Les voitures chinoises décotent-elles plus fortement ?
Elles sillonnent de plus en plus nos routes et alimentent les petites annonces de voitures d’occasion. Même si elles sont moins chères en neuf, les BYD, MG ou encore Leapmotor vont-elles vous faire perdre plus d'argent que les modèles établis ? Eléments de réponse chiffrés.

MG, BYD, Leapmotor, Seres ou encore Xpeng, la déferlante de marques chinoises en France est bel et bien d’actualité. Si leurs prestations n’égalent pas encore celles des marques historiques, au niveau de la mise au point châssis notamment, leur autonomie est généralement comparable, voire supérieure. Leur gros point fort reste néanmoins leur tarif, défiant toute concurrence.
C’est comme cela que certaines marques, comme MG et BYD, s’installent confortablement dans notre paysage automobile. La première a su faire parler d’elle avec la MG4 apparue en 2022, tandis que la seconde s’est dévoilée au grand public la même année, lors du Mondial de l’automobile.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et les modèles vendus neufs deviennent aujourd’hui des voitures d’occasion. Si le marché des modèles chinois de seconde main est encore timide, les données recueillies par La Centrale, à laquelle Caradisiac appartient, permettent de dessiner quelques tendances.
Il se murmure que les voitures venues de Chine se dévaluent davantage que les autres. Pour confirmer cela, ou non, nous avons comparé la décote de différents modèles après trois années face aux concurrents bien établis (Volkswagen, Peugeot, Hyundai, Renault…). Les rumeurs ne reflètent pas toujours la réalité…
Quelle décote ?
Dans la famille BYD, je demande l’Atto 3. Ce SUV compact électrique décote de 42 % après trois années de commercialisation. Ce score est identique à celui du Kia e-Niro et légèrement inférieur à celui du Renault Scénic (43 %). Ce BYD fait mieux que le Peugeot 3008 (50,3 % toutes motorisations confondues).
Une autre BYD fait mieux. La grande berline Seal se déprécie de 30 %, toujours après trois ans, alors qu’une BMW i4 accuse 36 % et une Hyundai Ioniq 6 près de 34 %.
Du côté de l’ancienne marque britannique MG, les valeurs de la MG4 sont plus soutenues que certaines concurrentes. Lorsqu’elle se déprécie de 40 %, la Renault Mégane atteint 45 % et la Volkswagen ID.3 près de 47 %. Quant à la MG3, l’hybride la moins chère du marché, sa décote de plus de 23 % la place entre une Toyota Yaris (19 %) et une Renault Clio (32 %). Enfin, le MG EHS accuse une dépréciation de 41 %, supérieure à celle des Renault Austral (35 %) et Hyundai Tucson (36 %). Pour sa défense, il s’agit de l’ancienne génération, dont les prestations étaient en retrait.
En se tournant vers Stellantis, plus exactement vers Leapmotor, la petite T03 rencontre des difficultés pour se défendre avec une décote supérieure à 48 %. Une Dacia Spring ne fait pas beaucoup mieux (près de 48 %), tandis que la Renault Twingo, d’ancienne génération, maintient davantage sa valeur (près de 35 %).
Terminons ce petit tour d’horizon par Lynk & Co, dont le 01 perd 44 % de sa valeur après trois années. Sans trop de surprises, les ténors du segment font mieux, à l’image du Volkswagen Tiguan (36 %) et surtout du Toyota Rav4 (20 %).
Quant aux marques comme Seres ou Xpeng, leur décote pourrait être plus soutenue du fait de leur jeunesse et de leur méconnaissance auprès du grand public. Nous le serons d'ici quelques mois.
Tableau comparatif des décotes
Dans le tableau ci-dessous, voici regroupées les décotes à trois ans des modèles chinois face à différentes concurrentes.
| Marque/modèle | Concurrente n°1 | Concurrente n°2 |
| BYD Atto 3 : 42,2 % | Kia e-Niro : 42,3 % | Renault Scénic : 43 % |
| BYD Seal : 30 % | BMW i4 : 36,6 % | Hyundai Ionq 6 : 33,8 % |
| MG3 Hybrid + : 23,4 % | Toyota Yaris : 19 % | Renault Clio : 31,6 % |
| MG4 : 40 % | Renault Mégane : 45,3 % | Volkswagen ID.3 : 46,9 % |
| MG EHS : 41,4 % | Renault Austral : 35,3 % | Peugeot 3008 : 50,3 % |
| Leapmotor T03 : 48,1 % | Dacia Spring : 47,6 % | Renault Twingo : 34,6 % |
| Lynk & Co 01 : 44 % | Toyota Rav4 : 20,1 % | Volkswagen Tiguan : 35,6 % |
Le bilan
Le déficit d’image de ces marques, les retours plus ou moins limités en termes de fiabilité et le réseau moins dense que celui des constructeurs historiques n’ont pas entaché la motivation des clients, ni les valeurs résiduelles.
Les valeurs de décote relevées permettent de dégager une tendance : non, les modèles chinois ne décotent plus fortement. Bien sûr, des différences existent selon les modèles, mais ils ne décrochent pas, hormis quelques cas. A noter également que leur volume demeure moins élevé et qu’il n’est pas toujours possible d’isoler les motorisations (thermique/hybride/électrique) afin de mieux les comparer. Une chose est certaine, leur atout principal demeure : leur prix, moins élevé que celui de la concurrence en neuf, se retrouve également en occasion.
Enfin, pour ceux qui seraient tenter d'ouvrir les portes d'une concession d'une marque chinoise, surtout nouvelle sur le marché, la location est un moyen de prévoir à l'avance la décote. Une façon de "consommer" l'automobile plus pertinente encore pour un modèle électrique.








Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération