Le 9 octobre 2001, le gouvernement prenait la décision de supprimer la vignette automobile. On la croyait enterrée mais finalement, il se pourrait qu’elle réapparaisse en début d’année prochaine sous la forme d’une vignette écologique. Premières explications.
Devant la prise de conscience écologique de plus en plus importante, Nicolas Sarkozy avait promis durant sa campagne présidentielle de mettre en place « un Grenelle de l’écologie ». Après son élection, le nouveau président a donc constitué 6 groupes de travail pour réfléchir à différentes thématiques écologiques ( comme par exemple lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie, préserver la biodiversité et les ressources naturelles, instaurer un environnement respectueux de la santé, etc…
Tout ce qui touche aux transports et déplacements (infrastructures, véhicules) est étudié par le premier groupe de travail composé de nombreux experts de diverses disciplines mais aucune ne touche de près ou de loin à l’automobile. On aurait aimé voir dans ce groupe des représentants des constructeurs ou des associations d’automobilistes du type Automobile Club. Que nenni, une nouvelle fois, on va parler et prendre des décisions sur l’automobile sans en consulter les principaux concernés.
Même si les premiers résultats de ces discussions ne devraient pas être connus avant la mi-octobre, de nombreuses rumeurs font état d’un retour de la vignette, Caradisiac fait le point.
- Sur quelle base ?
Contrairement à la première vignette automobile qui était basée sur la puissance fiscale du véhicule, la vignette écologique pourrait être indexée sur les rejets de CO². Le récent étiquetage énergétique mis en place pourrait être une bonne base de calcul. Les véhicules qui rejetteraient le plus seraient donc les plus taxés. Une excellente nouvelle pour les propriétaires de Toyota Prius mais très mauvaise pour ceux qui possèdent une grosse berline ou un 4x4.
- Quel prix ?
Voici sans aucun doute la principale interrogation. A l’heure actuelle, impossible d’y répondre car rien ne filtre des réunions. On peut imaginer que le gouvernement établisse des catégories qui correspondront à des tarifs respectifs. Pour le calcul du montant, le gouvernement devra également tenir compte de l’âge des véhicules : un critère relativement complexe à intégrer car beaucoup de véhicules anciens ne respectent pas les normes antipollution actuelles. Il faudra s’adapter car dans le cas contraire le propriétaire d’une vieille Renault R30 risque de payer autant que le possesseur d’une BMW Série 5 dernier cri ! Et que dire des voitures de collection !!!
Pour se faciliter la tache, le gouvernement pourrait décider que seuls les véhicules neufs immatriculés à partir d’un 1er janvier prochain pourrait être concernés. Une solution provisoire qui ne concernerait qu’une partie infime du marché.
Géré à partir des années 80 par les départements, le prix du cheval fiscal variait fortement selon votre lieu d’habitation Le même schéma très inégalitaire va t-il être reconduit ? Il y a fort à parier que oui puisque la décentralisation est l’un des mots-clés de la politique actuelle. De nombreuses questions subsistent…
- Pourquoi faire ?
En 1956, date de sa création, la première vignette automobile avait pour but de financer le Fond National de solidarité destiné à garantir un revenu minimum à toutes les personnes âgées de plus de 65 ans. Elle fut ensuite très critiquée parce qu'elle avait perdu sa vocation première et ne finançait plus ce pour quoi elle avait été créée. Elle constituait donc simplement un impôt supplémentaire. Pour que les Français comprennent la réintroduction de cette vignette, le gouvernement devra clairement expliquer son but ainsi que son rôle. Cette vignette sera-t-elle intégralement destinée à l’écologie ? Réponse dans quelques mois.
- Un impôt juste ?
Même si beaucoup d’automobilistes pestaient contre la vignette, étonnamment comme en attestent les nombreux messages laissés sur les forums, beaucoup d’entre vous estimaient qu’il s’agissait d’une taxe plutôt juste car les personnes qui achètent des voitures puissantes et coûteuses sont censées pouvoir payer ce type d’impôt. Cette philosophie devrait demeurer.
Reste à savoir maintenant si vous êtes prêts à subir une nouvelle taxe.