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Autoroute : Bouchons fantômes comment les éviter

Dans Pratique / Autres actu pratique

Lionel Bret

Se retrouver à l’arrêt sur l’autoroute alors qu’il n’y a ni travaux, ni accident. Le phénomène du "bouchon fantôme", apparemment mystérieux, repose pourtant sur une logique très scientifique. Et contre toute attente, la solution pour l’éviter, consiste à faire l’inverse de ce que votre instinct vous dicte.

Autoroute : Bouchons fantômes comment les éviter
Pour rouler plus vite collectivement, il faut accepter de lever le pied individuellement ©L'Est Républicain Maxppp

Vous roulez tranquillement sur l’autoroute, soudain sans raison apparente -pas d’accidents, pas de travaux, pas de rétrécissement de chaussée tout le monde pile. Vous redémarrez, accélérez, et trois cents mètres plus loin nouvel arrêt. Ce phénomène, véritable usine à stress et pollution, peut pourtant tout à fait être évité. Contre l’effet accordéon, il suffit d’accorder sa conduite.

L’effet papillon du coup de frein

Un bouchon naît presque toujours d’une perturbation minime. Sur une autoroute saturée, il suffit qu’un seul automobiliste freine trop brusquement pour que la voiture de derrière freine encore plus fort. De proche en proche, ce simple ralentissement se propage en s’amplifiant, jusqu’à paralyser le trafic quelques kilomètres en amont. C’est la fameuse onde de choc. "Le trafic fonctionne comme un système collectif. Lorsque chaque véhicule roule à une allure différente, les perturbations se propagent et finissent par créer des bouchons. À l’inverse, plus les vitesses sont homogènes, plus le trafic est capable d’absorber les ralentissements", explique Sébastien Gomes, Ingénieur Transport et Directeur du développement d’Alyce, entreprise spécialisée dans l’analyse du trafic routier.

Pour éviter cette réaction en chaîne, Une étude italienne1 menée sur l’autoroute Padoue-Mestre met à jour un phénomène paradoxal. Pour rouler plus vite collectivement, il faut accepter de lever le pied individuellement. Pour cela, un système de limitation variable de vitesse (Variable Speed Limit, VSL) a été mis en place.

Moins vite mais plus rapide et plus sûr

Des capteurs routiers enregistrent la densité routière. Ensuite, un algorithme calcule la vitesse idéale maximale préconisée afin de ralentir le flux de véhicules qui arrivent sur la zone à forte densité. De quoi éviter la thrombose en permettant au bouchon naissant de se dissiper naturellement.

En analysant près d’un an de données de trafic  minute par minute, les chercheurs ont démontré qu’en abaissant légèrement sa vitesse lorsque les panneaux lumineux le suggèrent, les automobilistes réduisent leur temps de trajet moyen de 4 %. Le système VSL permet également de réduire drastiquement le risque de collision par l’arrière.

Une minorité pour un max d’efficacité

Les limitations de vitesse temporaires n’ont rien d’obligatoires. Il s’agit de simples recommandations. Aucun radar, aucun contrôle de vitesse n’ont spécifiquement mis en place. Si au maximum seulement 30 % des automobilistes ont respecté les seuils de vitesse indiqués, cela a suffi à stabiliser le flux global. Dans les zones les plus encombrées, les variations brusques d’allure ont chuté de 12 % à 20 %. Suffisant pour rendre le trafic beaucoup plus homogène et fluide.

1 : Statistical and Clustering-Based Assessment of Variable Speed Limits Effects on Motorway Performance from Real-World Observations

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