Pourquoi le prix des carburants risque de grimper après la présidentielle de 2027 ?
Ces derniers temps, les automobilistes ont connu plusieurs hausses du prix des carburants, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient. Mais ces augmentations pourraient être loin d’être terminées. Explications.

Ces dernières semaines, plusieurs sujets liés à l’écologie ont animé le débat politique. Fin juillet, Monique Barbut, ministre chargée de la Transition écologique, a annoncé sa démission avant de se rétracter. Mais un autre dossier, plus discret, pourrait avoir des conséquences directes sur le prix des carburants.
En effet, en 2025, quatre ministres avaient demandé à Emmanuel Macron et à François Bayrou, alors chef du gouvernement, de mettre en place une extension du marché carbone, qui aurait instauré une tarification des émissions de CO2 dans de nouveaux secteurs. Cette demande n’avait toutefois pas abouti. Pourtant, la France est tenue de mettre en œuvre cette extension. Souvent désignée par son acronyme SEQE 2, elle résulte d’une directive européenne qui oblige tous les États membres à la transposer dans leur droit national.
La patate chaude pour le prochain président...
Initialement, la France devait transposer ce texte dans son droit national au plus tard le 1er janvier 2027. Mais l'échéance a été reportée au 1er janvier 2028. Ce dossier sera donc traité sous le mandat du futur président de la République, puisque l’élection présidentielle se tiendra les 18 avril et 2 mai prochains.
Si un marché carbone européen existe déjà pour les gros pollueurs (industrie lourde, transport aérien, etc.), le SEQE 2 élargira son champ d’application au transport, au résidentiel et aux petites entreprises. Concrètement, les carburants et le fioul seront concernés par ce nouveau dispositif.
Contrairement au système actuel, les quotas d’émission seront achetés par les distributeurs de carburants, qui devraient ensuite répercuter ce coût sur les consommateurs. « L’impact serait de quelques centimes par litre d’essence », expliquent Paula Coussy et Olivier Laget, ingénieurs de recherche en économie de l’environnement à l’IFPEN.
Cette extension poursuit un objectif clair : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon ces mêmes experts, cités par Le Figaro, l’Union Européenne vise « une baisse des émissions de CO₂ de 42 % en 2030 par rapport à 2005 ».
A n'en pas douter, cette perspective pourrait raviver une nouvelle contestation sociale, dans le sillage du mouvement des « gilets jaunes » en 2018. Pour rappel, celui-ci était né à la suite de l’annonce d’une hausse de la taxe carbone sur les carburants.




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