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Avec 1 500 suppressions d’emplois, Bibendum annonce une nouvelle cure d’amaigrissement

Dans Economie / Politique / Social

Michel Holtz

Après l’onde de choc de la fermeture de deux usines, Michelin s’apprête à supprimer 1 500 postes supplémentaires dans l’Hexagone d’ici à 2029. Le groupe de Clermont-Ferrand semble rongé par la baisse de parts de marché du pneu premium et la déferlante commerciale des concurrents chinois.

Avec 1 500 suppressions d’emplois, Bibendum annonce une nouvelle cure d’amaigrissement
Le prestige de la marque, pour un pneu, a de moins en moins d'influence sur les consommateurs. Photo MxPPP.

Dans le monde feutré de la communication, on parle d’un « projet d’adaptation des effectifs ». Dans la vraie vie, ce sont 1 500 postes qui vont être supprimés chez Michelin, en France, sur une période de 3 ans, soit près de 9 % de ses effectifs hexagonaux qui comptent 17 000 personnes.

Mais le Bibendum se veut rassurant dans sa cure d’amaigrissement. Comme il l’a affirmé devant les représentants du personnel et les organisations syndicales représentatives, ces départs seront tous volontaires et donneront lieu à des dispositifs personnalisés d’accompagnement.

Une majorité d’employés du tertiaire

Ces nouvelles suppressions de postes interviennent après l’annonce de fermeture des usines de Cholet et Vannes en 2024. Des fermetures qui sont effectives ces jours si, comme les 1 254 licenciements qui en découlent. Mais quelles nouvelles unités seront touchées d’ici à 2029 ?

Michelin n’a pas encore précisé le nom des sites affectés, et ne livre qu’une répartition des suppressions de postes à venir. Ainsi, les deux tiers d’entre eux concernent le tertiaire et pour un tiers la production, sans expliquer laquelle, ou lesquelles de ses 13 usines françaises sont concernées.

Le tertiaire quant à lui, qui englobe toutes les fonctions administratives (support), inclut aussi la R&D. De ce côté, le Bib se veut rassurant, répétant qu’il a investi près de 4 milliards d’euros dans l’innovation, et notamment sur le site de Cataroux en Auvergne. Manière d’affirmer qu’il n’en oublie pas le futur.

Mais pourquoi cette nouvelle vague de suppressions de postes ? Pour se justifier, Michelin accuse notamment les « contraintes géopolitiques ». Mais les difficultés du groupe ne sont pas seulement liées, selon lui, à Trump et Poutine, mais aussi à la France et, donc, à son gouvernement. En cause, et en vrac : « les niveaux élevés des coûts de production, liés notamment au coût du travail », mais aussi « une pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés ».

Plus étonnamment, Michelin met également en cause, pour justifier ces suppressions, « le prix de l’énergie », alors que ce domaine est souvent mis en avant comme l’un des rares points forts de l’économie hexagonale.

Le pneu premium a fondu

En revanche, le groupe de Clermont insiste peu sur un autre et véritable problème : le marché du pneu. Car il ne va pas fort dans l’ensemble et encore moins en ce qui concerne les gommes premium, le rayon de Michelin. Dans l’ensemble, le marché mondial stagne, mais il est en baisse de près de 5 % en Europe.

Mais surtout, le pneu haut de gamme perd des plumes chaque année. En dix ans, selon le syndicat du pneu, les marques comme Michelin, Bridgestone, Goodyear, etc, ont vu leurs parts de marché fondre comme une vieille gomme. En Europe, les pneus chinois ont augmenté leurs ventes de 7 % l’an passé.

Si un pneu premium a souvent de vraies qualités que d’autres n’ont pas, c’est l’élément de la voiture qui ne se voit pas, ne permet pas forcément de se distinguer, même quand on roule en auto premium. Alors à l’heure des choix budgétaires pour le consommateur, le pneu est la dernière roue du carrosse.

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