Sur la route, la Mégane 3 CC se montre à la fois confortable et efficace. Elle fait la démonstration d'un excellent agrément de conduite, mais ne dégage pas le petit supplément d'âme que l'on aurait (à tort peut-être) espéré.


Pour notre virée dans la région de Valencia, en Espagne, nous avions entre les mains la version diesel la plus puissante, dotée du 2.0 dCi 160 FAP. Un bloc qui développe 380 Nm de couple à 2 000 tours/min., et qui se montre bien adapté à la lourde CC. En effet, le toit en dur et les renforts de carrosserie ajoutent 160 kg sur la balance, et avec bagages et beaux-parents à l'arrière (je vous le rappelle...), le surpoids se ressent. Et les 160 chevaux de ne pas être de trop pour emmener tout ça. Sans ironiser, ce 2.0 procure à la voiture des performances tout à fait suffisantes. Mais s'il peut se montrer presque sportif lorsqu'il équipe la berline, il devient ici juste "dynamique". Les reprises sont toniques, les accélérations linéaires, mais on est bien loin d'un comportement sportif.


Essai vidéo - Renault Mégane 3 CC : elle est bien... mais pas top

Au contraire, les réglages de châssis sont typés tourisme. Même si les suspensions sont durcies par rapport à la berline (13 % à l'avant, 17 % à l'arrière), ce n'est que pour contrer l'excès de poids. De fait, le comportement est très sain en conduite coulée. Mais la CC est comme belle-maman. Elle n'aime pas être brusquée. Dès que le rythme s'accélère, les mouvements de caisse se font plus importants, et la rigidité, pourtant améliorée de 30 % en dynamique par rapport à la précédente génération, est prise en défaut. Rien d'inquiétant puisque le châssis reste rivé au sol, bien aidé par les roues de 18 pouces optionnelles dont notre modèle était équipé. Sur ce point, il est étonnant d'ailleurs de constater que ces grosses jantes ne dégradent pas le confort. Quant aux aides à la conduite (ESP, aide au freinage d'urgence), il faut pousser vraiment loin le bouchon pour les voir se mettre en action. La direction ne souffre plus la critique, elle qui était un point faible de la deuxième génération de Mégane. Elle est bien dosée au niveau de l'assistance, et offre un meilleur toucher de route que précédemment.


Bref, la CC aime être conduite à un rythme de sénateur, ce que rappelle également la consommation moyenne. Donnée par Renault à 6,7 litres en mixte pour ce puissant dCi, elle a plutôt tourné lors de notre essai, et alors que nous n'avons pas particulièrement forcé l'allure, au contraire, autour des 9 l/100 km, ce qui avec un réservoir de 60 litres, donne environ 600 km d'autonomie avant allumage de la réserve. Un constat identique donc, à celui que nous avions fait lors des essais de la berline et du Scénic : le dCi 160 est un soiffard.

Nous avons également parcouru quelques kilomètres au volant d'un modèle équipé du 1.4 TCE 130 ch essence. Cela n'a fait que confirmer nos doutes sur la capacité de moteurs moins puissants à mouvoir cette lourde auto. En effet, malgré les 130 chevaux et un turbo, ce 1.4 est à la peine. On n'ose donc imaginer ce que donnent les blocs 1.5 dCi 110 et 1.6 16v essence 110. Pour sûr, ils seront à réserver à ceux qui justement, achètent un CC pour l'agrément de conduite et le confort, et pas pour les performances.


Et à découvert, ça donne quoi ?

Essai vidéo - Renault Mégane 3 CC : elle est bien... mais pas top
Essai vidéo - Renault Mégane 3 CC : elle est bien... mais pas top

Toit replié, les bruits d'air, parfaitement maîtrisés lorsqu'il était en place, apparaissent plus rapidement. La petite vitre en verre présente sur tous les modèles est effectivement efficace jusqu'à environ 80 km/h pour les passagers arrière. A l'avant, et si l'on met en place le filet anti-remous, on est encore tranquille jusqu'à 120/130 km/h, même si le bruit couvre la conversation et qu'il faut hausser le ton. Si l'on baisse les 4 vitres latérales, ce qu'il est possible de faire d'un seul appui sur une commande dédiée, le volume sonore monte encore d'un ton. Et c'est dans cette configuration qu'apparaît le plus gros désagrément de cette CC. En effet, avec les vitres baissées, et au delà de 80 km/h, la ceinture de sécurité entame une session de tam-tam sur l'épaule du conducteur. C'est assez désagréable. Suffisamment en tout cas pour remonter rapidement les vitres.

Au delà de ça, rouler en plein air est tout à fait agréable, et la traverse de pare-brise reculée de 6 cm laisse effectivement une plus grande sensation d'ouverture au dessus de sa tête, sans pour autant gêner la vision vers l'avant.