La Renault Fuego Turbo, star du stand Caradisiac à Rétromobile 2026 (vidéo)
C’est ce coupé rouge feu qui ornera le stand de Caradisiac de Rétromobile. Une Renault Fuego Turbo, emblématique du style et de la technologie de la Régie au début des années 80. Une voiture rare, que nous vous proposons de redécouvrir.

Chez Caradisiac, on aime bien ne rien faire comme les autres. Pour notre grand retour en tant qu’exposant au salon Rétromobile 2026, nous avons choisi une auto décalée, qui sera peut-être la seule de son espèce lors de la grand-messe parisienne de l’automobile ancienne. Alors que les Jaguar Type E, Ferrari 250 et autres Mercedes 300 SL y sont d’une banalité confondante tant elles y pullulent, la voiture que nous avons choisie est à la fois plus modeste et plus exclusive.
Il s’agit d’un modèle des années 80 qui a déserté nos rues, après avoir été de son « vivant » ringardisé, comme d’autres de la même catégorie, par les petites bombes souvent badgées GTI : la Renault Fuego. Capable de susciter des sourires un rien narquois à la simple évocation de son nom, ce coupé se signale pourtant par un design novateur, qui a marqué les esprits lors de sa sortie en 1980.

En effet, la Renault annonçait la mode du bio-design, avec ses lignes fluides et courbées, qui n’empêchent pas l’obtention Cx de 0.34, excellent à l’époque. Dessinée par Michel Jardin sous l’égide de Robert Opron (pour faire simple), la Fuego annonce nettement la R11, par son hayon en bulle de verre, et la R25, par la bulle également mais aussi le montant arrière, la fluidité générale et la forme des boucliers. Hélas, le coupé n’est, techniquement, qu’une R18 dotée d’un train avant de R20, R18 qui ne diffère guère de la R12 de 1969.

Pas très moderne donc, avec ce moteur en porte-à-faux avant et cet essieu arrière rigide, mais la Renault va abattre des cartes intéressantes. Tièdement accueillie par une clientèle qui est en train de délaisser les coupés, elle innovera plusieurs fois, d’abord en 1982 en devenant le premier de sa catégorie en Europe à se doter d’un moteur turbo-diesel, le Douvrin en 2,1 l de 88 ch étrenné par la R30. Accessoirement, la Fuego Turbo-D deviendra brièvement le diesel le plus rapide du monde, passant largement les 170 km/h. . Elle surprend encore en inaugurant la télécommande d’ouverture des portes, le fameux « Plip ». Reste que le concept de coupé brûlant du mazout laissait et laisse toujours la clientèle assez sceptique.

La Fuego revient à la charge (dans tous les sens du terme) un an plus tard en récupérant le bloc 1,6 l suralimenté de la R18 Turbo. Sauf qu’elle le pousse de 125 ch à 132 ch, et ainsi dépasse les 200 km/h, tout en effectuant le 1 000 m DA en moins de 30 s. Signalée par de belles jantes BBS et de généreux autocollant vantant sa suralimentation, la Fuego Turbo s’équipe aussi d’un nouveau tableau de bord pouvant recevoir une chaîne hifi dotée d’un satellite de commande, un accessoire novateur qui équipe toujours bon nombre de Renault, et peut même se doter d’un ordinateur de bord, équipement fort rare en 1983.

C’est cette version que Renault nous prête pour orner notre stand au salon Rétromobile, un exemplaire rouge de 1984, en superbe état (il n’aurait reçu en guise de restauration qu’une nouvelle peinture) et ne totalisant que 66 000 km d’origine. A l’intérieur c’est du Renault années 80 pur sucre. Sièges « pétale » mous et confortables, tableau de bord à casquette, pléthore de petits équipements sympas : vitres et rétros électriques, fermeture centralisée, spots de lecture à gogo, chaîne hifi commandée par satellite au volant, ordinateur de voyage, jauge à huile au tableau de bord, volant réglable. Tout y est ou presque ! Ne manquent que la sellerie cuir et la clim, en option.

