Séisme au Japon : La paralysie de la production automobile nationale va-t-elle se répercuter jusqu’en Europe ?
Après la violente secousse qui a frappé l’île de Kyushu, la quasi-totalité des constructeurs japonais sont contraints de mettre à l’arrêt leurs sites de productions. Cette paralysie due à la fragilité du modèle nippon, pourrait entraîner quelques perturbations sur le marché européen.

Après Toyota, Nissan, Mitsubishi, Honda est à son tour contraint d’arrêter ses unités de production automobile aujourd’hui.
Une semaine après le séisme d’une magnitude de 7,1 qui a secoué l’île de Kyushu au sud de l’archipel japonais, le bilan industriel est sans appel. La production automobile nationale se trouve, dans sa quasi-totalité, à l’arrêt.
La silicon island frappée de plein fouet
Ce qui n’était initialement qu’une mesure de sécurité préventive dans la zone épicentrale du séisme, s’est rapidement transformé en une paralysie systémique.
L’île de Kyushu, surnommée « silicon island » pour sa forte concentration d’usines d’électronique abrite le cœur battant de l’appareil productif japonais. Frappé par un tremblement de terre le 28 juillet dernier, l’appareil productif a été totalement perturbé sur l’île. Les conséquences se font sentir bien au-delà. Soulevant des inquiétudes quant aux chaînes d’approvisionnement et à la logistique, jusqu’à ébranler le principe même du toyotisme et du flux tendu fondé sur la quasi-absence de stock de sécurité.
Le numéro un mondial automobile, Toyota, a d’abord dû suspendre les opérations de son site majeur de Miyata à Kyushu, où sont assemblés les modèles haut de gamme de la marque Lexus. Mais en quelques heures, suite à la rupture d’approvisionnement en pièces fondamentales et composants électroniques, le constructeur a été contraint d’arrêter son usine de Tahara, située pourtant à 600 km de l’épicentre, avant de geler les lignes de sa filiale Daihatsu. Le même scénario frappe l’ensemble des constructeurs nippon.
L’effet domino du stock zéro
Nissan a suspendu la totalité de sa production de ses deux complexes industriels de Kyushu, stoppant net la production de ses SUV exportés à travers le monde. Chez Honda, après la fermeture du site 2 roues de Kumamoto (épicentre du séisme), la direction a dû se résoudre à interrompre les chaînes de montage des usines de Yori et de Suzuka à partir d’aujourd’hui, jusqu’au 7 août. Les deux sites étant pourtant situés à 1 000 kilomètres de l’épicentre du tremblement de terre. Misubishi et Suzuki complètent le tableau d’une industrie contrainte d’ajuster ou d’interrompre leurs cadences au jour le jour.
L’origine de ce blocage généralisé ne se trouve pas dans l’ampleur des dégâts structurels sur les usines d’assemblage, conçue pour résister aux violentes secousses, mais dans la défaillance d’une poignée d’équipementiers de premier rang. Notamment Aisin, l’un des plus grands équipementiers automobiles du Japon qui a dû arrêter la production de son usine de Kumamoto face aux dommages subis par les installations. Les perturbations subies par le géant des puces automobiles Renesas, également installé sur l’île de Kyushu, ont également enrayé toute la chaîne de production
Si les constructeurs assurent que des plans de continuité d’activité sont déployés pour organiser des transferts de production ou le recalibrage rapide des outils de production, le calendrier presse.
Quelles répercussions sur le marché européen ?
Les véhicules produits exclusivement au sud du Japon s’apprêtent à subir des retards de livraison sur le Vieux Continent. À commencer par les hybrides et SUV Lexus ou certains modèles de pointes de Nissan et Honda.
Ce dernier, depuis la fermeture du site historique de Swindon en Grande-Bretagne en juillet 2021, et le rapatriement de sa production au Japon, ne bénéficie plus d’unité d’assemblage en Europe. De quoi raréfié encore un peu plus la disponibilité des modèles de la marque.
Par ailleurs, cette crise opérationnelle survient alors que les constructeurs japonais subissent déjà des baisses de profits, l’effondrement des ventes en Chine et une forte concurrence internationale.










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