Cette invention française a révolutionné l’usage de la voiture
Une pression sur une télécommande, et hop, les portières de votre voiture se déverrouillent : c’est la magie du Plip. Un accessoire bien pratique popularisé par Renault, qui ne l’a toutefois pas inventé.

D’une certaine manière, c’est un peu à cause d'un certain des plus épouvantables dictateurs de l'Histoire. La Nuit de cristal, en 1938, entraine la fuite d’un immigré roumain et juif, Abram Neiman, ingénieur fabriquant des pièces de moto. Notamment, un système antivol révolutionnaire qui porte son nom : le neiman. Il se réfugie en France, et après la Seconde Guerre Mondiale, où il met en production ses idées. Son dispositif, utilisé pour la première fois en grande série sur la Renault 4 CV Luxe, remporte un grand succès, qui lui permet de racheter notamment les sociétés Simplex et Klaxon.

Ingénieur, industriel et homme d’affaires, Neiman sait s’entourer de gens ingénieux, dont un certain Paul Lipschutz. Celui-ci, qui dirige son usine d’antivols, est aussi ingénieur. Il ne cesse de travailler à l’amélioration des systèmes de verrouillage, notamment les serrures. Par exemple, c’est à lui qu’on doit le petit cache qui se referme à l’entrée du barillet pour empêcher l’humidité d’aller corrompre le mécanisme de verrouillage. Celui-ci se bloque quand il grippe et pour circonvenir définitivement ce souci, Lipschutz continue à chercher.

Inspiré par les télécommandes de porte de garage motorisée, il trouve une solution très moderne, recourant à l’électricité et aux infrarouges. Un boîtier, sur sollicitation, envoie un signal spécifique qui est reconnu par un récepteur auquel il n’est pas relié. Ledit récepteur l’accepte et en conséquence actionne le déverrouillage électrique des portières. En clair, on appuie sur une télécommande, et la voiture s’ouvre, sans clé. Paul Lipschutz invente le principe en 1978, et dépose le brevet en 1979 en donnant à son invention appellation facile à retenir, inspirée de son prénom et son nom : le Plip.

Renault sera le premier constructeur à adopter le Plip en série, dès 1982, sur la Fuego Turbo, puis tous les autres suivront. La quasi-intégralité de la production automobile mondiale s’équipera de ce dispositif très pratique, mais toujours accompagné d’une clé et d'une serrure, qui rassurent les utilisateurs. Il faut dire aussi qu’au début, tout n'était pas parfait. Le déverrouillage n’avait lieu que si on visait le récepteur, dans une limite d’1,50 m environ. Quoi qu'il en soit, le Plip deviendra si populaire qu'il deviendra un nom commun, comme frigidaire, sopalin ou... neiman.

Par la suite, on a remplacé le signal infrarouge, par ailleurs facile à pirater, par un système à ondes radio, bien plus sûr. L’évolution allait continuer, avec une autre innovation portée par Renault : la carte mains libres. Mais ceci est une autre histoire…








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