Si Peugeot a perdu des parts de marché en 2011, ils en attribuent essentiellement la faute au segment B. Les ambitions de montée en gamme ne sont donc pas remises en cause, bien au contraire. Le crossover 508 RXH Hybrid4 présenté comme le porte-étendard de Peugeot dans le haut de gamme n’hésite pas à aller poser ses 4 Michelin sur les plates-bandes du leader français du segment Premium : Audi et son A4 Allroad. Ambition démesurée ou challenge à portée, voyons voir !

Essai vidéo - Peugeot 508 RXH : le Roi Lion

Taux d'émission de CO2 :

107 g/km - Bonus : 2 000 €*

* Véhicules hybrides émettant moins de 110 grammes de co2 : bonus de 2 000 € dans la limite de 5% du prix d'achat avec une prime plancher de 1 000 €.

Début de commercialisation du modèle :

Février 2012

Les mauvais chiffres de Peugeot qui ont conduit au retrait de la marque du championnat du monde WEC et à un tour de vis budgétaire dont on ne connaît probablement pas encore la portée exacte ont été analysés. La conclusion ne remet pas en cause le choix de la montée en gamme qui va logiquement se poursuivre. En attendant vraisemblablement plus grand, plus gros, plus cher, Peugeot lance 508 RXH, son nouveau navire amiral envoyé voguer sur les mers essentiellement allemandes du segment Premium. Premier visé mais également principal inspirateur du 508 RXH : l'Audi Allroad.
La santé insolente du constructeur allemand pousse les constructeurs généralistes à se mesurer à cet étalon connu et reconnu. Peugeot l’a fait en Endurance, Peugeot continue de le faire avec ses autos de série.




Les codes du genre respectés


Le 508 RXH fait partie de la famille des tous chemins (des All Road quoi) de luxe comme le Volvo XC70 et dans une moindre mesure le Subaru Outback. Toutefois, il ne se positionne pas frontalement à l’A4 Allroad et ses 4.72m. En effet, avec 4.82m de long, il est à mi-chemin entre ce dernier et l’A6 Allroad long de 4.94m. Par rapport à un 508 SW assez fin, le RXH gagne 5cm de garde au sol (184 mm), ses voies s’élargissent de 4 cm et avec ses jantes en 18’’, il gagne en prestance et semble mieux posé au sol. Les incontournables feux de jour à Leds sont présents, les 3 bandes parallèles de part et d’autre du bouclier évoquant un coup de griffe, nouvelle signature du Lion de Sochaux tout comme la calandre flottante élargie afin de la distinguer de celle de la 508. Précision d’importance, les batteries et le moteur électrique placés entre sur l'essieu arrière mangent le volume du coffre qui perd 160l par rapport à la 508 SW. Avec seulement 400l (mais 1439l avec la banquette 1/3-2/3 rabattue), c’est clairement un point noir par rapport à la concurrence qui dépasse les 500l. L’A4 AllRoad plus petit de 10 cm propose déjà 490l.


Le traitement global avec ses élargisseurs d’aile et bas de caisse satinés, ses «sabots de protection » en acier, ses cerclages de chrome est assez séduisant, l’auto évitant de sombrer dans un trop plein de détails inutiles alourdissant la silhouette. Reconnaissons tout de même à l’Audi A4 Allroad plus large et plus courte un visage moins chargé et finalement plus démonstratif. Notons aussi ce brun Calern cuivré exclusif à la 508 RXH qui ressemble beaucoup à une teinte Audi.


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Le même soin est apporté à l’intérieur avec une ambiance germanisante, sombre, laqué et acnéique. Comprenez par là que le tableau de bord est majoritairement noir, que le cuir à surpiqûres ne manque pas, que le laquage noir très tendance a été appliqué comme il se doit et que l’ensemble est parsemé d’une multitude de boutons. L’équipement est copieux, les sièges sont électriques, l'ouverture du coffre également, l’affichage tête haute est présent, l’écran 7 pouces renseigne sur le fonctionnement du groupe hybride, la climatisation est bi-zone (voire quadrizone en option), le démarrage est keyless (400€), les feux fonctionnent au xénon, l’éclairage d’ambiance est sympathique et le toit vitré panoramique de série éclaire un habitacle aux places arrière spacieuses et très accueillantes. Le raffinement esthétique qui cherche à flatter l’œil aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur s’assortit également d’un raffinement technique inédit sur ce segment.