On est bien installé, et au démarrage, on retrouve la sonorité du bon vieux « Cléon Alu » inauguré par la R16 en 1965. Les moteurs turbo de l’époque sont réputés pour leur temps de réponse, soit le gap entre le moment où on écrase l’accélérateur et l’entrée en action de la turbine, qui souvent se solde par un « coup de pied aux fesses ». Ce dernier phénomène est particulièrement marqué sur la Porsche 930 par exemple. Mais la Fuego ? Le temps de réponse est bien là, mais le turbo entre en action de façon plutôt progressive vers 3 000 tr/min et souffle à plein à 3 500 tr/min.

En clair, avant ce régime, la Renault se comporte de façon docile et souple mais sans mollesse (au contraire de Porsche, complètement inerte !), mais ensuite, elle vous colle gentiment au siège, dans une poussée franchement agréable ! Les performances de ce bloc à la suralimentation maîtrisée en surprendront plus d’un… Pour le reste, la commande de boîte pâtit d’un guidage moyen (on rentre aisément la 3e au lieu de la 1ère), mais la direction séduit par sa précision et sa consistance, alors que la suspension prodigue un confort plaisant renforcé par un niveau sonore contenu.

En somme, une jolie petite GT française, rappelant certes la Porsche 924, et que les essais d’époque ont plutôt valorisée, même si le train avant et la motricité manquent de rigueur en conduite active. Assurément, et en particulier lorsqu’elle se pare d’un turbo, la Fuego mérite infiniment mieux que l’image ringarde qu’on lui affuble depuis pratiquement sa création. L’exemplaire testé sera visible sur notre stand dans le hall 4, et on pourra peut-être vous en ouvrir les portes.
La Fuego, star du show-biz

On le sait peu, mais en 1980, un artiste a dédié une chanson à la Renault Fuego, un certain Richard Lord. Le titre : « Fuego rock ». Second degré ? Absolument pas ! En réalité, il s’agit d’une commande de Renault, destinée à la promotion de la Fuego. Et l’artiste monégasque produira pas moins de quatre titres, gravés sur deux disques 45-tours. A signale aussi, l'inoubliable "Mon nom est Fuego" dont nous ne résistons pas à vous livrer cet extrait:
Renault t'a présenté à Monte-Carlo
Tu es un nouveau coupé nommé Fuego !
Tu as du punch, tu es racé et très beau
On n'a pas fini de vanter ton brio
Fuego, tu es fantastique.(...)

Plus connue est l’utilisation intensive de la Renault par Kad Merad, accompagné d’Olivier Baroux, dans le show de la chaîne Comedie intitulé « La grosse émission », mais aussi et surtout dans la comédie parodique « Mais qui a tué Pamela Rose », où il la qualifie de « voiture de collection de prestige ». A l’évidence, l’acteur humoriste joue à fond sur l’image peu valorisante de la Renault, et ça fonctionne. Aussi bien pour Richard Bullitt, son personnage, que pour la voiture, qui revient sur le devant de la scène en acquérant une image sympa. Elle apparaîtra aussi dans la suite "Mais qui a re-tué Pamela Rose" ainsi que dans la série Pamela Rose.
Rétromobile 2026
Informations pratiques
Achetez vos billets pour Rétromobile
Du mercredi 28 janvier au dimanche 1er février 2026 au parc des expositions, Porte de Versailles, 75 015 Paris. Le salon se tiendra dans les pavillons 1, 2 et 3.
Tarifs :
Plein tarif en prévente : 20 € (21 € après J -7)
Tarif sur place : 25 €
Avant-première : 60 €
Enfants de moins de 16 ans : 12 €
Enfants de moins de 12 ans : gratuit
Horaires :
Mercredi 28 janvier : de 10h à 19h
Jeudi 29 janvier : de 10h à 20h30
Vendredi 30 janvier : de 10h à 22h
Samedi 31 janvier : de 10h à 20h30
Dimanche 1er février : de 10h à 19h
Toute l'équipe de Caradisiac sera présente pendant l'intégralité du salon dans le hall 4, n'hésitez pas à venir nous voir !

















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