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Puissance, luxe et glamour à prix populaire : mais quelle est cette mystérieuse berline sportive italienne ?

Dans Rétro / Youngtimer

Stéphane Schlesinger

Dans sa 4e génération, la Maserati Quattroporte devient bien plus compacte, puissante et sportive que ses devancières mais sans rien concéder côté luxe. Et pourtant, cette furie familiale ne coûte pas bien cher : dès 17 000 €. Evidemment, tout n’est pas rose, mais l’engin est bien plus fiable qu’on ne le dit.

Puissance, luxe et glamour à prix populaire : mais quelle est cette mystérieuse berline sportive italienne ?

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !

Appellation la plus honnête de l'Histoire automobile, Quattroporte désigne une berline à... quatre portes, chez Maserati. Plusieurs générations existent, qui ne se sont pas toujours succédé directement, la 4e suivant la 3e à de nombres années de distance. Dérivant de la Biturbo, elle fait le choix de bien davantage de sportivité, se situant dans une gamme similaire à celle de la BMW M3 E36 berline, mais avec bien plus de luxe et d'exotisme. Beaucoup plus chère et rare, la Quattroporte IV est une véritable auto d'initiés, surpuissante et bourrée de caractère mais discrète. Dernière berline purement Maserati, elle reste abordable : raison de plus pour la préserver précieusement. 

 

Oublié aujourd’hui, Alejandro de Tomaso est l’un des grands sauveurs de Maserati. Après avoir repris le trident à  Citroën en 1975, il lui offre une nouvelle gamme, comprenant notamment la Quattroporte III, qui aura son petit succès. Puis vient le tour de l’étonnante Biturbo, en 1982, une berline deux portes compacte, très puissante avec son V6 à deux turbos (le premier en série) et raisonnablement trop chère.

Révélée en 1982, la Biturbo incarne le renouveau de Maserati. Sa base servira pendant une bonne vingtaine d'années !
Révélée en 1982, la Biturbo incarne le renouveau de Maserati. Sa base servira pendant une bonne vingtaine d'années !

Grand succès commercial au début, elle verra ses ventes chuter à cause d’une fiabilité en berne, mais Maserati ne cessera de la corriger. A tel point que la Biturbo servira de base à toutes les autos du Trident, jusqu’à la fin des années 90. Déclinée en 4 portes dès 1983, elle se renomme alors 425, berline qui évoluera jusqu’à devenir la 430 4v en 1991, dotée d’un V6 biturbo 2,8 l de 279 ch. Elle est remplacée en 1994 par la Quattroporte de 4e génération (tipo AM337), établie sur la même base.

Seulement, si elle en conserve donc la plate-forme et les trains roulants, notamment un essieu arrière à bras obliques (comme sur une BMW Série 3 E30), la nouvelle berline à quatre portes (ainsi que son nom le suggère) bénéficie d’une carrosserie entièrement nouvelle, bien plus petite que celle de la Quattroporte III. Dessinée par Marcello Gandini, particulière de par son profil en flèche et ses passages de roue arrière obliques (comme sur une Lamborghini Diabo), elle profite d’un excellent Cx de 0.31. Sous le capot, l’italienne ne reçoit que des V6 à quatre soupapes par cylindre suralimentés par deux turbos, un 2,0 l de 287 ch et un 2,8 l de 284 ch. De la grosse cavalerie !

En 1994, Maserati ravive son appellation Quattroporte, abandonnée depuis 1990. Celle de 4e génération se veut plus compacte et sportive que sa devancière.
En 1994, Maserati ravive son appellation Quattroporte, abandonnée depuis 1990. Celle de 4e génération se veut plus compacte et sportive que sa devancière.

Tous ces blocs s’allient soit à une boîte 6 manuelle Getrag soit une automatique à quatre vitesses, ainsi qu’un différentiel à glissement limité ZF, fixé sur un cadre auxiliaire tubulaire très rigide. En France, seul le 2,8 l est initialement importé (le 2,0 l est dédié à l’Italie, où sa faible cylindrée lui évite de grosses taxes). Capable de 260 km/h, la Quattroporte 2.8 est l’une des berlines les plus rapides du monde, et elle franchit les 100 km/h en 5,9 s ! Compacte (4,55 m de long), elle bénéficie pourtant sans supplément de tout le luxe inhérent à son blason : sellerie et tableau de bord revêtus de cuir, sièges à réglages électriques, clim auto, et même un airbag conducteur, une première chez le constructeur.

Vue de l'arrière, la Maserati Quattroporte IV laisse apprécier sa ligne taillée en flèche. Le coffre, haut, accueille 475 l de bagages... officiellement.
Vue de l'arrière, la Maserati Quattroporte IV laisse apprécier sa ligne taillée en flèche. Le coffre, haut, accueille 475 l de bagages... officiellement.

