A Marseille, un accident de bus qui rappelle à quel point les passagers de ces véhicules sont mal protégés
Malgré une vitesse décrite comme « faible », 18 passagers d’un bus circulant dans la ville de Marseille ont été blessés après un choc contre une voiture. Le niveau de sécurité de ces véhicules de transports en commun reste légalement très faible pour leurs occupants, alors qu’ils évoluent dans un cadre où les fautes de conduite des autres usagers ne sont pas rares.

Les faits, rapportés par La Provence, se sont produits ce dimanche 16 août dans l’après-midi. Alors qu’il circulait dans le 8ème arrondissement de la ville sur le Prado, une grande avenue menant vers les plages, il a heurté une voiture.
On ne connaît pas davantage d’informations au sujet de cet accident pour le moment, survenu avec une « faible cinétique » d’après une « source proche de l’affaire » sous-entendant une vitesse très réduite au moment du choc. Mais ses conséquences sont assez importantes : pas moins de 18 personnes présentes dans le bus ont été blessées.
Huit personnes conduites à l’hôpital
Huit de ces personnes ont dû être amenées à l’hôpital à la suite de cet accident. Âgées de 3 à 67 ans, elles ont mobilisé 13 véhicules de secours et 40 personnes au total. Une femme de 48 ans a été victime d’un traumatisme crânien en plus d’une plaie au visage.
Une autre femme de 50 ans a été diagnostiquée avec un traumatisme crânien et plusieurs personnes ont subi des blessures d’une intensité similaire. Personne n’a été plus gravement blessé, heureusement.
Zéro sécurité dans les bus en ville
Alors que les cars de transport empruntant l’autoroute sur de longs trajets disposent de sièges à ceinture (dont le port est en principe obligatoire pour les passagers), ces bus circulant en ville ne possèdent légalement aucun élément de sécurité pour leurs occupants. Ces occupants sont soit assis sur des sièges sans ceinture, soit debout.
Pour emprunter personnellement assez régulièrement les lignes comme celles du bus impliqué dans l’accident de ce dimanche, chaque trajet dans l’un de ces bus permet souvent, même sans incident, d’expérimenter de violentes secousses en fonction des aléas de la circulation (pouvant faire tomber les passagers installés debout dans les phases les plus « déstabilisantes »). Ces bus roulent à 50 km/h dans des voies où les erreurs de conduite des autres usagers de la route ne sont pas rares (par exemple une voiture arrivant d’une contre-allée grillant un feu…), entraînant parfois de brusques ralentissements qui surprennent les passagers et ajoutent un problème de sécurité à l’inconfort.
A Marseille, d’ailleurs, certains bus comme ceux de la ligne 4 (ralliant le centre-ville à la Valentine) empruntent l’autoroute avec une configuration intérieure similaire et une vitesse supérieure.
463 passagers de bus blessés sur un an en France
D’après les données de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) dans son rapport sur l’année 2024, « les victimes en transports en commun sont essentiellement des passagers du conducteur PR conduisant l’autocar ou l’autobus ». Rappelons au passage la différence entre un autocar (prévu pour de longs trajets avec des sièges à ceintures) et un autobus (le plus souvent utilisé dans de courts déplacements urbains, sans sécurité particulière). Les morts sont heureusement rares (6 passagers tués entre 2020 et 2024 d’après l’ONISR, soit nettement moins que les piétons et autres utilisateurs de deux roues impliqués dans des accidents avec un bus).
Rien qu’en 2024, on comptabilise d’après la même source 664 accidents corporels ayant impliqué un autobus en France avec 17 morts et 1 033 personnes tuées (en comprenant les personnes situées en-dehors du bus au moment de l’accident). Et on compte tout de même 463 personnes blessées qui étaient des passagers d’autobus (dont un mort) cette même année 2024.
Il n’existe malheureusement aucune solution technique réaliste pour réduire ce risque, très réel, d’être blessé dans un autobus à des coûts raisonnables et sans réduire drastiquement les capacités d’emport de ces véhicules. Mais comme l’accident de Marseille de ce dimanche vient de le rappeler, c’est un problème de sécurité publique au même titre que les risques liés aux autres moyens de transport.




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