1 000 km en Citroën C5 Aircross : le nouveau SUV aux chevrons est-il un bon compagnon de route ?
Avec son nouveau C5 Aircross, Citroën propose un retour à la familiale essentielle : un SUV spacieux, confortable et proposant, à prix raisonnable, un moteur turbo essence suffisamment puissant sur le papier et annoncé peu gourmand grâce à une hybridation, légère cela dit. De quoi en faire un vrai bon plan pour les budgets serrés ? C’est ce que nous allons voir sur une boucle passant par la Bourgogne et les Pays de la Loire, en passant par les plus beaux châteaux de la moitié nord de l’Hexagone, et quelques villages pittoresques.

À l’heure où l’on ne trouve plus une voiture familiale à moins de 40 000 €, du moins si l’on excepte les voitures chinoises ou des Dacia, voir débarquer un C5 Aircross avec un ticket d’entrée à moins de 35 000 € a quelque chose de rassurant. D’autant qu’esthétiquement, l’auto ne manque pas de charme. Certes, le design ne fait pas l’unanimité, mais on reconnaît d’emblée une Citroën de l’ère moderne, et l’auto fait cossue.
Reste à savoir si l’on fait une bonne opération, sachant que les tarifs de l’auto se situent pile-poil entre ceux d’un Bigster hybride (à partir de 29 990 €), et d’une Peugeot 3008 utilisant le même moteur que lui (40 000 € a minima), et qu’à en croire les offres sur le site Citroën Store, le nouveau-né des Chevrons bénéficie d’office d’une ristourne de 2 000 €.
Tentant, même si la finition haut de gamme Max fait le grimper le prix de 6 000 €, avec pour compensation les phares Matrix à faisceau réglable en continu, l’affichage tête haute, la caméra 360°, le hayon mains libres, les sièges chauffant (électrique côté conducteur) ou encore la conduite semi-autonome…
Pour savoir si l’on doit céder à la proposition, nous avons décidé de mettre cette deuxième génération du C5 Aircross à l’épreuve d’une boucle de 1 000 km partant des Hauts-de-France et passant par la Bourgogne, les Pays de la Loire, de châteaux en tout genre et des villages à ne louper sous aucun prétexte.

L’enjeu est de taille puisqu’il nous faut savoir si l’auto est digne des standards de la marque, tant en matière de confort que d’aspects pratiques et d’innovations, et surtout si le 3 cylindres 1.2 turbo essence, dérivé du décrié Puretech, est digne de confiance, sachant qu’il reçoit, en plus d’une chaîne de distribution et d’éléments mécaniques fiabilisés (pistons, segments, culasse…), ainsi qu’un système d’hybridation légère 48V censé le rendre plus alerte et sobre.
Le départ est donc lancé un matin de mi-janvier 2026. La température est douce comparée à celles de la semaine précédente. Petit passage par le château de Chantilly, devant lequel la suspension à butées hydrauliques digère parfaitement les pavés, puis par l’autoroute A1 en direction de l’île de France où je récupère Alain qui se chargera de la vidéo et… de me poser des colles tout au long de ces deux jours de trajets. Autoroute A6 : nous rejoignons le château de Fontainebleau, où nous mettons en boîte les premières images, puis Chablis où nous attend, en début d’après-midi, Daniel-Etienne Defaix, un ami vigneron bien décidé à mettre à l’épreuve notre C5 sur les terres de son vénéré Dodge Ram. Notre voiture paraît minuscule à côté.

Faute de transmission intégrale, elle laisse planer quelques doutes quant à ses aptitudes hors pistes. Et pourtant : tant qu’il n’y a pas de boue, elle grimpe et se joue des ornières sans sourciller. Pour ne rien gâter, la garde au sol suffit à épargner le ventre de notre C5, et la suspension excelle sur les cahots. Même notre hôte est stupéfait. Ce qui ne m’empêche pas de nous conter l’histoire de sa ville, de ses vignes qui ont abreuvé les rois de France et sur la manière de les tailler. Nous rétorquons en lui apprenant que cette Citroën recycle des sarments bourguignons pour habiller certains éléments d’habitacle.

