Les amoureux de la bagnole sont-ils tous des « microfascistes » ?
Pour le philosophe autrichien Kilian Jörg, la passion pour les belles mécaniques cache une réalité bien plus sombre. Dans son dernier essai, il qualifie les automobilistes de « microfascistes » au volant de leurs « chars d’assaut ». Entre analyse pertinente de l’hégémonie du bitume et dérive culpabilisatrice frôlant la névrose, ce réquisitoire dynamite le mythe de la liberté sur quatre roues.

Que tous les bagnolards, les fans de la belle machine, prennent un verre d’eau, s’assoient tranquillement et respirent un grand coup. Car ils ne le savaient sans doute pas, mais ce sont tous des microfascistes. En somme, des nazis, mais en mode soft. Leur bagnole ? Une émanation du char d’assaut. En plus les fans de ces engins sont des masculinistes toxiques. Pas moins.
Ce constat, risible mais terrible, est l’œuvre d’un philosophe écologiste autrichien, Kilian Jörg qui a publié un essai au lance-flamme qui a, pour principale qualité, de ne pas dépasser 160 pages.
Le totalitarisme sur roues ?
Rien que le sommaire de cet Auto - destruction laisse perplexe. Après le chapitre « L’inscription du danger de mort dans le quotidien », on trouve, un peu plus loin, « L’homme, la mort et la machine », le tout entrecoupé de notre fameux fascisme, à toutes les sauces, de « l’héritage matériel du fascisme » au « fascisme et capitalisme consumériste », en passant par le désormais célèbre « le microfascisme en chacun de nous ».
Kilian Jörg voit donc des fascistes partout, surtout derrière le volant, même quand ils sont coincés dans les bouchons péage de St Arnoult, en famille, un jour de départ du week-end du 1er mai, dans une auto surchargée de bagages et d’enfants qui n’attendent qu’une chose : que ça s’arrête.

Mais au-delà de cette lubie, qui confine à la névrose, l’auteur peut s’avérer efficace lorsqu’il se livre à l’analyse de l’emprise de l’automobile. C’est vrai qu’en un peu plus d’un siècle elle a agi en souveraine sur la planète, en transformant totalement l’urbanisme de nos villes et de nos campagnes.
Mais à sa décharge, elle a désenclavé les secondes, au prix, il est vrai, de l’asphyxie des premières. C’est tout à fait exact aussi que depuis son avènement, elle a tué plus d’humains que les deux guerres mondiales, mais comme disait Woody Allen, « la vie est une maladie mortelle ».
Le nazisme autoroutier ?
Reste que la voiture est, et l’auteur a raison sur ce point, l’un de ces bonheurs qui peut se révéler toxique, l’un de ces plaisirs certainement moins sain qu’une séance de running, quoique les accidents cardiaques sont en nette augmentation depuis que cette pratique est à la mode.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce qu’Adolf Hitler a lancé son grand plan d’autobahn en Allemagne pour montrer la puissance du nazisme, que tous les automobilistes qui les empruntent aujourd’hui, elles et leurs copines autoroutes, highways ou autostrada, sont des fascistes en puissance.




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