Chez Mercedes, c'est comme chez Chanel, on fait évoluer les collections, mais sans révolution, tout en douceur, dans la continuité. Jamais on ne pourra dire d'une voiture restylée du constructeur qu'elle est très différente de la précédente, mais toujours qu'elle a un "on ne sait quoi" de mieux, de plus moderne, bref, de plus actuel.


Mercedes donc, en grand couturier de l'automobile, a sorti les ciseaux et a fait évoluer le patron de son fer de lance qu'est le Coupé CL.

A l'avant, là où la découpe est la plus visible, on notera de nouveaux feux, au dessin qui rappelle le SL restylé, un nouveau capot, plus plongeant au niveau de la calandre, elle-même redessinée. Le bouclier est également nouveau. Il adopte une forme biseauté, en forme de flèche, aujourd'hui caractéristique de la marque et intègre des feux de jour à diodes, plus discrets que sur les productions concurrentes arborant 4 anneaux. Le tout imprime un dynamisme à l'auto inconnu de l'ancienne couture (mouture ?).


On enchaîne avec la poupe de l'auto, non sans passer par le profil sur lequel rien n'est notable, à part l'apparition de nouveaux rétroviseurs (identiques à ceux de la Classe E) et de jantes à la découpe revisitée. Cette poupe n'a que peu évolué dans le dessin. Les feux ne changent pas de forme mais leur texture est réarrangée. Les sorties d'échappement sont désormais plus rectangulaires tandis qu'une baguette chromée les chapeaute, courant le long du bouclier. La seule évolution directement visible concerne les feux de recul, qui viennent accessoiriser la malle de coffre, en encadrant la plaque d'immatriculation. "Plus moderne", dit Mercedes, "ça se discute" répond le styliste de Caradisiac...


A l'intérieur, les créateurs maison ont du considérer que le dessin original n'avait pas pris une ride, car il n'y a de changement qu'en surface. Nouvelles harmonies de couleur, nouveau inserts en bois précieux et volant gainé de cuir en partie centrale seront les seuls détails à relever. De toute façon, le reporter de mode approuvait déjà...


Les plus grosses retouches se sont faites sous la robe


Ou plutôt sous le capot. Car toutes les motorisations du CL évoluent. Attardons-nous sur le CL500 pour commencer, lui qui sera le plus présent sur les podiums des concessions car coqueluche des acheteurs.

Il troque son V8 atmosphérique de 5,5 l et 388 ch contre un autre V8 downsizé. Mais musclé pour l'occasion. La cylindrée passe à 4 663 cm3 mais la puissance atteint désormais 435 ch. grâce à l'apport de 2 accessoires très fashion : des turbos. Le couple se retrouve propulsé à la valeur de 700 Nm entre 1 800 et 3 500 tr/min. En progrès de 32 % par rapport au V8 atmosphérique. Résultat : une vitesse maxi toujours bridée à 250 km/h, le 0 à 100 km/h abattu en 4,9 sec. Et des reprises non mesurées mais qui dans le ressenti sont bien plus toniques qu'auparavant.

Et la consommation dans tout ça ? Car c'est bien joli d'avoir modernisé la robe et le sous-vêtement, mais il a fallu plus de matière non ? Eh bien justement non. Mercedes annonce une consommation en baisse de 23 % avec au mieux 9,5 litres de sans plomb aux 100 km. Pour cela, tout a été optimisé. La pompe à huile, la gestion du refroidissement, les frottements internes. Et froufrous au bout de l'aiguille, ce bloc cède aux sirènes de l'injection directe et du Stop and Start. Ceci explique cela... et des rejets de CO2 limités (si l'on peut dire...) à 224 g/km.


Le CL500 existe en version 4Matic 4 roues motrices, il perd alors du couple (530 Nm) mais est identique pour le reste.

Les retouches de Mercedes donnent un peu plus de peps à la ligne du CL

Mais il peut aussi adopter des dessous plus coquins. Avec un V12 biturbo de 517 ch. et 830 Nm de couple, il devient CL600, le Chantal Thomass de la bande...

Ce n'est pas tout, car la haute couture possède aussi son département "Sportswear". Et le CL de se décliner en versions 63 et 65 AMG. La première adopte un V8 Bi-turbo de 5,5 litres, 544 ch. et 800 Nm de couple, la deuxième un V12 lui aussi Bi-turbo de 6,0 litres, 630 ch et 1 000 Nm. On touche là à l'Olympe automobile, le Yves Saint Laurent du bitume.

Vous trouverez plus de détails sur ces motorisations dans les fiches techniques. Sachez juste qu'un Pack Performance permet sur le CL63 AMG de passer la puissance de 544 à 571 ch. et le couple de 800 à 900 Nm contre la modique somme de 9 500 € (débridage à 300 km/h inclus...).


Nous avons quant à nous humble couturier testé la mise en pli du CL500 essentiellement, et brièvement du CL63 AMG, qui faute de météo plus clémente et de grève nationale, n'a pas pu se découvrir autant que souhaité. Essayage page suivante...