À une heure du coucher de soleil, nous reprenons la route. Le temps presse : nous avons décidé de passer la nuit à Pouilly-sur-Loire, à mi-chemin de notre parcours, en passant par la majestueuse basilique de Vézelay, restaurée récemment à l’extérieur, mais encore en travaux à l’intérieur. Pour y parvenir, nous empruntons la D944, bien connue des amateurs du Morvan qui en adorent les lacets plus au Sud, puis nous dérivons à l’Ouest.
Les prises de roulis sont importantes mais sans mouvements exagérés en détente malgré les bosses prononcées, la direction précise (à défaut d’être informative) et le train avant coopératif. À allure cool, l’appétit du 3 cylindres descend à 6 l/100 km. Joli ! Et il ne semble jamais manquer de ressource, même si la faible cylindrée peut réclamer des rétrogradages à la boîte auto, en dépit des interventions de l’électromoteur que celle-ci intègre.
La nuit tombe avant même que nous arrivions. L’occasion de tester les projecteurs Matrix dont le faisceau s’adapte aux voitures que l’on suit ou que l’on croise. Plus ou moins bien. On remarque bien qu’elle éclaire, et fortement, sur les côtés, mais les appels de phares répétés d’un poids lourd témoignent tout de même d’un éblouissement du chauffeur. Pour sûr, on a affaire à un système simpliste. Nous arrivons à notre hôtel, à un jet de pierre du village de Sancerre que nous comptons bien visiter le lendemain…
Un régal en ville !
Alain se prend le hayon sur la tête dès le réveil, en chargeant son matériel dans le coffre : avec ses grands souliers, il a déclenché involontairement la fonction « mains libres » qui s’actionne quand elle détecte des mouvements de pied sous le pare-chocs arrière. Pas toujours les bons manifestement car, pour ma part, il a fallu poser mes valises au sol et appuyer sur le bouton pour ouvrir la soute, faute d’action automatique.
Mais mon acolyte retrouve le sourire en reprenant la route vers Sancerre. L’étroitesse des rues de cette cité médiévale est l’occasion de vérifier la souplesse de notre monture. Comme la grande majorité des productions de Stellantis, y compris les camionnettes, le C5 Aircross se montre hypermaniable avec une direction légère et un diamètre de braquage exemplaire. Hélas, la micro-hybridation ne fait pas de miracle, d’autant que ça grimpe : même après avoir récupéré de l’énergie, difficile de rouler à l’électrique, la moindre sollicitation de l’accélérateur entraînant le redémarrage systématique du bloc thermique, toujours un peu vibrant au ralenti d’ailleurs.

Nous poursuivons notre trajet sur les petites routes départementales pour atteindre Briare et son célèbre Pont-Canal, entre autres spécialités telles que les émaux, puis Gien et ses faïences, avant d’atteindre le château de Sully-sur-Loire. Là encore, la voiture ne souffre pas de gros défauts, hormis d’un manque d’isolation sonore. Même la ventilation se montre bruyante.
On reprochera également au Citroën son manque de simplicité en matière d’ergonomie. Certes, les écrans ne sont pas trop envahissants et plutôt complets (l’instrumentation affichant même la carte des applications du smartphone) mais les raccourcis manquent ce qui impose de rentrer dans les menus avec, pour conséquence, la perte d’un affichage.

Alain prend le volant pour me permettre de tester les places arrière : elles sont confortables, mais la disparition des trois sièges au profit d’une banquette réduit les possibilités d’aménagement, tandis que la place centrale est devenue étroite et dure. Dommage… Heureusement, il y a de la place en longueur, et les dossiers peuvent s’incliner pour davantage de confort.
Passage par la cathédrale du Mans puis par celle de Chartres, et notre périple touche à sa fin au château de Versailles. L’évolution du C5 Aircross sur l’autoroute n’a posé aucun problème : les dernières assistances à la conduite, notamment le changement de voie automatique, prêtent peu le flanc à la critique. Par ailleurs, l’ensemble moteur/boîte assure des performances suffisantes et une belle douceur sans que l’appétit n’explose, l’ordinateur de bord indiquant 7,3 l/100 km sur les grands axes.

Le verdict : un bon compagnon de route.
Avec son tarif contenu et sa puissance modeste, le C5 Aircross laissait craindre des lacunes. Il n'en est rien. Certes, l’insonorisation est juste, la finition sans chichi et la modularité en berne par rapport au précédent modèle, mais la mécanique est à la fois suffisante, douce et sobre. Et surtout, le nouveau venu fait toujours preuve d’un confort et d’une maniabilité remarquables. Difficile d’en demander davantage, surtout à ce prix, d’autant que Citroën tente de rassurer les déçus du PureTech avec une garantie 8 ans ou 160 000 km (sous condition d’entretien dans le réseau).

Chiffres clés *
- Longueur : 4,65 m
- Largeur : 1,87 m
- Hauteur : 1,66 m
- Nombre de places : 5 places
- Volume du coffre : 565 l / 651 l
- Boite de vitesse : Auto. à 6 rapports
- Carburant : Essence
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Juillet 2025
* pour la version II 1.2 HYBRIDE 145 MAX E-DCS6.
Le bonus / malus affiché est celui en vigueur au moment de la publication de l'article.
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