Deux ans après son lancement, la MiTo est le modèle qui a été choisi pour inaugurer la première boite à double embrayage du groupe Fiat.  Alors le mariage est –il réussi ?

Essai - Alfa Romeo Mito  TCT : c'est dans la boite ou presque

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Alfa Romeo Mito

90 g/km - Bonus : 0 €

Début de commercialisation du modèle :
Alfa Romeo Mito

Juin 2008

Commercialisées tout d’abord sur certains modèles du groupe Volkswagen, les boites à double embrayage tendent à se généraliser. On en trouve chez toutes les marques du groupe VW (VW, Skoda, Seat et Audi) mais pas seulement puisque Ford et Volvo s’y sont mis également tout comme Porsche, BMW ou Renault plus récemment.  Aujourd’hui, c’est au tour d’Alfa de rentrer dans la danse.
Toutefois cette technologie est habituellement réservée à des véhicules sportifs, haut de gamme ou d’un certain gabarit comme par exemple des monospaces ou des berlines. Sur des citadines, c’est beaucoup plus rare car il n’y a que l’Audi A1, la Fabia, la Seat Ibiza, et la VW Polo qui possèdent une telle offre. Le constructeur italien arrive donc sur le marché avec une nouvelle proposition : la MiTo TCT (Twin Clutch Technology).
Une transmission 100 % maison
Bientôt sur d'autres modèles
Contrairement à beaucoup de constructeurs qui font appel à des prestataires extérieurs comme Getrag par exemple, le groupe Fiat a décidé de concevoir sa propre transmission par l’intermédiaire de FPT (Fiat Powertrain Technologies). Reprenant de nombreux  éléments d’une boite mécanique, cette transmission à six rapports est composée de deux boites de vitesses en parallèle avec chacune son propre embrayage, ce qui permet de faire disparaître tous les à-coups lors des changements de rapports.  Pourvue de deux disques d’embrayage à sec, comme la DSG 7, cette transmission est capable, en revanche, de supporter  des valeurs de couple élevée de 350 Nm. Elle concilie donc les avantages des deux types de DSG puisque la DSG6 accepte de forts couples mais ne bénéficie pas d’une lubrification à sec. A l’inverse de la DSG7 qui en profite mais est limitée au niveau du couple. Cette spécificité devrait permettre au groupe Fiat d’installer cette boîte sur de nombreux modèles essence et diesel des segments B (citadines), C (compactes) et D (familiales), d’autant plus qu’elle peut recevoir sans trop de bouleversements un 7e rapport. Elle sera ainsi présente sur la Guiletta au printemps prochain. Sur cette dernière comme sur la MiTo, elle est associée au système DNA qui comprend trois modes de conduite (Dynamic, normal et All Weather) mais aussi à Stop & Start et à l’aide au démarrage en cote.
A l’usage

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La boîte TCT peut être commandée au levier ou aux palettes

En termes d’ergonomie, on constate tout de suite que cette boîte peut être commandée par l’intermédiaire du levier (on le tire pour monter les rapports et on le pousse pour les descendre) ou alors grâce à des palettes sur le volant ; ce qui confirme le coté dynamique de la MiTo. Sans aucune surprise, on retrouve les principales qualités de toutes les boites de ce genre à savoir le coté totalement transparent des changements de rapports.  La présence des palettes est une bonne chose puisqu’il permet d’avoir une position idéale des mains pour une conduite dynamique. Toutefois, cette association n’a pas que des avantages. Ainsi, le Stop & Start n’est pas particulièrement bien géré et entraîne une certaine inertie au démarrage. En matière de dynamisme, on n’est pas totalement convaincu. Le 1.4 TBI de 135 ch (et de 230 Nm de couple) qui remplace le 1.4 155 ch nous avait peu séduit lors de notre précédent essai. Nous sommes restés une nouvelle fois sur notre faim. Il demeure trop linéaire, manque sérieusement de caractère et surtout ne s’avère pas assez polyvalent à nos yeux. S'’il convient parfaitement à un usage urbain et route, il se montre beaucoup moins plaisant sur autoroute.
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Nous avons remarqué lors de notre essai, que ce 4 cylindres était particulièrement bruyant. Ainsi,  à 135 km/h, le compte tours indiquait 4000 tr/min en 6; une valeur élevée qui a comme conséquence une sonorité envahissante et très fatigante sur longue distance. En effet, en automatique avec un DNA sur la position Normal, les rapports s’enchainent rapidement et on se retrouve très rapidement sur la dernière vitesse. On peut aisément dire que l’étagement de cette boite est court mais ce n’est pas tout car ce défaut est également dû à la conception même de cette voiture qui souffre d’un manque d’insonorisation flagrant puisque les bruits provenant du moteur sont mal masqués, tout comme ceux provenant du roulage. En ville, la MiTo est à son aise mais on est constamment gêné par le manque de visibilité et aussi de protection au niveau de la carrosserie.  Mais le plus gros problème réside selon nous au niveau de la consommation. Alfa affirme que cette boîte est parfaite pour faire des économies. La réalité est bien différente car nous avons enregistré une moyenne de 8l/100 km sur notre test qui a été effectué majoritairement sur autoroute. On est loin des 5,6 l annoncé par le constructeur...