurs de même quand la météo est pluvieuse. Mais en pratique, si les radars sont quasi systématiquement reparamétrés en zone de travaux, ils ne le sont absolument pas en cas de pluie. Ceci étant précisé que ce constat ne vaut que pour les radars fixes, et non pour les radars embarqués (ancienne ou nouvelle génération) qui sont eux paramétrés sur place par les agents des forces de l'ordre qui y sont associés.

 

3 – 20 fois plus de radars au kilomètre sur les autoroutes que sur les petites routes dangereuses

La grosse critique du contrôle automatisé est d'asséner que les radars ne sont placés que là où cela rapporte et aucunement en zones dangereuses. En clair, ils sont grandement présents sur autoroutes, où la mortalité routière est la plus faible, mais où le trafic est assuré et la vitesse limite plus facilement dépassée, alors qu'ils ne sont que trop rarement installés en rase campagne, là où pourtant les morts sur la route sont les plus nombreux… Ce n'est peut-être pas entièrement vrai, mais loin d'être complètement faux !

Selon notre décompte effectué à partir des statistiques officielles fournies par le ministère de l'Intérieur, on trouve en apparence bien plus de cabines sur les routes départementales, avec 1 395 unités (1 512 en comptant celles des villes) que sur les nationales qui en ont 617, et surtout que sur les autoroutes qui en affichent "seulement" 362. Mais dès lors que l'on tient compte de la longueur des réseaux respectifs, il n'y a pas photo ! On arrive en fait à un radar tous les 690 kilomètres sur les voies communales et départementales réunies (ou même un appareil tous les 271 km sur les seules routes départementales), contre un tous les 32 kilomètres sur autoroutes !


Le nombre de radars par réseaux

Routes nationales

Autoroutes

Routes départementales

Voies communales

Longueur du réseau en km 9 784 11 465 377 965 666 343
Taux de mortalité routière selon les réseaux 8,60 % 7,40 % 66,10 % 17,80 %
Répartition des radars fixes selon les réseaux 1 radar tous les 16 km 1 radar tous les 32 km 1 radar tous les 271 km 1 radar tous les 5 695 km

Sources  : SOeS ; Service d'études techniques des routes et autoroutes (SETRA) ; Direction Générale des Collectivités locales ; Sécurité routière (bilan 2011) ; ministère de l'Intérieur.

 

4 – L'ensemble du parc d'automates remboursé en moins d'un an !

Avec les seuls radars les plus productifs, c'est l'ensemble du parc (4 215 automates actifs en 2014) qui peut être entièrement renouvelé chaque année ! Le remboursement correspond même à plus d'une fois et demie la mise de départ. A lui tout seul, le champion toutes catégories de Maine-de-Boixe, en Charente (16), permet de financer une cabine-radar tous les cinq jours… On comprend bien à quel point le système est profitable, même si le prix d'achat des appareils n'est pas le seul investissement à prendre en compte (l'entretien des appareils, l'affranchissement des avis de contravention sont bien sûr autant de frais à comptabiliser pour aboutir à un bénéfice net).


5 – Un chiffre d'affaires de près de 5,7 millions d'eurospour la championne des cabines !

Radars 2015 - De la cabine jackpot aux millions de points perdus, 10 infos insolites

Sur quelque 4 200 automates (tous types confondus) installés en 2014, il y en a une centaine qui ont rapporté chacun plus d'un million d'euros au Trésor public, selon nos calculs. Le champion toutes catégories, c'est bien sûr celui de Maine-de-Boixe en Charente (16), avec une récolte estimée, rien que pour lui, à 5 667 300 euros ! Suivent deux autres cabines dites "classiques", celles des Bedarrides (84) et des Adrets de l'Esterel (83), comme on peut le retrouver dans notre top 20. En moyenne, nous avons pu alors estimer le chiffre d'affaires par appareil à environ 167 170 euros.

En tout, sur la centaine d'appareils les plus lucratifs, on retrouve 66 radars fixes classiques, 22 radars embarqués (ancienne génération, utilisés uniquement à l'arrêt), 10 discriminants, un seul radar de vitesse moyenne, un seul "mobile mobile" et trois radars feux rouges… En résumé, au volant, il faut aussi continuer de se méfier des anciens types de radars, loin d'être inoffensifs, les chiffres en attestent.


6 – 0 € de chiffre d'affaires pour un radar... corrézien !

Tous les automates ne sont pas des "serial flasheurs", à l'image des plus productifs du territoire (cf. tous nos classements des radars les plus flasheurs). Ainsi, une cabine-radar classique qn'a pas rapporté un centime à l'Etat l'an dernier. Du fait de sa simple inactivité… Et ça ne s'invente pas, il s'agit d'un radar implanté en Corrèze (19), soit dans le fief même du président de la République, François Hollande !

Mais pour quelles raisons cet appareil installé à Saint-Chamant, sur la départementale 1120, n'a-t-il enregistré qu'un seul déclenchement en tout et pour tout en 2014 ? Difficile à expliquer. Même sur une route peu fréquentée, il paraît difficilement concevable qu'aucun usager – ou presque – n'ait dépassé la vitesse limite en un an. Officiellement, la cabine est en service depuis le 20 octobre 2009, mais à tous les coups, elle n'a tout simplement pas été mise en marche – ou presque donc – l'an dernier. Est-elle en panne ? Vandalisée ? A n'en pas douter, si elle est à l'arrêt, c'est qu'une défaillance a été détectée.

