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Volkswagen supprimerait jusqu’à 100 000 emplois et fermerait 4 usines en Allemagne

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz , mis à jour

15 % de l’effectif mondial menacé, des unités de production historiques dans le viseur et une scission inédite : le plan secret du patron de Volkswagen pour surmonter une baisse historique de ses profits vient de fuiter dans la presse allemande. Le géant allemand, et mondial, s’apprête à vivre le bras de fer social le plus crucial de sa longue histoire.

Volkswagen supprimerait jusqu’à 100 000 emplois et fermerait 4 usines en Allemagne
Le patron du groupe VW aurait mis sur la table le plus impressionnent plen de redressement du groupe. Photo : MaxPPP.

On savait le groupe allemand mal en point, mais pas à ce point. Au mois de mars, Volkswagen avait déjà annoncé 50 000 suppressions d’emploi d’ici à 2030 sans licenciements, mais selon le très sérieux média économique allemand Manager Magazin, la déflagration pourrait être beaucoup plus importante qu’initialement prévue.

En fait, si ce que décrit le magazine est avéré, le groupe germanique devrait connaître la plus lourde restructuration de toute son histoire, pourtant tumultueuse. Oliver Blume aurait présenté récemment à son directoire un plan de redressement d’une radicalité sans précédente, puisqu’elle comprendrait une charrette qui pourrait atteindre 100 000 emplois, soit plus de 15 % des effectifs mondiaux du groupe qui sont aujourd’hui de 657 000.

Quatre usines fermées ?

Mais ce n’est pas tout. Le plan Blume évoque également la fermeture de pas moins de 4 usines en Allemagne. Dans le viseur de la direction, on retrouve l’unité de production de Hanovre, de Zwickau et d’Emden, ainsi que le site historique Audi de Neckarsulm.

Mais comme si cette double onde de choc n’était pas suffisante, le programme prévoit également un éclatement du groupe. Toujours selon Manager Maagazin, la marque Volkswagen, ainsi que la division Volkswagen Group Components, en charge des plateformes et des différents composants, seraient détachées du groupe pour devenir des structures juridiquement autonomes.

Fallait-il s’attendre à un tel remède de cheval après la chute de 44,3 % des bénéfices en 2025, et une année 2026 mal partie ? En tout cas, le directeur financier de la maison, Arno Antlitz, affirmait à l’AFP au mois d’avril, qu’étant donné la situation, « les réductions de coûts prévues jusqu’à présent ne suffisent pas ».

Volkswagen en dehors du groupe Volkswagen ?

Les dernières révélations semblent lui donner raison. Reste que VW a tout de même gagné 9 milliards d’euros l’an passé et que ce coup de tonnerre n’est, pour le moment, qu’un projet de la direction, qui n’a pas démenti les informations la presse. Pour être effectivement mis en œuvre, ce programme devra en passer par des négociations syndicales et les représentants du personnel ont beaucoup plus de poids en Allemagne qu’en France.

Car des garanties de maintien de l’emploi sont en vigueur dans le groupe. Elles courent jusqu’à la fin 2030 chez Volkswagen et jusqu’à 2033 chez Audi. De plus, la direction a déjà prévenu : les usines vouées à la fermeture ne seront mises à l’arrêt qu’à la fin de vie des autos qui y sont actuellement fabriquées. Sans oublier l’implication publique dans le capital de VW, qui est aujourd’hui de l’ordre de 20 % détenus par le Land de Basse-Saxe.

Rien n’est joué

Ce plan de redressement échafaudé par Oliver Blume sera donc négocié, et sans doute, amendé. Sa révélation est en quelque sorte une première salve avant que chacun des partis ne se mette autour de la table. Mais quelle que soit la décision finale, il s’agira, sans nul doute, de la plus importante déflagration que le premier constructeur allemand, et deuxième mondial, a encaissée au cours de ses 89 ans d’histoire.

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