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Fête nationale : quelle auto acheter pour rouler français sans se ruiner ?

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

Le défilé du 14 juillet célèbre le Made in France, mais dans l’automobile, les troupes sont clairsemées. Entre des citadines tricolores assemblées en Turquie ou au Maroc et des usines françaises réservées aux grands SUV au 100 % électrique, rouler français à prix raisonnable est devenu presque mission impossible. Sauf chez Toyota qui fabrique toujours sa petite Yaris dans le Nord de l’hexagone.

Fête nationale : quelle auto acheter pour rouler français sans se ruiner ?
Toyota Yaris : la seule citadine made in France est Japonaise.

C’est la fête nationale et celle du savoir-faire français. En ce 14 juillet, les Champs-Élysées se pavoisent, et les avions de chasse, les blindés, les uniformes comme les voitures officielles de la République célèbrent le made in France.

Mais quid des autos des Français, hormis celle d’Emmanuel Macron ? For sure, elles sont de moins en moins hexagonales. Même si les plus vendues portent des noms bien d’ici, elles sont la plupart du temps assemblées au loin.

Stellantis fait mieux que Renault

La Clio, toujours dans le trio de tête des mieux vendues en France ? Elle est fabriquée en Turquie depuis plusieurs générations et sa dernière version l’est également en Slovénie. Son ennemie de toujours, la Peugeot 208 ? Elle est assemblée en Slovaquie et à Kénitra au Maroc. Seule la e-208 sort des chaînes de Trémery près de Metz.

Mais dans ce cas, quelles sont les autos françaises assemblées en France (sachant que nombre de leurs pièces proviennent néanmoins de l’étranger) ? À ce jeu, le grand gagnant reste Stellantis. Car chez Renault, seules les électriques et les VU sont made in par ici. La star R5, la R4, le Scenic et la Megane sortent des chaînes de Douai, et le Trafic de celles Sandouville, alors que le Kangoo naît à Maubeuge.

Alors, si l’on veut rouler Français et made in France, sans pour autant choisir une camionnette ou un VE, il faudra opter pour le blason Peugeot. Dans l’Est, à Mulhouse comme à Sochaux, on fabrique des 308, des 3008, des 5008 et des 408.

Peugeot 308 : la seule compacte thermique française assemblée en France.
Peugeot 308 : la seule compacte thermique française assemblée en France.

Mais très étonnamment, leurs cousines Citroën ne sont pas assemblées en Alsace ou en Franche Comté. Il faut traverser la France pour trouver le C5 Aircross des Chevrons, made in Rennes La Janaie ou des copines chinoises de Dongfeng vont bientôt le rejoindre. Quant aux autres modèles de la marque, ils sont très méditerranéens, puisque les Berlingo et C4X sont Espagnols et Portugais, alors que plus slaves, les C3 et C3 Aicross sont slovaques.

Mais du coup, en dehors des autos grandes (et logiquement plus chères) est-il donc impossible de s’offrir du 100 % made in France ? La citadine, un genre délocalisé depuis longtemps en raison de coûts de revient trop élevés dans l’hexagone, n’est française que si elle est électrique, avec les R4 et 5, ma donc mais aussi avec l’Alpine A290 assemblée à Dieppe. Évidemment, elle n’entre pas dans les critères de l’auto pas chère, tout comme sa grande sœur A390. Même problème, même si leurs tarifs sont plus bas qu’à Dieppe, pour la Nissan Micra et la future petite électrique Ford qui sortent des moules de Douai.

Mais côté thermique et citadine, la source semble tarie. Sauf à Valencienne ou une auto peut se targuer d’être 100 % française depuis 25 ans, même si son blason est japonais, C’est la Toyota Yaris et sa variante Yaris Cross. Certes, les tarifs du constructeur ne sont pas les moins élevés.

Yaris : l’exception hexagonale

Bien sûr, l’usine d’Onnaing a connu une baisse de production en ce début d’année, mais jamais le Japonais n’a émis la moindre menace de s’en aller assembler ailleurs qu’en France ses petites autos, après avoir dépassé les 10 millions de Yaris produites dans le monde.

Et pourtant, dans les Hauts de France, les charges sociales et toutes les taxes qu’acquittent les entreprises sont les mêmes qu’à Rennes ou Mulhouse. Et pourtant Toyota n’est pas une entreprise particulièrement marxiste. Et pourtant, si elle perdait de l’argent avec ses citadines elle se dépêcherait elle aussi de délocaliser son usine.

Il faut croire que nos constructeurs nationaux n’ont pas le mode d’emploi du kaizen, qui se revendique comme une amélioration continue de la qualité comme du process industriel. Mais peut-être que ce bréviaire Toyota n’est pas disponible en Français.

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