En bref :

Nouveau moteur 1.2 Puretech turbo 110 ch

4,5 litres/100 km et 104 g de CO2 par km

À partir de 18 300 € (19 700 € en finition haute Exclusive)

Commençons tout d’abord par évincer un point esthétique concernant notre monture d’essai. Non, vous ne la verrez pas à tous les coins de rue dans cette teinte, jolie au demeurant, baptisée "Kharma". C’est pourtant un bon moyen de se faire remarquer, au vu du nombre de regards, surtout masculins, attirés par cette nuance de violet. Peut-être par espoir de découvrir une jolie blonde à forte poitrine au volant ? Espoir rapidement déçu à la vue de votre serviteur. Circulez y’a rien à voir ! Mais preuve aussi que le nuancier de la C3 est étendu, et qu’elle peut presque faire de l’ombre à sa cousine la DS 3, à laquelle elle a servi de base.

C’est la face avant qui a le plus évoluée au restylage, avant une calandre, des chevrons revus et des feux de jour à LED.
Le profil garde cet aspect rondouillard, bonhomme qui fait le succès de la C3, surtout auprès des femmes.
À l’arrière, la forme des feux est travaillée, le bandeau chromé de série sur la finition Exclusive.


Passons également rapidement sur les caractéristiques de la citadine aux chevrons, bien connus des habitués ici, puisque nous l’avons déjà essayée en diesel 1.6 e-HDI 90 et essence 1.2 Puretech 82 atmosphérique.

C’est une polyvalente dont on ne peut que louer le confort de roulement. Les suspensions sont calibrées pour préserver les séants les plus délicats, et la sellerie moelleuse accompagne cela fort à propos. Cependant cette mollesse, qui réserve quelques mouvements de caisse en conduite dynamique, ne trouble en aucun cas la tenue de route. Ça tangue comme le meilleur des Zodiac, certes, ça ballotte des passagers à la limite du reflux gastro-oesophagien, mais les 4 roues restent solidement et jusqu’aux derniers retranchements collées au bitume, donnant le même ressenti qu’à bord de sa grande sœur la C4. Direction, freinage n’amènent aucune critique tandis que les aspects pratiques sont bien présents. Les rangements disséminés dans l’habitacle sont nombreux et de bonne contenance. L’habitabilité est moyenne aux places arrière, derrière celle offerte par une Renault Clio mais c’est aussi bien qu’une Volkswagen Polo ou qu’une Ford Fiesta. Au contraire, le volume de coffre est généreux avec ses 300 litres. Le tout dans une longueur presque contenue aujourd’hui face à la concurrence (3,94 m contre 4,06 par exemple pour la Renault).

Le restylage a été timide mais la C3 présente toujours bien

Esthétiquement, le restylage a apporté quelques touches de modernité comme les feux de jour à LED soulignant les phares et une calandre intégrant les nouveaux chevrons. Pas de révolution, et la bouille de bébé rondouillard de la C3, plaisante, est préservée. D’aucuns la considèrent comme mignonnette.

L’habitacle, aux matériaux assez disparates et de qualités inégales, présente encore bien. Et le haut moussé de la planche de bord, combiné au bandeau traversant laqué fait encore son effet. Le dessin n’a pas vieilli et l’ergonomie est correcte, si l’on met de côté celle du système multimédia, à l’écran non tactile et à la molette de contrôle peu intuitive. Le plus de la C3 réside dans la possibilité d’opter en option sur les finitions intermédiaires (460 €, il est de série sur notre modèle Exclusive) pour un pare-brise dit "zénith" qui, en remontant très haut, permet de simuler un toit panoramique vitré et donne une réelle sensation d’espace à bord, autant qu’il apporte de clarté. Il est heureusement occultable via un bout de ciel de toit coulissant. Au passage, on perd les pare-soleil éclairés, on ne peut pas tout avoir…

Les places arrière offrent une place dans la moyenne de la catégorie. Si le conducteur est grand, ça coincera. Mais une Polo est pire.
Le coffre, fort de 300 litres, est logeable. L’option sound system et son caisson empiète quelque peu cependant.
Le pare-brise "zénith" apporte beaucoup de clarté et une sensation d’espace bienvenue.