Evidemment, le prix s’en ressent, à 480 500 F, soit 120 000 € actuels selon l’Insee. En 1996, la Quattroporte s’équipe d’un fulgurant V8 3,2 l développant 335 ch (celui de la Shamal, mais doté ici d'un vilebrequin en croix plus civilisé), qui l’emmène à 268 km/h et lui fait franchir les 100 km/h en 5,0 s. Très costaud ! Malgré tout, les ventes demeurent confidentielles, Maserati demeurant très artisanal, mais en 1997, le propriétaire  Fiat rapproche la firme modénaise de son ancien ennemi, Ferrari.

Chic et bien équipé, le tableau de la Maserati Quattroporte IV, ici en 1994, séduit. Les passionnés le trouvent même plus chic que celui de l'Evoluzione avec sa jolie horloge et son volant marqueté.
Chic et bien équipé, le tableau de la Maserati Quattroporte IV, ici en 1994, séduit. Les passionnés le trouvent même plus chic que celui de l'Evoluzione avec sa jolie horloge et son volant marqueté.

Ce dernier reprend et corrige la Quattroporte, qui devient Evoluzione en 1998. Peu différente à l’extérieur, elle bénéficie néanmoins de plus de 400 corrections visant à la fiabiliser (électricité, suralimentation, renforts de bas de caisse). A cette occasion, de nouvelles jantes sont montées et le tableau de bord est modifié, perdant sa traditionnelle horloge à aiguilles. La Maserati reste élitiste, et finit sa carrière en 2001, produite à 2 883 unités seulement, la version la plus fabriquée étant, étonnamment, la V8 Evoluzione (823 exemplaires), devant la V6 2.8 (668 exemplaires), la V6 2,0 l (587 exemplaires), la V8 (415 exemplaires), la V6 2,0 l Evoluzione (200 exemplaires) et la V6 2,8 l Evoluzione (190 exemplaires).

En 1998, la Quattroporte devient Evoluzione après avoir été retouchée par Ferrari. Notez les nouvelles jantes.
En 1998, la Quattroporte devient Evoluzione après avoir été retouchée par Ferrari. Notez les nouvelles jantes.

Combien ça coûte ?

Très rare, la Quattroporte IV n’est pour autant pas très chère. Comptez de 18 000 € à 20 000 € pour un exemplaire en bel état et totalement fonctionnel, quels que soient sa version et sa motorisation. Les Evoluzione manuelles se vendent un peu plus aisément, mais les versions initiales ont leurs adeptes.

Oui, la ligne de la Maserati Quattroporte IV est anguleuse, mais le Cx ressort à un excellent 0.31.
Oui, la ligne de la Maserati Quattroporte IV est anguleuse, mais le Cx ressort à un excellent 0.31.

Quelle version choisir ?

Les manuelles sont plus demandées, mais les automatiques ne sont pas à éviter, de par leur plus grande douceur. Une V6 2,8 l Evoluzione constitue un bon choix, car plus facile à entretenir que la V8 et pas tellement moins rapide.

A l'arrière, la Maserati Quattroporte Evoluzione n'évolue pour ainsi dire pas. Ah si, le logo change. 
A l'arrière, la Maserati Quattroporte Evoluzione n'évolue pour ainsi dire pas. Ah si, le logo change. 

Les versions collector

Toutes, si elles sont suivies et fonctionnelles car les pièces coûtent cher... quand on les trouve !

Le moteur de la Maserati Quattroporte IV, ici un V8 de 1999, est très solide, s'il a été bien entretenu. Problème, ça coûte très cher.
Le moteur de la Maserati Quattroporte IV, ici un V8 de 1999, est très solide, s'il a été bien entretenu. Problème, ça coûte très cher.

Que surveiller ?

C’est là le point crucial de ces voitures. Fondamentalement, leur mécanique est robuste, tant les moteurs que les boîtes et le différentiel (c’est le même que sur la Ferrari 456 GT). On s’en doute, l’entretien doit être scrupuleux, et cela coûte cher. Par exemple, tous les 40 000 km (ou 6-7 ans), il faut changer la courroie de distribution, ce qui en soi n’est pas si compliqué car elle est accessible même si son calage doit être réalisé au millipoil.

A ce moment, on vidangera tous les fluides (moteur, boîte, pont, refroidissement) : rien de bien sorcier. Plus ennuyeux, tous les deux renouvellements de courroie, il est conseillé de remplacer les chaînes de rappel, et là, problème : comme elles se situent à l’arrière du moteur, il faut sortir celui-ci pour exécuter l’opération. Et c’est cher. On en profitera pour vérifier la pompe à eau. A regarder de près également, l’alternateur, un point faible, et le radiateur du moteur.

Côté suspension, bien examiner les silentblocs et surtout les amortisseurs pilotés, très chers à remplacer. Dans l’habitacle, les moteurs de vitres électriques sont un point faible, mais dans l’ensemble, grâce à des matériaux de qualité, le vieillissement est bon. Enfin, la carrosserie est peu sujette à la corrosion, mais vu l’âge des autos, une bonne inspection ne sera pas superflue.

