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L’inattendu sursaut financier de Nissan réinterroge l’avenir de ses projets avec Renault

Le constructeur japonais a dégagé ce trimestre, un bénéfice net inattendu porté par la rigueur du plan d’austérité « Re : Nissan » et la vigueur du marché nord américain. Une éclaircie qui conforte la viabilité de l’accord de sous sous-traitance avec Renault.

L’inattendu sursaut financier de Nissan réinterroge l’avenir de ses projets avec Renault
Nissan renoue avec les bénéfices pour la première fois en deux ans ©FRANCK ROBICHON/EPA/MaxPPP

Contre toute attente, Nissan semble avoir trouvé un fragile point d’ancrage dans la tempête. Le constructeur japonais vient de faire état pour le trimestre avril-juin 2026 d’un bénéfice net de 3,76 milliards de yens (20,8 millions d’euros) alors que les analystes anticipaient une nouvelle perte.

Ce chiffre, bien que modeste au regard de la taille du groupe de Yokohama, rompt avec deux années consécutives de pertes trimestrielles et un exercice 2025-2026 achevé en mars, cauchemardesque soldé par un déficit de 2,8 milliards d’euros.

Regain américain et cure d’austérité

Cette performance relative doit moins à une reconquête massive des marchés qu’à une intense cure d’austérité.

Le plan de restructurationRe : Nissan a permis de dégager 60 milliards de yens (300 millions d’euros) d’économie en trois mois. Notamment via la réduction des coûts variables dans les achats, la fabrication et la R&D. Un début de remède de cheval. Le groupe maintient son objectif de supprimer 20 000 emplois mondiaux d’ici à 2028, de céder des actifs comme son siège social et de rationaliser la gamme de 56 à 45 modèles. Le diagnostic opérationnel (exécution de la stratégie) demeure quant à lui mitigé.

Si le marché nord américain apporte une bouffée d’oxygène au constructeur dont les ventes y sont en hausse de 10 % - portés par le renforcement de la production locale destinée à contrer les droits de douane - la Chine fait figure de gouffre sans fin. Les volumes de Nissan y ont baissé de 15 % sur cette période. Face à l’usure structurelle sur le premier marché mondial, l’entreprise a logiquement abaissé ses ambitions de volume annuel de 3,3 à 3,15 millions de véhicules.

Plus de cash pour Renault

Pour le Group Renault, actionnaire à 35,7 % de Nissan, cette respiration financière apporte un soulagement mesuré.

Sur le plan strictement comptable, la santé financière du constructeur japonais ne fait plus faire les montagnes russes aux résultats du groupe français. En renonçant à la mise en équivalence (le résultat de Nissan n’influe plus directement sur celui de Renault) et en déplaçant une partie de ses titres dans une fiducie (coffre-fort financier) pour descendre progressivement au seuil de conservation de 10 %, Renault bénéficie d’un pare-feu efficace, tout en se réservant une réserve d’actifs à liquider pour financer sa propre transition technologique.

Chaque fois que le groupe français vend un bloc d’action Nissan stocké dans la fiducie, il récupère du cash. L’objectif étant de vendre les actions au compte-goutte en fonction des opportunités. Pour la marque au losange l’embellie de Nissan réévalue la valeur des titres logés dans la fiducie. De quoi maximiser le montant de trésorerie du désengagement progressif de Nissan.

Le pragmatisme de l’alliance

Par ailleurs le retour de Nissan dans le vert, conforte la viabilité de l'alliance et des sous-traitances engagées entre Renault et le constructeur nippon sur le partage des coûts.

En Europe, la future Micra électrique dans l’usine Ampère de Douai sur la plateforme AmpR Small de la R5 repose sur la capacité de Nissan d’honorer ses volumes de commandes. De même, les discussions sur le partage de plateforme de micro-citadine (base de la future Twingo) ou la mutualisation de l’architecture 800 volts requièrent un partenaire japonais en mesure de contribuer aux coûts de développement.

En parvenant à stopper l’hémorragie financière au premier trimestre de son nouvel exercice, Nissan évite le scénario du décrochage brutal qui aurait pu fragiliser les programmes communs avec Renault. Même si la portée de ce sursaut semble bien limitée face à l’urgence d’électrification et au défi des constructeurs chinois.

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