Lors de l’essai du premier Hyundai Veloster à moteur atmosphérique, nous n’avons pas tout bien compris. Ni roadster, ni véloce, l’engin présenté était pourtant décrit comme garantissant une expérience de conduite sportive tout en étant capable de séduire des clients habituellement attirés par les SUV (?). Vous nous accorderez que la démonstration manquait de clarté, d’autant plus que le Veloster 1.6l GDi se montrait asthmatique, mou du genou et pas superbement positionné tandis que sa vraie belle gueule ne parvenait pas à faire oublier une description officielle bien trop enthousiaste. Nos amis coréens reviennent avec une version Turbo qui doit faire taire les médisants et montrer que les autos du pays que l'ont dit du Matin Calme savent aussi s’énerver.

Essai vidéo - Hyundai Veloster Turbo : lentement mais sûrement

Taux d'émission de CO2 :

157 g/km - Malus : 2 200 €

Début de commercialisation du modèle :

Août 2012

En bref
Hyundai Veloster Turbo
186 ch
4 places – 3 portes
27 500€
Mes retrouvailles avec le Veloster se font sous le signe de la méfiance sachant que la version atmosphérique présentée comme sportive avait démontré quelques grosses insuffisances dans un domaine où elle était censée apporter les preuves du savoir-faire du constructeur coréen. L’ajout au catalogue d’une version Turbo doit combler les lacunes de la version atmosphérique mais un « escargot » est-il suffisant pour transfigurer une dilettante en athlète ? Nous le verrons plus tard mais il faut reconnaître une chose : les ingénieurs (essentiellement basés en Allemagne) ont bûché.






Le 1.6l GDI de 140 ch a été unanimement décrété « creux » et sans peps. En y ajoutant un turbo-compresseur à double entrée et un échangeur air-air, Hyundai lui insuffle enfin du couple à bas régime avec une valeur de 265 Nm disponible dès 1 500 tr/mn, soit 60 % de plus qu’auparavant qui plus est disponibles bien plus bas en régime. Quant à la puissance, elle stagne malheureusement, non pas à 184 comme dit dans un premier temps dans la vidéo mais à 186 ch à 5 500 tr/mn (les USA ont droit à 204 ch), ce qui représente une valeur bien faible face aux reines du segment (celui des Renault Mégane Coupé, VW Scirocco et Opel Astra GTC par exemple) et même à celles des sportives de la catégorie inférieure (Peugeot 208 GTi, Renault Clio R.S, Opel Corsa OPC). A la lecture de la fiche technique, on découvre les travaux réalisés et on se dit que la recherche de la fiabilité fut un objectif prioritaire transformé en un atout commercial sanctionné par la garantie Triple 5 qui accompagne ce Veloster Turbo (5 ans de garantie, d’assistance et de contrôles gratuits). La boîte est pour l’instant manuelle à 6 rapports (la double embrayage plutôt lente n'est proposée que sur l'atmosphérique), elle a le mérite de se faire discrète, en bien comme en mal. Notez que les rapports ont été adaptés aux nouvelles caractéristiques du moteur.


Essai vidéo - Hyundai Veloster Turbo : lentement mais sûrement
Techniquement, les ingénieurs ne se sont pas cantonnés sous le capot et – fort heureusement – le châssis a également été revu. La suspension est plus ferme, les disques de freins augmentent en diamètre (300 mm), les jantes restent en 18 pouces alors que la direction électrique a apparemment fait d’énormes progrès puisqu'elle se montre nettement plus précise qu’auparavant. Bon, il ne faut quand même pas abuser et éviter de pousser trop fort sur routes dégradées au risque de retrouver un léger flou mais avouons que cela ne concernera au mieux que 1 % des clients, tout au plus. Dans un autre registre, le diamètre de braquage de 10,4 m fait toujours sensation en ville.




Mais avant d’avoir pu tester cette direction, on aura auparavant apprécié la nouvelle tenue d’athlète du Veloster qui le fait grandir de 3 cm en longueur et 1,5 cm en largeur (4,25 et 1,805 m). Connu pour son asymétrie originale (2+1 portes) et son design singulier, la version Turbo enfile le justaucorps de l’haltérophile bulgare pour bien nous montrer qu’il en a dans le caisson. Était-ce nécessaire ? Ça déborde gravement du Marcel, le muscle fait saillie sous l'étoffe gris mat, l’échappement central se dédouble, l’aileron s’étire, les moustaches s’épaississent, la gueule s'ouvre et se fait plus agressive, ce qui aboutit à un étonnant constat : si le semi-coupé coréen se retrouve à côté d'une Mégane RS au feu rouge, le quidam profane aura l’impression que le monstre, c’est la Hyundai. Oui mais voilà, le feu passera forcément au vert.


Essai vidéo - Hyundai Veloster Turbo : lentement mais sûrement