Grosse puissance, douceur et sérénité règnent au volant de la Maserati Quattroporte IV, ici une V8 Evoluzione de 1999. Elle m'a été très gentiment confiée par Quentin, d'Ewigo Etampes, un passionné de youngtimers. 
Grosse puissance, douceur et sérénité règnent au volant de la Maserati Quattroporte IV, ici une V8 Evoluzione de 1999. Elle m'a été très gentiment confiée par Quentin, d'Ewigo Etampes, un passionné de youngtimers. 

Sur la route

J’ai eu l’occasion de conduire une Quattroporte Evoluzione 3,2 l automatique en très bel état datant de 1999. Très particulière, la carrosserie séduit plus par son caractère que son élégance, mais au moins ne la voit-on pas à tous les coins de rue ! L’habitacle, tendu de cuir Connolly en met plein les yeux, et il a très bien vieilli. Certes, le ciel de toit n’est plus collé, mais bien tenu latéralement, il ne tombe pas : on n’est pas chez BMW ici !

Belle présentation pour le tableau de la Quattroporte Evoluzione, doté d'un airbag passager et de commandes de clim revues.
Belle présentation pour le tableau de la Quattroporte Evoluzione, doté d'un airbag passager et de commandes de clim revues.

Siège confortable, bonne position de conduite, on démarre. Le V8 émet alors un bruit très feutré, et je place le levier de vitesses sur Drive. La boîte est douce, plus que la suspension, relativement ferme sur les aspérités, ce qui réveille quelques rossignols dormant dans l’habitacle. Il fait très chaud, mais la clim fonctionne, de sorte que sur route, on apprécie tranquillement le calme de l’habitacle, très bien insonorisé. Assistée mais ferme et précise, la direction permet de bien sentir la voiture, qui dévoile un équilibre rassurant. Moteur à température, je sollicite le moteur comme il le mérite.

Malgré sa relative compacité, la Maserati Quattroporte IV propose une habitabilité arrière très correcte.
Malgré sa relative compacité, la Maserati Quattroporte IV propose une habitabilité arrière très correcte.

Un doux son de V8 accompagné d’un sifflement de turbo se fait entendre, la voiture reprend vigoureusement, mais sans violence, accentuant sa poussée à mesure que le régime monte. Passé 4 000 tr/min, c’est un bruit de Boeing au décollage qui se fait entendre, et la Maserati vous colle au siège. Ah oui, elle marche fort, même si la boîte, un peu lente, a tendance à brider le moteur. N’empêche ! Le châssis encaisse tout à fait cette cavalerie, demeurant composé et précis, virant à plat. Les freins ont vieilli mais demeurent efficaces, de sorte qu’on se sent en sécurité dans cette italienne de feu qui motrice très correctement, même s’il doit en aller différemment sur le mouillé. La consommation ? Qui s’en soucie ?

 

L’alternative newtimer

Maserati Quattroporte V (2003 – 2011)

Lancée en 2003 et restylée en 2008 (comme ici), la Maserati Quattroporte V est la meilleure de toutes... et la moins chère !
Lancée en 2003 et restylée en 2008 (comme ici), la Maserati Quattroporte V est la meilleure de toutes... et la moins chère !

Si la Quattroporte IV dérive de la Biturbo, sa remplaçante de 5e génération bénéficie d’une toute nouvelle plate-forme. Sous le capot, elle reçoit un V8 4,2 l de 405 ch d’origine Ferrari, allié à une boîte robotisée Duoselect située sur le train arrière à doubles triangles. Le tout s’emballe d’une somptueuse carrosserie signée Pininfarina, et compose une grande berline diablement séduisante. Capable de 275 km/h, c’est la plus rapide du monde !

En 2005, la Maserati se dédouble en Sport GT, typée dynamisme, Executive GT, typée luxe, puis en 2007, elle adopte une boîte auto traditionnelle, une unité ZF à 6 rapports située à l’avant. Plus homogène que jamais, la Quattroporte se vend très bien, jusqu’à son restylage très réussi de 2008. Face avant lissée, nouveaux feux arrière, versions S puis GTS dotées du fabuleux V8 porté à 430 ch et 440 ch respectivement : l’italienne est au sommet de son art. Grand succès (21 000 unités produites environ), elle est remplacée en 2012 par une Quattroporte VI bien moins forte en caractère… A partir de 13 000 €.

Maserati Quattroporte IV V8 Evoluzione (1999) : la fiche technique

  • Moteur : V8, 3 217 cm3
  • Alimentation : injection électronique, 2 turbos IHI
  • Suspension : jambes de force, triangle, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs pilotés, barre antiroulis (AV), bras obliques,  ressorts hélicoïdaux, amortisseurs pilotés, barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 6 manuelle ou 4 automatique, propulsion
  • Puissance : 335 ch à 6 400 tr/min
  • Couple : 450 Nm à 4 400 tr/min
  • Poids : 1 647 kg
  • Vitesse maxi : 270 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 5,8 secondes (donnée constructeur)

> Pour trouver des annonces de Maserati Quattroporte, rendez-vous sur le site de La Centrale.

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