Programme Techno


Ce qui distingue le 508 RXH de ses rivaux est sa complexité technique et sa motorisation hybride diesel-électrique qui lui permet de disposer dans le meilleur des cas de 200 ch de puissance mais également d’une transmission intégrale innovante puisque dépourvue d’arbre de transmission.


Cette cinématique Hybrid4 déjà proposée sur le 3008 (et bientôt sur 508) trouve naturellement sa place dans ce haut de gamme hexagonal. En l’absence de moteurs capables d’affronter la toute puissante armada allemande, Peugeot est contraint de trouver des alternatives. Ici, c’est l’hybridation qui va chercher à donner la nécessaire brillance à un produit d’image. Sur le papier, l’association du 2.0l HDi 163 ch (300Nm) et du moteur électrique 27kW (37 ch et de 100 à 200 Nm de couple) offre 200 ch mais ceci n’est évidemment valable que dans le meilleur des cas et donc de manière épisodique. La plupart du temps, seuls les 163 ch bien peu séduisants à l'oreille devront animer les 1800 kg de l’ensemble.


Le système hybride est dit parallèle car il permet de rouler indifféremment en tout électrique, tout thermique ou en mode combiné. Si le moteur 2.0l HDi 163 ch avant entraîne évidemment les roues antérieures, le bloc électrique entraîne l’essieu arrière sur lequel il repose. Le 508 RXH peut rouler en 4 roues motrices grâce à une électronique sophistiquée qui fait fonctionner ensemble un bloc thermique avant et un bloc électrique arrière reliés seulement par des câbles. Pour le conducteur, cela se traduit par un choix de 4 modes de conduite que vous sélectionnerez via une molette située à côté du pommeau de vitesse.


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ZEV (100% électrique) est activable à partir du moment où les batteries sont à au moins 50% de leur capacité et fonctionne jusqu’à 60 km/h maxi (sur environ 3 km). Lorsque la charge tombe au dessous, l’auto repasse en Auto, un mode qui choisit le fonctionnement le plus adapté. Dans ce cas précis, il basculera l’auto en thermique. Le puissant alterno-démarreur (8kW) qui assure le redémarrage du moteur thermique lors des phases de Stop&Start et de basculement entre éclectique et thermique permet également d’alimenter en électricité l’essieu arrière afin d’assurer en permanence la fonction 4 roues motrices, même lorsque les batteries principales sont vides. Un mode Sport combine les puissances du thermique et de l’électrique afin d’offrir un pic de puissance de 200 ch (163+37) et 450 Nm de couple (le cumul des 300 et 200 Nm n’est pas optimum ici) sur un court laps de temps. Le 0 à 100 km/h est alors abattu en 8.8s, la boîte pilotée offrant une loi de passage plus dynamique. La recharge des accus est bien évidemment assurée par la récupération d’énergie au freinage et au lever de pied. Enfin, le mode 4WD optimise le fonctionnement en 4 roues motrices et permet d'envoyer jusqu'à 40% du couple total (en fait les 200 Nm du bloc électrique) sur l'essieu arrière.


L’intérêt économique de cette hybridation tient dans les chiffres de la fiche technique. Non pas ceux de puissance mais ceux des rejets CO2 et de la consommation. Homologué pour 4.1l/100km en utilisation mixte (4l en ville grâce au ZEV) et 107 gr CO2/km, le 508 RXH est fiscalement intéressant. Les professionnels seront heureux d’en faire un véhicule de société (pas de TVS durant 2 ans) alors que les particuliers bénéficieront en plus de la consommation réduite, d’une aide de 2000 euros lors de l’achat. Le 508 RXH est proposé dans une version unique bien équipée au prix de 45.600€ (donc 43.600€ aides déduites).


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