Les robots ouvriers dans les usines, ce n’est pas pour demain, mais pour tout de suite
Alors que Renault teste déjà son premier humanoïde à l’usine de Douai et que les levées de fonds s’affolent dans la tech, l’automobile européenne accélère sa mue robotique. Officiellement déployés pour soulager les ouvriers des tâches pénibles, ces droïdes s’imposent surtout comme une arme pour réduire les coûts face à la Chine. Et pour prévoir un futur ou l’auto ne prendra plus toute la place.

Ils s’appellent 4NE1 chez Neuro Robotics, et plus humainement Calvin chez Renault. Mais tous deux sont appelés à la même fonction : travailler dans les usines d’assemblage d’automobiles pour aider, du moins à court terme, les ouvriers des chaînes de montage.
Hasard étrange des calendriers médiatiques, Renault a présenté en début de semaine son robot humanoïde baptisé Calvin, un nom inspiré de Susan Calvin, personnage d’un roman de science-fiction d’Isaac Azimov. Et neuro Robotics, son droïde à lui, deux jours plus tard.
Pas question de remplacer les humains ?
Ce cher calvin est actuellement en période d’apprentissage auprès de l’équipe de nuit de l’usine de Douai qui assemble notamment la R5. Et une fois formé, lui et ses 350 cousins seront répartis dans les unités de production françaises et espagnoles du groupe dans une petite année.
Pour y remplacer des ouvriers de chair et d’os ? Du tout, affirme la direction de Renault. Au contraire, Les robots Calvin n’auraient qu’un but : décharger les humains des tâches pénibles, pas de supprimer des emplois, puisque l’engin est capable de soulever des masses importantes, même, si, pour le moment, il se contente de pneus de 25 kg.
Cette course à la robotique n’est pas seulement engagée par le losange, elle l’est aussi en Allemagne ou Neura Robotics coopère avec Bosch et Schaeffler. Ces équipementiers entraînent eux aussi des robots – ouvriers dans leurs usines en coopérant avec la start-up qui vient d’effectuer une levée de fonds de 1,4 milliard de dollars, ce qui la valorise à 7 milliards de dollars. Pas mal pour une entreprise qui vient de fêter ses six ans d’existence. Cette somme témoigne de l’importance de la course à l’armement robotique dans l’industrie automobile, mais pas seulement.
Bien sûr les constructeurs européens, et leurs équipementiers doivent lutter contre leurs homologues chinois en réduisant leurs coûts. C’est bien pour cela que l’argument humaniste de maintien des effectifs et des robots destinés à se contenter d’aider les ouvriers semble court-termiste. Mais il est une autre raison qui explique l’intérêt de la filière auto pour les robots : la diversification.
Les chinois le disent haut et fort, et Elon Musk aussi : d’ici dix ans, le business automobile ne devrait peser que pour 50 % dans leurs activités. Le reste ? L’IA, bien sûr, mais aussi la robotique. Selon une étude de Bank of America, il y aura sur la planète, dès 2050, plus de robots sur la planète que de voitures. Et l’on en compte actuellement 1,5 milliard de véhicules en circulation dans le monde.
30 millions de robots dans 15 ans
D’où l’intérêt des industriels de l’auto pour ce phénomène dont ils espèrent tirer des profits, sur leurs coûts de production, bien sûr, mais aussi sur la fabrication et la vente de ces robots humanoïdes à d’autres secteurs industriels, mais aussi auprès des particuliers.
C’est pour cette raison que le losange a pris des parts dans le capital de Wandercraft, la start-up maman de Calvin. Une prise de participation que Renault a bien l’intention de rentabiliser dans la décennie à venir, puisque les prévisions de multiplication de ces robots sont gigantesques et, avant qu’ils n’écrasent le business de l’automobile, est évaluée à 30 millions d’ « individus » dans le monde dans 15 ans seulement.




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