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Volkswagen : les familles héritières exigent une cure d’austérité sans précédent

Malgré l’opposition des autorités régionales et des syndicats, la famille Porsche-Piëch, actionnaire de contrôle du groupe Volkswagen, a mis ce vendredi la pression sur la direction de VW pour que soit appliqué le plan d’austérité impliquant la fermeture de 4 usines et la suppression de 50 000 emplois.

Volkswagen : les familles héritières exigent une cure d’austérité sans précédent
L'usine de Zwickau, un des quatre sites allemands menacés de fermeture ©Jan Woitas dpapicture-alliance Newscom MaxPPP

Coup de semonce et coup de pression. Ce vendredi la famille Porsche-Piëch, actionnaire de contrôle du groupe VW via la holding financière Porsche SE, a publiquement apporté son soutien au plan de restructuration draconien avec la suppression en Allemagne de 4 usines et de 50 000 emplois.

S’exprimant lors de la présentation des résultats semestriels de la holding, Hans Dieter Pötsch, président du conseil d’administration Porsche SE et président du conseil de surveillance de Volkswagen AG, s’est voulu catégorique.

Mettre la pression sur les dirigeants

« Le groupe Volkswagen se trouve à un carrefour historique. Dans l’intérêt de l’entreprise et de sa compétitivité durable, chacun doit désormais assumer ses responsabilités. Plus les décisions tardent à être prises, plus les problèmes s’aggravent ».

Une déclaration d’une fermeté inhabituelle qui traduit le désarroi et l’inquiétude des actionnaires face à l’effondrement des performances financières du groupe. Sur les 6 premiers mois de l’année Porsche SE affiche une perte nette de 2,2 milliards d’euros.

La fin du tabou des fermetures d’usines

Sous le feu croisé d’une concurrence chinoise agressive sur les VE, des tarifs douaniers incertains et des coûts de production élevés en Allemagne, le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, prépare un remaniement en profondeur. Son plan prévoit la suppression de 50 000 postes supplémentaires, après les premières coupes déjà massives, et la fermeture de 4 usines sur le sol national. Une mesure inédite dans l’histoire moderne du groupe que lorgnent les constructeurs chinois en quête d’unités de production sur le sol européen.

Pour Johannes Lattwein, directeur financier de Porsche SE, l’urgence ne laisse pas de place aux atermoiements. « La compétitivité est l’objectif. Toutes les options doivent être envisagées pour l’atteindre » a-t-il affirmé. L’exécutif de la holding réclame ainsi la réduction massive des surcapacités industrielles, un étalonnage strict des investissements (-15 % et 130 milliards d’économie en 5 ans) et une accélération des processus décisionnels.

L’épreuve de force avec les syndicats et la Basse-Saxe

Dans les faits, le rouleau compresseur financier se heurte au modèle de cogestion allemand. Pour concrétiser ces coupes d’une ampleur historique, Oliver Blume doit obtenir le feu vert du conseil de surveillance où les représentants du personnel et le Land de Basse-Saxe disposent d’un poids certain. Avec 20 % des droits de vote, l’État régional bénéficie même d’une minorité de blocage stratégique.

Selon des sources concordantes, rapportées par l’agence Reuters, la partie syndicale, portée par le puissant syndicat IG Metall et le comité d’entreprise, ainsi que les représentants de Basse-Saxe ont unanimement voté contre le projet d’Oliver Blume lors d’une conférence du conseil de surveillance en juillet.

Alors que la direction de Volkswagen s’abstient pour l’heure de tout commentaire officiel, la prise de parole de Porsche SE est perçue en interne comme un coup de force pour tenter d’isoler l’opposition syndicale avant le prochain conseil de surveillance en septembre.

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