Un 3 cylindres tonique et sobre

Mais venons-en à la nouveauté principale de cette C3 aujourd’hui : son cœur. En effet elle adopte le 3 cylindres EB en version turbo de 110 ch, déjà vu sous le capot du Peugeot 2008 par exemple, ou de la DS 3, et qui arrive aussi sous peu sur la Peugeot 208.

Outre une puissance en augmentation de 28 ch par rapport à la version atmo, il gagne 87 Nm de couple (+ 73 % !), pour atteindre le 205 Nm à 1 500 tours/min. Et ça, ça change tout. Les performances font un bond spectaculaire. La vitesse de pointe passe de 174 à 190 km/h, le 0 à 100 gagne 2,7 s à 9,6 s. Cela n’en fait pas la plus performante de la catégorie (la Clio 1.2 TCE 120 EDC est plus véloce et accélère plus fort, la Fiesta EcoBoost 1.0 125 ch aussi) mais c’est suffisant dans toutes les situations de conduite.

Ce sont surtout les reprises qui impressionnent, et l’on se sort de n’importe quelle situation avec aisance. Les dépassements se font sans transpirer, les insertions sur autoroute sans regards inquiets dans le rétro, et sans avoir besoin de manipuler le levier d’une boîte de vitesses assez lente. L’agrément est donc transfiguré. Deux bémols toutefois : une arrivée de puissance un peu brusque sur les premiers rapports, avec laquelle il faudra composer en écrasant moins que d’ordinaire la pédale de droite, et un temps étonnant temps de réponse du turbo, même dans les régimes élevés. Un phénomène déjà constaté sur le Peugeot 2008.


Cela est bien joli, mais du coup, il consomme ce moteur, non ? Eh bien détrompez-vous, il a en plus le bon goût de rester aussi sobre qu’un chameau. Le poids contenu de la C3 (c’est la plus légère équipée de ce moteur à date) n’y est pas étranger. Le bloc n’a que 1 070 kg à vide à tirer, et les rapports de boîte allongés par rapport à l’atmosphérique (3 200 tours/min à 130 km/h en 5e contre 4 000 tours/min pour le 82 ch) permettent d’obtenir d’excellentes valeurs. Nous avions relevé 6 litres de moyenne pour le Puretech 82, ce 110 fait aussi bien. En ville ça grimpe bien sûr (8,5 l/100) mais même en conduite dynamique sur petite route avec d’énergiques relances, difficile de dépasser les 8 litres. Sur ce plan, la Clio 1.2 TCE 120 fait en moyenne un bon demi-litre de plus, la Fiesta arrivant à faire aussi bien, sauf en conduite dynamique, ou elle devient encore plus soiffarde.


Terminons par l’équipement. Notre version d’essai, une Exclusive avec option navigation, caméra de recul (au passage inutile la nuit), peinture métal et sound system, est facturée 21 180 €. Elle est dotée de série de 4 vitres électriques, du rétroviseur intérieur électrochrome, des antibrouillards, de la clim auto, de régulateur limiteur de vitesse, du pare-brise zénith, du pack chrome, du pack visibilité et du pack urbain (radars de recul, essuie-glaces et phares auto, etc.), des jantes alliage 16 pouces, du parfumeur d’ambiance. Pas de grosses lacunes donc, à part peut-être une aide au démarrage en côte, étonnamment absente.


Au final donc, les 1 900 € de plus réclamés par rapport à la version atmosphérique, et ses prestations par rapport à la concurrence en font une proposition tout à fait à la page, une vraie polyvalente qui a de beaux restes, et un grand confort.