 

7 – Moins d'une chance sur trois de passer entre les mailles du filet

Tous les clichés pris par les radars automatiques, rappelons-le, ne sont pas systématiquement transformés en avis de contravention. Encore faut-il que la photo soit assez nette pour déchiffrer le numéro d'immatriculation du véhicule pris en faute. Exit aussi les deux-roues pris de face (ces véhicules n'ayant qu'une plaque d'immatriculation, à l'arrière), ainsi que les étrangers en provenance de pays avec lesquels la France n'a pas (encore) d'accord pour échanger les informations relatives aux propriétaires des immatriculations flashées…

En moyenne, le système génère ainsi 38,36 % de déchets. Mais avec des écarts importants selon les types de radars. Les discriminants, ces radars fixes de forme allongée capables de différencier les véhicules légers des poids lourds, et d'appliquer la limitation de vitesse autorisée en fonction, affichent carrément un taux de rebuts de près de 65 % ! Tandis qu'à l'inverse, il est à moins de 19 % pour les radars de vitesse moyenne.

Attention toutefois : si l'on ne prend en considération que les plaques françaises, le taux de conversion grimpe tout de suite en flèche ! Selon nos informations, il y a un minimum de 10 points de mieux ! Et plutôt que de tourner autour de 60 % de conversions réussies, on est plutôt à plus de 70 %, voire plus de 75 % ! Mieux vaut donc ne pas trop compter là-dessus…

 

8 – Paris, capitale aussi des radars automatiques

Paris est à la fois la ville et le département où ça crépite le plus ! Ses 56 radars automatiques (33 fixes, 7 embarqués, 5 "mobiles mobiles", 11 feux rouges) se sont alors déclenchés plus d'un million de fois l'an dernier, générant selon nos estimations plus de 670 000 PV et plus de 38 millions de chiffre d'affaires. C'est beaucoup plus que les départements les plus flasheurs suivants.

Départements

Nombre total de PV estimés

Chiffre d'affaires estimé

1 - Paris (75) 673 675 38 199 229 €
2 – Bouches-du-Rhône (13) 476 400 26 478 566 €
3 – Alpes Maritimes (06) 439 391 24 010 441 €
4 – Rhône (69) 419 876 22 526 636 €
5 – Essonne (91) 418 255 21 854 992 €

Source : Caradisiac, à partir des statistiques officielles transmises par le ministère de l'Intérieur.

 

9 – Moins de 2 % de contestations !

Contrairement à une idée reçue, le système est de fait très peu contesté. Sur les 12,5 millions de contraventions, seules un peu plus de 200 000 réclamations en bonne et due forme ont été adressées à Rennes en 2014. On ne parle pas là des requêtes envoyées pour dénoncer un autre conducteur (ce qui représente en gros 25 % des avis de contravention), mais des seuls courriers destinés à réellement contester les PV reçus par La Poste.


Types de radars

Contestations

Nombre de contraventions

Taux de contestation

Vitesse 182 047 11 929 279 1,50 %
Feu Rouge 25 202 628 436 4,00 %
Tous radars confondus 207 249 12 557 715 1,70 %

Source : à partir des statistiques officielles transmises par le ministère de l'Intérieur.

 

10 – Près de 15,5 millions de points en jeu,mais guère plus de 8 millions réellement perdus !

Au vu de l'ensemble des statistiques transmises par le ministère de l'Intérieur, c'est précisément 15 471 995 de points de permis qui auraient dû être théoriquement retirés à la suite des 12,5 millions de PV issus du contrôle automatisé l'an dernier. C'est énorme ! Surtout qu'il s'agit pour l'essentiel de retraits de 1 point, correspondant à des excès inférieurs à 20 km/h. En pratique toutefois, "seuls" 50 % (éventuellement un peu plus) ont été réellement perdus. Pourquoi ? C'est l'une des grandes défaillances du système automatisé, la moitié des contraventions ne sont pas suivies d'effet en ce qui concerne la perte de point(s), alors même qu'elle devrait être automatique dès lors qu'intervient un paiement.

Ce n'est pas les quelques contestations émises (voir notre point 9) qui peuvent expliquer la présence d'un tel décalage ! Alors de quoi s'agit-il ? Bien sûr, il y a les contraventions dressées à l'encontre d'étrangers qui ne peuvent entrer en ligne de compte pour le retrait de points. Mais elles sont loin de représenter 50 % des PV. Pour une très grosse part, il s'agit d'un bug existant pour les véhicules de société. On sait en effet qu'il n'y a généralement aucun retrait de point à la suite du paiement d'une amende radar dès lors qu'il s'agit d'un véhicule de société ! Tout simplement parce dans ce cas, il est bien compliqué pour l'administration d'associer automatiquement un numéro de permis de conduire… Ce qui est au contraire systématique avec un véhicule particulier.


 

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