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La valeur des voitures diesels s'effondre sur le marché de l'occasion

Dans Economie / Politique / Marché

Florent Ferrière

La valeur des voitures diesels s'effondre sur le marché de l'occasion

Les moteurs diesels sont de moins en moins prisés par les particuliers, même en occasion. Résultat : les vendeurs sont obligés de baisser le prix de leur auto.

Il y a quelques semaines, on évoquait les effets du désamour du diesel sur les locations, LOA et LLD. Mais pour beaucoup de conducteurs, le déclin de la demande pour les moteurs diesels a une conséquence immédiate plus inquiétante : une décote accélérée des véhicules carburant au gazole. C'est le jeu bien connu de l'offre et de la demande. Et malheureusement, des deux côtés de la balance, la situation n'est pas bonne, et cela ne va faire qu'empirer dans les années à venir.

Une offre qui augmente

La part du diesel dans les immatriculations de voitures neuves s'est effondrée ces dernières années. Selon le CCFA (comité des constructeurs français d'automobiles), sur les dix premiers mois de 2017, elle est de 47,5 %. En 2012, elle était de 73 %. En toute logique, l'évolution des proportions sur le marché de l'occasion va se ressentir avec un décalage de plusieurs années. D'ailleurs, sur l'ensemble du parc roulant français, la part du diesel chez les voitures particulières commence tout juste à reculer, passant entre 2015 et 2016 de 62,2 à 61,6 %.

Pour l'occasion, le diesel est ultra-dominateur. Une étude de la start-up Bonnie&Car, spécialisée dans l'accompagnement des particuliers pour la vente de leur auto, révèle que 85 % des vendeurs de la plate-forme ont un diesel !

+ une demande qui baisse

Logique de retrouver les mêmes évolutions des goûts sur le marché de l'occasion que sur le neuf. Les raisons sont les mêmes. Il y en a trois principales. Déjà, les nombreux scandales et soupçons ont terni l'image de ce carburant. Ensuite, les restrictions de circulation inquiètent, car ce sont les diesels qui sont avant tout concernés et seront de plus en plus bannis dans les grandes métropoles (Paris veut interdire tous les diesels en 2024). Enfin, l'alignement des prix à la pompe, qui va se faire progressivement d'ici 2021, va finir par achever le diesel.

= une décote prononcée

Forcément, avec une telle addition, la conséquence est facile à deviner : la valeur des modèles diesels sur le marché de l'occasion baisse. Maxime Grandjean, fondateur de Bonnie&Car, a ainsi déclaré : « Nos vendeurs diesel ne comprennent pas la dévaluation rapide de leur véhicule. La plupart sont restés dans le schéma que le véhicule diesel s'achetant plus cher se vendra plus cher également. Mais ce principe est en train d'être complètement bousculé ».

La société donne ainsi un exemple, avec un Nissan Qashqai Tekna de 2015, qui a entre 50 000 et 100.000 km. Sa cote sur le site La Centrale est de 19 000 €. L'équivalent essence est à 18 500 €. Dans la réalité, le diesel se vend plutôt autour de 18 000 € et l'essence environ 20 000 € !

Le moment des bonnes affaires

Preuve que la vente d'un diesel devient plus difficile : Bonnie&Car indique qu'il faut 6 acheteurs intéressés pour conclure une transaction, contre 5 pour un véhicule essence. Le délai est aussi plus long d'une semaine avec le diesel. Et les clients en profitent : ils réclament un geste plus important avec un moteur abreuvé au gazole !

C'est d'ailleurs les acheteurs qui ont le pouvoir en ce moment. C'est l'opportunité de réaliser une bonne affaire. Il est encore intéressant d'acheter un diesel, si vous faites au moins 15 000 à 20 000 km par an, car le prix à la pompe restera plus avantageux encore quelques années et les consommations sont moindres. La décote prononcée et la facilité pour négocier permettront de compenser l'entretien plus onéreux… et en partie la décote de celle qui va devenir votre future voiture. En devenant ou restant « diéséliste », vous serez à votre tour exposé à la forte décote. Mais si vous êtes du genre à pousser à bout vos autos, foncez.

Si vous êtes vendeur, il va probablement falloir faire un effort et accepter de perdre un peu plus d'argent. La tâche ne sera pas facilitée par le traditionnel effet de psychose, celui qui par exemple vide les stations-service quand le mot pénurie est prononcé dans les médias. Ici, de plus en plus d'automobilistes pourraient être tentés de se débarrasser de leur diesel au plus vite, avant une impression de "trop tard". Ce qui va entretenir le cercle vicieux de la décote.

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