S'il est un constructeur qui chute en Europe et qui ne semble pour le moment pas avoir de solution viable, c'est bien Fiat. Malgré des ventes décevantes, le nouveau chef de la marque en Europe, Alfredo Altavilla, devra trouver des solutions pour remettre sur rail le constructeur italien d'ici à 2015.
Fiat, comme PSA ou encore Opel, peine en Europe à cause de la baisse générale de la demande dans la catégorie généraliste, mais aussi parce que les constructeurs se livrent une véritable guerre des prix. D'ailleurs, dans ce domaine, Sergio Marchionne, le patron du groupe Fiat et de l'ACEA (association des constructeurs automobiles européens), a toujours affirmé que la source de tous les problèmes était Volkswagen et sa politique de prix très agressifs.
Au final, c'est dire si la tâche du nouveau patron de Fiat en Europe, Alfredo Altavilla est compliquée. Il doit redresser le constructeur turinois en proie aux suppressions de postes et à des ventes décevantes d'ici à 2015. Pour commencer, il devra absolument s'appuyer sur le succès interne, la 500, qui continuera à être déclinée dans différentes versions comme peut le faire MINI. Automotive News Europe rappelle par ailleurs que les 500, Panda et Freemont représentent à elles seules deux tiers des ventes de Fiat.
Pour réduire les coûts, Fiat réduira drastiquement l'activité de Lancia puisqu'il ne restera plus que l'Ypsilon au catalogue. Cette dernière compte pour 60 % des ventes de Lancia en Italie, où les autos se vendent le mieux. Ce sera la première étape, mais aussi la plus facile pour Altavilla. La plus compliquée sera sans doute de donner une nouvelle envergure à Alfa Romeo, qui n'a que deux modèles à proposer aujourd'hui (Mito et Giulietta). L'arrivée de la 4C sera déjà une première étape, mais il manquera toujours un véhicule destiné aux ventes de masses, et qui ne devrait pas arriver avant 2015. En attendant, les concessionnaires de la marque devront tenir le coup. On rappellera seulement que bon nombre de constructeurs généralistes ont tenté de monter en gamme (Renault avec les Vel Satis et Avantime, pour ne citer que cet exemple), et la plupart du temps, ce fut un échec notoire. Alfa Romeo se lance donc dans une entreprise difficile et il faudra tenir une fois de plus la comparaison avec Audi, BMW, Mercedes ou encore Lexus, véritables benchmarks sur le segment des premium.