Ne rien faire comme les autres, un choix gagnant pour le Peugeot Polygon ?
PRISE EN MAINS – Peugeot ne s’en cache pas : son concept Polygon, dévoilé en fin d’année dernière, dit beaucoup sur la prochaine génération des modèles frappés du Lion. Faisons donc un saut dans le futur en prenant le volant de ce prototype qui ne ressemble à rien de connu.

Régulièrement, un constructeur automobile se doit, afin de s’offrir un coup de jeune, revoir presque totalement la ligne directrice du design de ses modèles. Et, généralement, c’est un modèle iconique qui a pour mission de mettre ses nouveaux choix sur la route. Même si ceux-ci sont auparavant -on n’est jamais trop prudent- présenté au public via un concept car.
Voilà exactement la démarche dans laquelle est actuellement engagé Peugeot. Depuis plusieurs années, les lionnes arborent des feux de jour à LED disposés telles de griffes et une calandre de plus en plus imposante. Mais tout cela va changer à compter de 2027. C’est, en tout cas, la promesse formulée par le concept Polygon.
En effet, avec un peu d’imagination, vous avez sous les yeux les lignes de la prochaine génération de E-208.

Voyage dans le temps
Les plus perspicaces verront ainsi les nombreux clins d’œil que cette future Peugeot fera à l’une de ses plus illustres ancêtres, la 205. Calandre à 3 barres horizontales, blocs optiques arrière reliés par un élément noir, gélules sur le montant C… Tout cela sera, bien sûr, remis au goût du jour, notamment grâce à l’usage massif de LED, mais l’esprit sera bien présent. En revanche, il est peu probable que le profil cunéiforme se retrouve sur la version de série… et aucune que les portes papillon soient conservées.

Le plus incroyable, dans ce concept, c’est que le dessin extérieur, pour le moins original, n’est pas l’élément le plus iconoclaste. À bord du Polygon, on perd, en effet, tous ses repères. Et cela commence dès les portes ouvertes. On découvre des sièges aux formes aussi enveloppantes que celles d’une baignoire, avec un dossier très court et des appuie-tête imposants. De prime abord, ils donnent l’impression d’être aussi durs que la baignoire précitée. Et pourtant, la mousse qui habille la coque imprimée en 3D, et qui est monobloc, s’adapte parfaitement aux formes du conducteur et de ses passagers. Du moins, durant un essai de quelques dizaines de minutes. Si cette solution était retenue pour la série, il faudrait, naturellement, la mettre à l’épreuve d’un long trajet.


Perte de repères
Face au conducteur, aussi, il y a de l’inédit. Si, pour vous, un volant est forcément (presque) rond, pas sûr que vous appréciez l’HyperSquare. Sous ce nom qui fleure bon la science-fiction, on trouve un volant (appelons-le comme ça malgré tout) rectangulaire simplement percé de quatre trous, ce qui lui donne des airs de brique Lego. Mais rien n’est gratuit ici. Ces trous accueillent les commandes (multimédia, aides à la conduite, voire clignotants) habituellement repoussées sur les branches du volant et les commodos. Et si la partie centrale est pleine, c’est uniquement parce qu’elle accueille l’indispensable airbag. Le plus incroyable, ce n’est toutefois pas sa forme, mais le fait que, Peugeot nous l’a assuré, la version de série le reprendra quasiment tel quel. Pour ne pas trop dérouter les clients, des commodos prendront toutefois place, de façon classique, sur la colonne… qui n’est ici pas de direction.
En effet, sur ce concept, les mouvements du volant sont transmis aux roues avant uniquement pas voie électronique. C’est que l’on appelle le Steer by Wire (direction par câble électronique). À en croire les équipes de la marque au Lion, cette solution technique, qui sera bien appliquée sur la future E-208, n’a que des avantages : moins de complexité, moins de poids, la possibilité de revoir complètement l’architecture de la planche de bord et, nous y reviendrons un peu plus tard, une expérience de conduite inédite.

