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Pneus chinois : la facture va sacrément grimper dès cet été

Dans Equipement / Pneus

Michel Holtz

Accusées de dumping, les marques de pneumatiques produites en Chine sont désormais frappées de nouveaux droits de douane par Bruxelles qui oscilent entre 4,5 et 45,3% selon les manufacturiers. Une offensive protectionniste de l’Union européenne qui vise à protéger ses fabricants, mais qui va inévitablement se repercuter sur le portefeuille des automobilistes.

Pneus chinois : la facture va sacrément grimper dès cet été
Une taxe à l'entrée de l'UE freappe désormais les gommes chinoises. Photo : MaxPPP.

La décision est désormais officielle, et publiée au Journal Officielle en date du 8 juillet. Dès ce jour, les pneus chinois importés seront plus taxés à leur entrée dans l’Union. En cause : le dumping auquel se livrent les marques, et qui produit une concurrence déloyale envers les producteurs de gommes occidentales.

Une taxe variable selon les marques, comme elle l’est pour les voitures électriques fabriquées dans l’empire du Milieu et vendues ici. Ces droits de douane à la tête du client sont établis selon le degré de coopération des marques. Bruxelles a en effet diligenté une enquête dès le mois d’octobre dernier, et ceux qui ont ouvert leurs portes aux enquêteurs sont moins punis que les autres.

Des taxes à la tête du client, et à sa bonne volonté

Résultat : Hankook est le bon élève de la promo et ne récolte que 4,5 % (qui s’ajoutent aux 4,5 % déjà existants). Une soixantaine d’autres marques récoltent 24,4 % de taxes supplémentaires, parmi lesquelles on retrouve des manufacturiers qui, s’ils ne sont pas chinois, mais fabriquent néanmoins leurs pneus là-bas, comme le Japonais Sumitomo, le Coréen Kumho ou encore Continental, Goodyear et Pirelli. Toutes les autres marques chinoises sont soumises au taux maximum de 45,3 %.

Mais que reproche exactement l’Union aux gommes de l’Empire ? En gros, elles sont punies pour vendre leurs produits à perte, en deçà de leur prix de revient. Mais l’affaire ne s’arrête pas là, car la seconde phase de l’enquête n’a pas encore abouti. Elle consiste à démontrer que ces mêmes marques, du moins celles qui sont purement chinoises, ont obtenu des aides publiques de Pékin, ce qui est contraire aux règles de l’OMC et de l’Union européenne. Ce second épisode devrait être bouclé à la fin de l’année et pourrait entraîner des taxes supplémentaires.

Les pneus chinois grignotent des parts de marché

Mais pourquoi l’UE s’acharne-t-elle sur les gommes orientales ? Il se trouve que les importations chinoises ont bondi de 62 % entre 2021 et 2024, passant de 57 à 93 millions de pneus par an, avec une part de marché qui est passée sur cette période de 18 % à 28 %.

Les chiffres de l’an passé ne sont pas encore connus, mais on estime aujourd’hui la part de marché chinoise à plus de 30 %. Dans le même temps, celle des fabricants européens a reculé de plus de 8 %. Ceci explique cela, et la naissance d’un protectionnisme européen qui a eu du mal à se mettre en place, Protectionnisme étant longtemps resté un gros mot à Bruxelles.

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