Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le premier mouvement social bat son plein : les 8 syndicats de la SNCF, 6 syndicats de la RATP et les 5 fédérations de l'Energie ont appelé à la grève jeudi 18 octobre 2007. Le cheval de bataille : la réforme des régimes spéciaux de retraite et la lutte contre "la casse du service public". Rappelons que le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a indiqué jeudi 21 juin 2007 que le service minimum dans les transports entrerait en vigueur au 1er janvier 2008. La RATP et la SNCF ont promis de "mettre le paquet sur l'information des voyageurs" pendant la grève.

Un jeudi très noir s'annonce donc dans l'énergie (EDF-GDF) et les transports (TGV, Corail, Eurostar, trains Thalys, tramway, métro, bus, RER) : l'ensemble du réseau en Ile-de-France et les réseaux de transports urbains des villes de Toulouse, Montpellier, Nîmes, Lyon, Nancy, Rennes, Rouen, Lorient, Chambéry, Reims vont être fortement touchés et même paralysés. Pour le vendredi 19 octobre, un préavis de grève a été déposé à Strasbourg. La CGT Transports a également indiqué des actions "avec recours éventuels à la grève" dans des entreprises privées comme Air France, Aéroports de Paris, Autoroutes. Dans d'autres secteurs, comme la Fonction publique et l'Audiovisuel public, des préavis de grève de 24 heures ont aussi été déposés.

Prendre sa voiture ou non lors d'une grève ? That is the question !

Avis aux automobilistes de l'Hexagone : la circulation va être très dense sur les grands axes routiers jeudi 18 octobre. Vous pouvez consulter le service info trafic en temps réel de Caradisiac : http://www.caradisiac.com/php/infos-trafic/index.php. Généralement, lors des grèves précédentes, des bouchons importants ont été observés. Comme les transports en communs ont connu de sévères perturbations, la voiture a été davantage utilisée ! Il est donc conseillé de laisser le véhicule au garage ce jour-là si vous ne voulez pas vous retrouver coincés pendant des heures dans les embouteillages, sauf si vous ne pouvez pas faire autrement bien sûr.

Les alternatives à la voiture

Du coup, beaucoup de citadins vont prendre leur vélo, leur trottinette ou leurs rollers pour se rendre au travail ou à la fac ! Et beaucoup vont se précipiter sur les vélos en libre service dans les grandes villes : les Vélib' vont sûrement envahir les rue de Paris du matin au soir !

Sur le site Internet www.ledefense.fr, l'établissement public du quartier de la Défense en Ile-de-France a mis en place une rubrique "co-voiturage" spécialement pour la grève. En voilà une idée pour se déplacer sans aggraver les embouteillages, parlez-en à votre famille, vos amis et collègues ! Vous pouvez consulter les sites de co-voiturage en France : www.covoiturage.fr, www.ecotrajet.com, www.tribu-covoiturage.com/index.php, www.123envoiture.com/inscription-covoiturage.php, www.allostop.net/selon.html, www.covoiturage.com, www.aide-covoiturage.com.

Une autre alternative à la grève : pourquoi pas le télé-travail ! D'après le site Internet teletravailonline, le télé-travail (vous restez travailler chez vous) est un mode d'organisation du travail et non un type de travail spécifique : ainsi, le télé-travail est tout à fait autorisé au sein des entreprises et il est une alternative idéale en cas de grève des transports. Si votre fonction vous le permet, il suffit de vous arranger avec votre patron afin d'opter pour le télé-travail le 18 octobre : si vous ne souhaitez pas perdre une journée de travail à cause des transports paralysés, c'est une des solutions !

Sachez que ce mouvement social risque de se prolonger. Les syndicats d'enseignants n'appellent pas à la grève le 18 octobre mais tous les syndicats de fonctionnaires se réuniront le 22 octobre afin de décider d'une éventuelle action "à la mi-novembre". 6 syndicats de la SNCF ont menacé d'une nouvelle grève qui pourrait être reconductible si aucune réponse satisfaisante n'était apportée après le 18 octobre. Sud Rail, FO et la FGAAC ont lancé un mot d'ordre de grève reconductible dès le 18 octobre.

Infos pratiques : les voyageurs sont tenus informés

  • SNCF

Retrouvez l'info trafic en direct sur le site suivant : www.infolignes.com.

  • Transilien SNCF

Retrouvez l'info trafic en direct sur le site suivant : www.transilien.com.

  • RATP

Retrouvez l'info trafic en direct sur le site suivant : www.ratp.info/orienter/trafic.php Le numéro vert mis à votre disposition : 0 800 15 11 11. Par ailleurs, tous les écrans d’information disposés dans les réseaux bus, métro et RER afficheront, dès que possible, des informations détaillées.

  • Air France

Retrouvez l'actualité des vols sur le site suivant : www.airfrance.fr

  • Aéroports de Paris (ADP)

Le site Internet : www.aeroportsdeparis.fr

La grève, toute une Histoire...

Principe universellement admis, le droit de grève est consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Développé au plan international dans le cadre des organes de contrôle de l’Organisation internationale du travail (OIT), il n’est pas mentionné explicitement dans les conventions ou les recommandations de l’organisation. Le terme "grève" a été défini comme "tout arrêt concerté du travail par des travailleurs (y compris un arrêt dû à l’expiration d’un accord de négociation collective) et tout ralentissement concerté ou autre interruption concertée des opérations par des salariés." Il couvre divers types d’actions possibles (arrêt de travail, action sur le lieu de travail, débrayage, grève sur le tas avec occupation des locaux, grève de solidarité, grèves "secondaires", grève sauvage…).

Consacré dans tous les Etats membres du Conseil de l’Europe, le droit de grève est reconnu soit dans les textes constitutionnels, soit par la jurisprudence. Plusieurs pays du nord de l’Europe ont adopté le principe de la reconnaissance jurisprudentielle, c’est le cas notamment de la Belgique, du Luxembourg, de l’Allemagne. Aux Pays-Bas le droit de grève n’est pas réglementé mais encadré par la jurisprudence. Cependant, la plupart des membres du Conseil de l’Europe ont inscrit ce droit dans leurs textes constitutifs : la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, la Suède, la Pologne, la Roumanie, la Moldavie, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie.

En France, nous pouvons constater que les grèves ont lieu majoritairement le mardi et le jeudi : ce sont les deux jours durant lesquels il y a le plus de monde au travail habituellement ! Pour une grève, il arrive qu'on parle de "journée noire". Cette expression fait référence à une journée durant laquelle on rencontre de grandes difficultés, à une date à laquelle un événement déstabilise la population ou qui peut avoir des conséquences graves sur un ensemble géopolitique, un pays ou une communauté. Sinon, l'expression "jeudi noir" peut désigner le Black thursday (la Grande Dépression a commencé le jeudi 24 octobre 1929 : un krach, une crise boursière mondiale partie de Wall Street) ou la grève générale qui a eu lieu les 26 et 27 janvier 1978 en Tunisie (le pays a été complètement paralysé et des incidents violents sont survenus dans plusieurs villes).

Il faut voir les bons côtés de cette grève : plus d'un Français sur deux (54%) est favorable à la journée d'action et de grève de jeudi pour défendre ses droits d'après un sondage CSA à paraître mercredi dans le quotidien "l'Humanité" puis les transports alternatifs vont avoir du succès dans les prochains jours !

Consultez l'état du trafic en temps réel sur le service infotrafic de Caradisiac. :

(Source : AFP, 20Minutes, Assemblée parlementaire Photo : co-voiturage.fr)