Réalité virtuelle
L’abandon de la colonne de direction a permis, notamment, de réduire la planche de bord à sa plus simple expression. Face au passager, c’est quasiment le vide avec simplement un élément de mobilier auquel il est possible d’accrocher certains accessoires. Une idée qui ne devrait pas se retrouver de sitôt en série, mais qui permet de mettre en avant l’impressionnante verrière qui sert de pare-brise. Outre la luminosité que cela apporte à bord, cela permet aussi, et surtout, de supprimer quasi totalement les angles morts vers l’avant. Un bon point pour la sécurité.
Améliorer la sécurité, c’est également la vocation de l’affichage tête haute XXL. Ici, le combiné d’instrumentations disparaît totalement, au profit d’un impressionnant écran, visible de l’extérieur, dont les informations sont réfléchies sur le pare-brise. Plus question, donc, de détourner le regard pour tout savoir des données de conduite. Un choix qui a déjà fait ses preuves… sur les dernières générations d’avion de chasse.
En prise directe
Mais aussi originaux soit-il, ces choix ont-ils un véritable intérêt pour les automobilistes que nous sommes ? Une seule façon de la savoir : rouler avec ce concept Polygon. D’entrée de jeu, nous sommes prévenus que la base technique et la chaîne de traction de ce prototype n’ont pas d’intérêt, du fait qu’elle n’annonce rien du futur de Peugeot. Mais la sensation de prendre le volant d’une bulle est immédiate, et très agréable. Rarement, pour ne pas dire jamais, nous avions pu prendre le volant d’une auto offrant une vue aussi dégagée vers l’avant. Pour un usage urbain, c’est un choix assurément pertinent.

Autre point séduisant, l’affichage tête haute permet réellement une lecture immédiate et parfaite des informations liées à la conduite. Ne lui manque plus que les données de navigation, une fonction non présente sur ce concept, pour qu’il permette d’éviter totalement d’avoir à détourner la tête durant le roulage.
La cerise sur le gâteau, c’est toutefois le fameux HyperSquare. Pas de problème en ce qui concerne la prise en mains, la forme faisant que l’on ne cherche pas où poser ses mains. Au premier abord, on a l’impression de tenir une manette de jeu vidéo mais, rapidement, on est séduit par la réactivité de ce système. D’une butée à une autre, seul un demi-tour de volant suffit, ce qui fait que l’on ne le lâche jamais, y compris lors des manœuvres. Lors de l’exercice redouté du créneau, nous avons pu constater qu’une seule main suffisait pour réussir sa manœuvre du premier coup. Plus d’excuse, donc pour ne pas se retourner durant cet exercice, comme nous l’ont appris nos moniteurs d’auto-école respectifs.
Au volant d’un prototype unique, pas question de battre des records de vitesse. Notre test s’est donc effectué à une allure de sénateur, mais non sans enchaîner les courbes. Passer d’un virage serré à droite à un autre au rayon opposé se fait avec une facilité et une réactivité digne d’une voiture de sport. Voilà qui donne envie de tester cette technologie sur une route de montagne, au volant d’une monture débordant de chevaux et de couple. Précision importante, la réactivité de la direction est inversement proportionnelle à la vitesse. Pas de risque, donc, d’un coup de volant trop brusque lorsque l’on engagera un dépassement sur autoroute.
Peugeot nous allèche
Même si, sur de nombreux points, le concept Polygon est encore très éloigné de ce que sera la prochaine E-208 de série, certaines voies explorées nous rendent impatients de pouvoir essayer, dans nos conditions habituelles, la voiture destinée au grand public. Le point le plus captivant de cette prise en mains, c’est, sans surprise, l’HyperSquare. Ce volant d’un nouveau genre saura-t-il, à l’image du i-Cockpit commercialisé depuis plus d’une décennie, séduire massivement les foules ? Réponse, à partir de 2027.
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