Cette berline allemande au noble moteur V6 est une affaire !
Bien agréable 6-cylindres 3,2 l, ligne élancée, équipement riche, l’Opel Vectra GTS 3.2 s’adresse aux mélomanes qui cherchent une familiale rare et sympa. Très peu chère, cette berline 5 portes se révèle également fiable, mais encore faut-il en trouver une...

Bien avant Audi et BMW, Opel a produit une berlines cinq portes stylées aux faux-airs de coupé. L’A5 Sportback ? La Série 4 Gran Coupé ? De pâles copies ! Vous l’aurez compris, il y a ici un peu de provocation, mais pas uniquement. La marque au Blitz depuis l’Ascona de 1981 décline sa familiale moyenne en berlines à coffre séparé et à hayon. Initialement, cette dernière ne sert qu’à apporter davantage de praticité, et cela se poursuit avec la Vectra, qui remplace l’Ascona en 1988.
Renouvelée en 1995, la Vectra sombre alors aux fins fonds de la fosse de la non-fiabilité, de sorte que pour sa troisième génération, codée C, le constructeur opère des changements drastiques. Déjà, la voiture est dessinée pour inspirer avant tout la solidité, alors que sa devancière cherchait aussi à charmer. De plus, désormais, la variante bicorps se veut plus sportive et dynamique que la tricorps, tout en conservant son hayon, et se voit nommée GTS. Révélée au salon de Genève 2002, la Vectra C bénéficie d’une toute nouvelle plate-forme et se dote d’un essieu arrière multibras, très moderne.

Rigoureux, cet ensemble n’a pas peur des fortes puissances, d’ailleurs, un beau V6 3,2 l tout alliage est proposé sur la GTS, qui développe 211 ch grâce à ses 24 soupapes et ses 4 arbres à cames en tête. Oui, à l'époque, on peut s'offrir une berline généraliste dotée d'un moteur noble, comme la Renault Laguna V6, la Peugeot 406 V6, ou encore la Ford Mondeo V6. Deux boîtes à 5 rapports sont au programme, l’une manuelle, l’autre automatique. Les performances se révèlent assez alléchantes : 248 km/h au maxi, pour un 0 à 100 km/h en 7,5 s.
Posée sur une suspension affermie alliée à une assiette abaissée de 20 mm face à la 4 portes, la GTS dispose aussi d’une direction plus rapide et d’un ESP de série. Son équipement se révèle plutôt riche : 6 airbags, clim auto bizone, jantes de 17 en alliage, radio CD, ordinateur de bord, régulateur de vitesse… A 27 900 € (40 800 € actuels selon l’Insee), le prix de la Vectra GTS 3.2 demeure raisonnable. Hélas, elle demeurera confidentielle et disparaîtra pour 2005, à l’occasion du restylage. La plus radicale OPC la remplace alors.

Combien ça coûte ?
On s’en doute, la Vectra 3.2 demeure rare sur le marché français. Mauvaise image d’Opel oblige, elle aussi très abordable : de 4 500 € pour une auto de plus de 200 000 km à 9 000 € pour un bel exemplaire de moins de 100 000 km.

Quelle version choisir ?
La plus saine possible, dotée de ses factures d’entretien. Une bonne partie des exemplaires présents en France ont été importés, ce qui n’est pas un problème si l’entretien a été suivi. Mais l’équipement ne sera pas forcément le même que sur les autos immatriculées initialement dans l’Hexagone.

Les versions collector
Toutes ou aucune ! La Vectra, c’est un peu la Laguna d’Opel, une voiture maudite dont personne ne veut. Toutefois, un exemplaire impeccable, peu kilométré, dans une couleur étrange et bien optionné pourra retenir l’attention d’un fan du Blitz.

Que surveiller ?
Les efforts d’Opel en matière de fiabilité ont porté leurs fruits sur la Vectra C. La 3.2 est mécaniquement très fiable, en ayant bénéficié de l’entretien qu’elle mérite. Cela implique de changer la courroie de distribution du V6 Z32SE tous les 120 000 km (ou 8 ans), une opération réclamant un certain budget.
La transmission est solide (attention à bien vidanger l’automatique avant 100 000 km), même si les cardans peuvent avouer des faiblesses. Dans l’habitacle, le vieillissement est globalement bon, même si les boutons de commandes ne sont pas toujours fonctionnels. Attention aussi aux pépins électriques, normal pour une auto de cet âge.
Enfin, sur les exemplaires achetés dans des zones très salées l’hiver, examinez bien les soubassements : la rouille y fait parfois des dégâts, notamment du côté du berceau moteur. Un bilan très positif mais entâché d’un sérieux problèmes : certaines pièces spécifiques sont difficiles à trouver, tout comme les garagistes acceptant d’entretenir ces autos, GM n’étant pas très motivé pour fournir les éléments à changer depuis le rachat d’Opel par Peugeot.

Sur la route
Comme dans bien des Opel, la position de conduite de la Vectra C GTS se révèle bien étudiée, et le siège offre un bon maintien. Au démarrage, quelle douceur ! Le moteur n’émet aucune vibration, puis se signale par sa grande souplesse. Onctueux, il marche mieux passé 2 000 tr/min, et distille ensuite une bien jolie sonorité, alliée à de bonnes performances.

Un bloc raffiné et musical, mais pas sportif, les performances étant convenables et la poussée linéaire. En réalité, il se déguste en conduite coulée, où son agrément surprend. La boîte 5, un peu longue mais plaisante à manier, lui convient bien mais révèle que la vraie destination de la GTS reste l’autoroute. Là, l’Opel dispose d’une belle allonge, doublée d’une stabilité excellente. Le niveau sonore contenu ajoute à l’ambiance apaisée, alors que la suspension préserve un confort très acceptable.

Sur route sinueuse, la Vectra se débrouille très correctement, mais si malgré sa précision et sa consistance, la direction manque de ressenti. Le châssis rigoureux rassure, la tenue de route est irréprochable, mais l’arrière rivé au sol et le manque d’agilité n’incitent pas à attaquer. Dommage, car l’allemande freine fort. Enfin, elle consomme moins de 10 l/100 km en moyenne quand on roule cool.
L’alternative youngtimer
Opel Vectra 2.5 V6 (1993 – 1995)

Lors de sa présentation en 1988, l’Opel Vectra de première génération étonne. Moins par sa ligne, certes moderne et très aérodynamique mais classique, que par sa qualité générale. Sa finition vaut largement celle de la Volkswagen Passat 35i contemporaine ! Remportant un grand succès commercial, la Vectra monte en gamme lors de sa mise à jour de 1993. En effet, elle adopte alors un noble V6 2,5 l, développant 170 ch.
Fine et légère (1 245 kg), l’Opel, devient alors très rapide (230 km/h en pointe) tout en franchissant les 100 km/h en 7,8 s. Presque aussi bien que la GTS 3.2 ! La Vectra 2.5 bénéficie aussi d’un équipement riche pour son époque, incluant l’ABS, le double airbag, la clim et les quatre vitres électriques : elle est plus confort que sport. Ce que confirme son comportement sûr mais chaloupé. A partir de 5 000 €.
Opel Vectra GTS 3.2 (2007), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en V, 3 175 cm3
- Alimentation : injection électronique
- Suspension : jambes McPherson, triangles, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AV) ; essieu multibras, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 5 manuelle ou automatique, traction
- Puissance : 211 ch à 6 200 tr/min
- Couple : 300 Nm à 4 000 tr/min
- Poids : 1 450 kg
- Vitesse maxi : 248 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 7,5 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces d'Opel Vectra C, rendez-vous sur le site de La Centrale.








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