Un Diesel chez Porsche, jamais, au grand jamais. C’est ce que les dirigeants de la marque affirmaient il y a encore une paire d’années, la main sur le cœur (mais il est vrai, sans se pincer le nez avec l’autre). Avec l’arrivée du Cayenne en 2002, les fervents de la marque au cheval cabré étaient déjà sur leur garde; espérons qu’ils sont maintenant blindés, car entre le gros SUV qui passe au Diesel et l’apparition d’une berline dans la gamme, l'ortodoxie en prend un coup. Si les puristes crient au scandale, nécessité fait loi ; cette révolution gazolée chez Porsche est tout simplement dictée par le pragmatisme.

Les raisons conjoncturelles d’abord, la crise économique persistante d'une part et de l'autre, la disponibilité de cette mécanique facilitée par le fait que Porsche soit maintenant majoritaire dans le capital de Volkswagen AG. Plus cruciales encore, les raisons liées à l’environnement réglementaire, aussi bien européen que français, expliquent le passage à l’acte.

En France, les SUV Diesel représentaient en 2008 pas moins de 91 % du marché (99 % des ventes du Touareg), les hybrides 1%, Porsche se contentant d’être le principal bénéficiaire des 8 % restants, avec un millier d’unités vendus les meilleures années. L'instauration du bonus/malus écologique a renforcé cette tendance à la diéselisation du parc. La mise en place du super malus annuel de 2 600 € au delà de 250 g de CO2 par kilomètre a engendré une très forte baisse des vente du Cayenne V6 (crédité de 310 g) qui représentait à lui seul 40 % des ventes du modèles les années précédentes. Afin de stopper l’hémorragie, la solution la plus simple résidait dans l’implantation du 3 litres TDi des Audi Q7 et Volkswagen Touareg. Au niveau européen, l’abaissement des rejets de CO2 demandés aux constructeurs par la Commission sous peine de sanctions financières a également incité Porsche à passer au Diesel. D’autant que les pénalités pour les mauvais élèves tomberont dès 2012, et deviendront vraiment dissuasives en 2015, et plus encore en 2020.

Pour certains, alors qu'une version hybride se profile, proposer un Diesel sur le Cayenne tient d’une politique à courte vue et risque d’écorner une image sportive et technologique patiemment bâtie sur des décennies. L’avenir nous le dira si c'était un bon choix.